‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 151 sur 151 · LOUIS FRÉCHETTE · texte numérisé non relu

LOUIS FRÉCHETTE

Ni à Lévis (Canada) en 1839.

Par liflà l'Atlantique il existe un niai^nifique pays que la criminelle incurie de Louis XV fit perdre aux Français : c'est le Canada. Devenue possession anglaise en 1763, la Nouvelle-France a résista victorieusement à l'assimilation britannique et, d'une décade à l'autre, sa population augmente dans de très fortes proportions*; il y a aujourd'hui dans le Dominion plus de deux millions de Canadiens ayant conservé la langue française. La poésie canadienne compte un grand poète, qui a chanté dans La Légende d'un peuple, l'admirable épopée coloniale des Français d'outre-mer. Patriote ardent, esprit libéral, àme d'élite, Louis Frécbette est un écrivain élevé, doublé d'un artiste. Sa poésie, touchante et noble, restera comme un beau monument de fidélité et d'amour élevé aux deux Frances que le poète chérit égalemeni

Sur le Mississipi*. Salut 1 Père-des-Eanx, fécond Mescliacébé, iïlenve immense qui tient tout un monde englobé

Dans tes méandres gigantesques!

roi dont les flots sans fin, rapides ou dormants, A des bords tout peuplés de souvenirs charmants

Chantent cent poèmes dantesques!

'crame l'antique Hercule, ô colosse indompté, Fu t'en vas promenant ta fière majesté

De l'Equinoxe jusqu'à l'Ourse ; Et ton onde répète aux tièdes océans L'épithalame étrange et les concerts géants

Des glaciers où tu prends ta source.

Tu connais tous les cieux, parcours tous les cl i mal- La pirogue indienne et le pesant trois-mâts

Te parlent de toutes les zones.

L'aigle ami des hivers, le pélican frileux^ Le sombre pin du Nord, et le coton moelleux

Se mirent dans tes vagues jaunes.

Vois! tandis qu'à tes pieds, sur ton cours attiédi L'oranger qui se berce aux brises du midi.

Verse son parfum et son ombre, A ton front les sapins, accroupis à fleur d'ean,

» La province de Québec seule, qui compte, en 1901, 1 G20 074 habitants en grande majorité d'origine française, a augmenté de 132 439 babiiaiits de 1891 à 1900, tandis que l'Ontario, de race britannique, n'a augmenté que de 53 657 habitants, bien qu'ayant une poimlalion de 2107 978 personnes

» Extrait .!« Fleurs horéalfs (1880)

LOUIS FRÉCHRTTB 671

Te tressent blancs de givre, nn éternel bandeau

De leurs arabesques sans nombre.

'ià, sur tes bords glacés où mugit l'aquilon, Les chasseurs vont traquant l'ours du septentrion

De leurs flèches et de leurs piques ; Ici, dans les détours où dorment tes remous, Les noirs alligators, foulant tes sables mous.

Bâillent au soleil des tropiques.

Et puis, ô fleuve! il semble, indécises rumeurs, Que la voix du passé chante dans tes clameurs,

Quand ton flot se frange d'écume ; Et qu'au fond des grands bois sur la rive penchés On entrevoit, la nuit, l'ombre des vieux Natchez

Errer vaguement dans la brume.

0 Cliactas 1 Atala ! c'est vous qui revenez, A l'abri des vieux troncs par l'orage inclinés.

Vous passez les eaux murmurantes; Et toi, chantre immortel qui fis leurs noms si beaux Quittes-tu quelquefois la poudre des tombeaux.

Pour suivre leurs formes errantes?

Oui, fantômes aimés, vous y venez souvent; Et voilà ce qui fait que, dans la voix du vent.

Soit qu'elle brame dans les landes.

Ou ronfle sur ta berge, ô vieux Meschacébé ! Le passant croit ouïr, quand le soir est tombé.

De mystérieuses légendes !

Beau fleure ! emporte-moi dans ta course sans frein Souffle-moi tes senteurs, chante-moi ton refrain,

Endors-moi sur ta large lame ; Que tes rayons dorés baignent mon front pâli I Nouveau René, vers toi je viens chercher l'oubli :

Donne-moi ton amer dictamel

Elégie ^ Les jours de soleil sont passés, Et l'automne fait sa vendange; Dans l'enceinte des trépassés.

La feuille tombe à flots pressés Dors, n)on doux anee !

Extrait des Fleurs borénlp.t.

67i OHRESTOMATUIB FEANÇAISB

11 était frais et blond comme un Enfant-Jésus... Dieu nous envoie, hélas! des douleurs bien cmellcs. Un soir, je le berçais ; des anges sont venus Qui l'ont emporté sur leurs ailes.

J'épiais son sommeil, et, quand il remuait^ Je baisais à genoux ses petites mains blanclies... 11 est là maintenant, sous ce tertre muet, Prisonnier entre quatre planches.

