Lettre d^une Mère à sa Fille y sur le même sujet
Vous voici, ma chère fille, arrivée à Fépoque la plus importante de votre vie. Vous allez entrer dans une nouvelle carrière qui vous offrira de nouveaux devoirs à remplir. Je vais vous en retracer les plus importants, persuadée que les conseils d'une mère qui vous chérit, seront toujours présents à votre esprit, et que vous saurez en profiter .
D'abord, je vous recommanderai une grande prudence dans votre conduite. 11 ne suffit pas qu'elle soit irréprochable; il faut encore quelle ne puisse jamais être soupçonnée, ni même donner lieu à des insinuations calomnieuses et méchantes. Évitez donc la société des femmes légères et inconséquentes. Ayez toujours une grande réserve avec les hommes, et gardez-vous de jamais braver l'opinion publique; il est au contraire du devoir de la femme de s'y soumetlre. Cette prudence et cette réserve
assureront votre repos el celui de votre mari .
Je ne vous recommande pas d'éviter toute sorte de coquetterie , et tout ce qui pourrait exciter les inquiétudes de votre mari ; j'ai trop bonne opinion de vous pour croire cette recommandation nécessaire.
Si votre mari a parfois quelques moments de vivacité, opposez-y une inaltérable douceur, et il rentrera en lui-même bien plus promptement que si vous lui opposiez de renlôloment.
Avez de Tordre et de Téconomie , surveillez tons les détails du ménage, el faites en sorte que votre mari puisse se reposer sur vous de tous les soins de Tiiitérieur .
J'aurais encore bien des choses à vous dire , ma chère fdle ; mais le temps me presse , et je finis en vous embrassant bien tendrement , et en vous souhaitant le bonheur dont je vous crois digne. Voire mère très-dévouée.
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