‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 146 sur 151 · ISABELLE KAISER · texte numérisé non relu

ISABELLE KAISER

Ta vie est un trépas qui marche, et ton berceau N'est qu'une forme de ta tombe.

Jeune homme, si ton cœur n'a pas un peu d'amoii; Ta carrière est comme un voyage sans retour

Ou dont on revient la main vide.

De qui n'a pas aimé, rien ne demeurera. Sa mémoire est semblable au vent du Sahara

Perdu dans le désert aride.

Jeune homme, si ton cœur n'a pas un peu d'amour. Ta vie est ici-bas pareille au carrefour

Où l'homme se trompe de route.

Ou corwme un vase d'or plein d'un subtil poison Qui consume le corps en tuant la raison.

Jour après jour, goutte après goutte.

Pauvres, donnez au riche un peu de votre amour ! Faites au fortuné l'aumône à votre tour,

Selon votre humaine ressource.

Donnez ce qui ne craint ni rouille ni trépas, Donnez du seul trésor qui ne s'épuise pas,

Car Dieu lui-même en est la source !

Œuvre à lire de Jules Carrara (Lemerre, éditeur, Paris) : La Lyre (1887). — Critique à consulter : Lemerre, Anthologie des poètes français du XIX» siècle.

Page 1