Les jours de soleil sont passés, Et l'automne fait sa vendange ; Dans l'enceinte des trépassés, La feuille tombe à flots pressés :

Don, mon doux ange!

Et quand je caressais ses petits pieds frileux, Lui que je n'aurais pas donné pour des empires ! Sur sa lèvre de rose, au coin de ses yeux bleus. Nageaient des groupes de sourires.

Il bredouillait des mots d'une étrange douceur, Des mots incohérents, indécis, adorables : Et moi qui l'écoutais, je sentais dans mon cœur Courir des frissons ineffables.

Les jours de soleil sont passés.

Et l'automne fait sa vendange; Dans l'enceinte des trépassés, La feuille tombe à flots pressés :

Dors, mon doux ange !

Il est là qui repose en son linceul glacé, Au cimetière, hélas! sa dernière demeure; Songe-t-il quelquefois, le pauvre délaissé, A sa mère qui souffre et pleure ?

Oh 1 oui ; car, je le sens, si dans la tombe dort Son petit corps raidi, froid, immobile, blême, Son âme plane au ciel avec des ailes d'or, Devant la face de Dieu même !

Le dernier beau jour est passé ; L'automne a fini sa vendange ;

LOUIS FREGHETTE

La neige tombe à flot pressé...

Daus le ciel où Dieu t'a placé.

Pense à ta mère, mon doux ange l

Octobre'.

Les feuilles des bois sont rouges et jaunes; La forêt commence à se dégarnir; L'on se dit déjà : l'hiver va venir, Le morose hiver de nos froides zones.

Sous le vent du nord tout va se ternir... Il ne reste plus de vert que les aulnes, Et que les sapins dont les sombres cônes Sous les blancs frimas semblent rajeunir.

Plus de chants joyeux ! plus de fleurs nouvelles 1 Aux champs moissonnés les lourdes javelles Font sous leur fardeau crier les essieux.

Un brouillard dormant couvre les savanes ; Les oiseaux s'en vont, et leurs caravanes Avec des cris sourds passent dans les cieux !

A la France.

Toi dont l'aile plana sur notre aurore, 6 France ! Toi qui de l'idéal connais tous les chemins ! Toi dont le nom, fanfare aux éclats surhumains, De tout peuple opprimé sonne la délivrance !

Terre aux grands deuils suivis d'éclatants lendemains I

Noble Gaule, pays de l'antique vaillance,

Qui sus toujours unir, merveilleuse alliance,

Au pur esprit des Grecs, l'orgueil des vieux Romains 1

Toi qui portes au front Paris, l'auguste étoile

Qui de l'humanité dirige au loin la voile,

Nous, tes fils éloignés, nous t'aimons, tu le sais !

Nous acclamons ta gloire et pleurons les défaites...

Mais c'est en écoutant le chant de tes poètes

Que nous sentons surtout battre nos cœurs français !

Extrait des Oiseaux de neige (1S79).

Œuvres à lire de Ijouis Fréchette : Les Oiseaux de neige (1879; ; Fleurs boréales (ISSO); Poésies canadiennes (1887); La Léyende d'un peuple {\88S). — Critiques à consulter, Ch. Fnster, Les Poètes du clocher; Claretie, Préface de La Légende d'un peuple; Virgile Rossel, Histoire de la littérature françaisehor* de France.

HÉLÈNE VAGARESGO

Sie à Bucarest en /*67.

Sur les bords du Danube et de la Dimbovitsa, le parler de la « douce

France » est pour les classes cuJtivées une seconde langue maternelle. Quand on voyage, en Roumanie, des Caipathes au Pruth et à la Mer Noire, on est tout surpris d'entendre des milliers de personnes qui parlent notre idiome, souvent avec un purett^ que leur envieraient bien des provinciaux. C'est que la Dacie roumaine, malgré les nécessités de sa politique qui la lie plus ou moins à la Triple-Alliance, a gardé le culte de la civilisation française. Elle se souvient toujours que sa grande sœur latine l'a soutenue dans les mauvais jours. Il lui est doux d'employer cette langue dans laquelle, après l'ère des épreuves, elle entendit proclamer sa liberté. Mais les Roumains ne se contentent pas d'utiliser le français dans leurs relations mondaines : ils ont aussi une presse et une littérature d'expression française ; plusieurs d'entre eux ont écrit de fort beaux ouvrages en notre langue.

