‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 105 sur 151 · UN CRI DANS UN BUISSON · texte numérisé non relu

UN CRI DANS UN BUISSON

Oh ! ma jambe est trop lourde! il faut qu'on me l'arrache!

LE DUC

Et je sais ce que c'est que le sang que je crache !

TOUTE LA PLAINE, hurlant de douleur.

Ah!... ah!...

JJaus les ombres blêmissantes qui précèdent l'aube, au grondement d'un orage lointain, sous des nuages bas et noirs qui courent, tout prend une forme elTrayante; des panaches ondulent dans les blés, les talus se hérissent de colbacks fantastiques, un grand coup de vent fait faire aux buissons des ges'es inquiétants.

LE DUC

... Et tous ces bras! tous ces bras que je vois! Tous ces poignets sans mains, toutes ces mains sans doigts ! Monstrueuse moisson qu'un large vent qui passe Semhle coucher vers moi pour me maudire!...

Et défaillant, jetant en avant des mains suppliantes.

Grâce 1 Grâce, vieux cuirassier qui tends en gémissant D'atroces gants crispins aux manchettes de sang ! Grâce, pauvre petit voltigeur de la Garde, Qui lèves lentement cette face hagarde ! — Ne me regardez pas avec ces yeux ! — Pourquoi Rampez-vous, tout d'un coup, en silence, vers moi ? Dieu! vous voulez crier quelque chose, il me semble!... Pourquoi reprenez-vous haleine tous ensemble ? Pourquoi vous ouvrez-vous, bouches pleines d'horreur ?

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Et courbé par l'épouTante, voulant fuir, ne pas entendre... Quoi? Qu'allez- VOUS crier? Quoi?

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