Le poète français le plus remarquable de la Roumanie est, sans con tredit, Hélène Vacaresco. InteUigeuce d'élite, elle tient des princes, ses ancêtres, le noble culte des choses littéraires, car plusieurs d'entre eux furent des poètes distingués. A 19 ans, quand parurent ses Chants d'aurore, elle était déjà remarquable de finesse psychologique, d'inspiration tendre, de délicatesse de sentiment. Depuis lors la vie lui a fait subir de dures épreuves, elle a souffert cruellement et beaucoup pleuré ; mais son âme en est sortie plus grande, son intelligence plus profonde. Son dernier recueil de vers est une œuvre d'une haute valeur littéraire. Hélène Vacaresco présente quelque analogie avec Sully Prudhomme, dont elle a le charme troublant : sa poésie est néanmoins très originale, parce que l'auteur a gardé, en dépit de sa culture française, l'âme mélancolique et subtile d'une Roumaine aristocratique, affinée encore par la douleur. Avec ces dons remarquables de sensibilité et d'imagination suggestive, elle pourrait nous donner, mieux que son compatriote liolintineano, toute la poésie de l'Orient latin. Son talent grandira encore ; quels que soient les sujets qu'elle adopte, soyons sûrs qu'elle en fera jaillir une source de noble poésie. Et remercions cette femme charmante, ce noble cœur, ce délicat et vigoureux espril d'avoir choisi notre langue pour exprim.ir le meilleur de son âme.

HELÈNB VACARESCO

L'écriture *.

p Dans ta douce et fière nature

Tout me charme, tout a du prix. Aussi j'aime ton écriture Autant que ce que tu m'écris.

Elle est hautaine, elle est virile, Fine, élégante^ et l'on croirait Qu'un peu de ta grâce fébrile Y mêle son furtif attrait

Rien qu'à la voir, mon cœur en elle Retrouve ce qu'il aime en toi, Et chaque lettre me rappelle Quelque intime et profond émoi.

De tes pensers, de ton sourire, Ta plume prend le coloris ; Les mots les plus tristes à lire Me sont doux quand tu les écris.

Un mot de toi me fait renaître Et je pourrais sur mon chemin Croire au mot de bonheur, peut-être, S'il était écrit de ta main.

Le silence 2.

Tout être porte en soi le pieux sanctuaire Où des bonheurs perdus l'enlrelienuent tout bas. Ah l n'effleurez jamais ce tombeau solitaire Qui cache sa douleur : ah l ne l'éveillez pas !

Si vous voyez parfois qu'un pur regard se voile Du déseuchantement des avenirs lointains, Ne troublez pas ces yeux qui cherchent une étoile. Et pleurent doucement sur tant d'astres éteints.

i Extrait des Chants d'aurore (18S6). Le premier ouvrage de l'auteur: il l'ut couronné par l'Académie française et c'est Leconte de Lisle qui emporta, en lisant le Chant de guerre cosaque, le vote de la commission.

* Extrait des Chants d'aurore.

Ii76 CHRESTOMATHIE FRANÇAISE

Pourquoi porter la main téméraire, indiscrèle Sur tant de maux cachés que rien ne peut guérir ? Pouvez-vous rappeler ce que l'iionmie regrette? Pouvez-vous le bercer ? pouvez-vous l'endormir ?

Vous qui, fouillant du cœur les tristes hécatombes, Croyez en les sondant consoler nos douleurs. Songez que le silence est le bienfait des lombes Et qu'à l'endroit qu'on foule il ne croît pas de fleurs.

Chant de g'uerre*.

Le vent gémit, le vent apporte L'immense rumeur des combats 1 Vois passer la noire cohorte.

Le sol tressaille sous ses pas.

L'air est rouge, les cieux livides, Sous le vol des corbeaux avides.

Venus là pour ronger les morts, El dans l'ardente chevauchée, Ainsi (ju'une moisson fauchée, Tombent les braves et les forts !

Faut-il que pour eux seuls la gloire

Fasse frissonner l'étendard ?

De leur radieuse victoire

Ne veux-tu pas aussi ta part ?

Ah 1 sois jaloux de leur extase :

Après le coup qui les écrase,

Le cœur de triomphe rempli,

Ils tombent tous sans que rien souille

Leur armure qui craint la rouille,

Leur nom qui redoute l'oubli !

Sais-tu que vos pieds l'ont foulée, La terre où dorment les aïeux. Et que le bruit de la mêlée A troublé leur sommeil pieux ?

Et songeant aux vieilles alarmes, Ils sont accoudés sur leur;, armes, Pour voir d'autres lauriers fleurir,

'Ixtrait àsB Chantai d'aurore.

HÉLÈNE VACARESCO 677

Pour voir, de leurs demeures sombres, Si l'on songe à leurs grandes ombres, Et si comme eux l'on sait mourir !

La cloche pour les morts *.

La cloche pour les morts a retenti ce soir. Qui donc s'en est allé dans la tombe attirante f Quel sombre dédaigneux de la vie, âme errante? La cloche pour les morts a retenti ce soir.

C'est mon cœur que l'on doit enterrer, ce me semble, Par celle froide uuit où le calme descend. Aussi bien il avait besoin, ce cœur qui tremble, De la mort apaisante et de l'oubli puissant.

Dans le linceul des désirs morts et des chimères, Après les durs combats, repose en paix, mon cœur. Dors au sein du carnage ainsi qu'un fier vainqueur, Parmi les combattants des aubes éphémères. Après les durs combats, repose en paix, mon cœur 1

Tristesses d'autrefois 2.

Rien qu'une heure, être encor triste comme autrefois. D'une tristesse immense et douce par les bois, Avec l'herbe et les fleurs, sous la pitié des branches, Ou bien devant l'autel, par les calmes dimanches. Quand, la tête appuyée aa mur où sur fond bleu Les grands archanges clairs ont des glaives de feu. Je sentais les premiers effrois devant moi-même; Triste à vouloir mourir lorsque la lune blême, Comme un poignard d'argent, à travers le ciel pur Montait mystérieuse en pâlissant l'azur Des soirs dont la douceur enveloppe la terre. Es-tu donc morte aussi, tristesse solitaire Qui me mettais parfois le front entre les mains Et dans le cœur de grands désespoirs surhumains Où s'acharnaient entre eux les démons ou les anges? Tristesses d'autrefois, mes tristesses étranges

' Extrait de L'Ame sereine (1896).

• Extrait de L'Ame sereine.

DoQt j'ai la nostalgie et qui dans vos ferments Ebauchiez l'avenir en lourds pressentiments Et, portant le fardeau de quelque ancienne vie, Alliez de mon cœur jeune à mon âme assouvie Pour les épouvanter tous deux de leurs combats ! J'ai beau vous appeler, vous ne reviendrez pas. Même par les longs jours où je me sens plus morne Que le soleil puissant dans le désert sans borne, Même pour le railler, vous ne visitez plus Le cœur où tous les maux humains sont résolus Et qui tourne vers vous ses suprêmes tendresses, Tristesses d'autrefois, ô mes chères détresses !

Larmes refoulées *.

Comme un torrent qui roule aux replis des vallées. Comme un fleuve sans bords où s'abiment les cieux. Elles grondent en moi les larmes refoulées Que plus jamais ne pleureront mes yeux.

Là, les jours d'autrefois parmi les flots sonores Roulent étincelanls de soleil et de fleurs; Là, les fronts radieux des défuntes aurores, Mirage clair, balancent leurs splendeurs.

Pourtant, avec des cris sans fin, des cris funèbres, L'onde au flux éternel qui n'a point de nocher Sur l'abime perdu dans les vastes ténèbres, Se heurte à toi, mon cœur, sombre rocher.

Chansons roumaines 2.

Nous dansions un soir sous un ai'bre vert. Souffle tristement, vent des nuits d'hiver.

J'avais mon long voile aux plis diaphanes, Nous dansions le soir au chant des tziganes ;

J'avais à mon cou l'or clair des ducats,

Les mourantes fleurs mouraient sous nos pas.

' Extrait de L'Ame sereine.

' Extrait de L'Ame sereine. — Hélène Vacaresco est le poète qui a le mlenu !•■ :idu en français la poésie délicate et tendre des chants populaires roumains

HELKNB VACARESGO 679

Nons laissions mourir les fleurs de la terre, Car nos bien-annés partaient pour la guerre.

La neige à présent blanchit les prés nus. Mais les bien-aimés ne sont plus venus.

Les ïurc^ ont passé, hordes meurtrières. Oh ! les bien-aimés, morts sur les frontières,

Qui nous les a pris ? qui nous les rendra? Lequel de nos cœurs jamais guérira ?

lis ne viendront plus, les soirs diaphanes, Danser avec nous au chant des tziganes.

Nous dansions le soir sous un arbre verl, Souffle tristement, vent des nuits d'hiver.

J'avais une fleur printanière.

Elle est tombée à la rivière.

Fleur de printemps, petite fleur, L'aube t'aimait, le flot fa prise !

J'avais un cœur sous ma chemise.

Cœur de vingt ans, mon petit coeur.

J'avais un pommier aux fleurs blanches Et des fleurs sur toutes les branches.

Pommier d'avril, petit pommier.

Elles sont mortes sous la grêle.

J'avais un collier lourd et frêle, Collier d'argent, petit collier.

J'avais l'azur dans la prairie Et dans mon cœur et dans ma vie.

Mois de mai, petit mois de mai.

Dis, pourquoi n'es-tu plus le même ?

J'avais aussi celui que j'aime, Mon bien-aimé, mon bien- aimé !

Œuvres à lire d'Hélène Vacare.soo (Lemerre. éditeur, Paris) Chant.- d'aurr,r« (1386); L'Ame sereine (ISfKi); Le Rhapsode de la Dhnbovitsa (l'.IUU).

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