‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 19 sur 151 · ELENA · texte numérisé non relu

ELENA

Mais je pourrai mourir quand j'aurai tout donné ?...

FALIERO

Digne de ton époux ; et ton juge suprême. Indulgent comme lui, pardonnera de même.

La lueur et le passage des torches qu'on voit à travers les vitraux du fond indiquent un mouvement dans la galerie. Verezza paraît, accompagné de deux affidés qui portent le manteau et la couronne du doge. Faliero leur fait signe qu'il va les suivre, et se place entre eux et Eléna, do manière qu'elle ne puisse les apercevoir.

J'ai besoin de courage, et j'eu attends de toi. Epargne un cœur brisé.

ELÉNA

C'est un devoir pour moi :

Quand le moment viendra, je serai sans faiblesse.

FALIERO

Eh bien I... il est venu.

ELÉNA, avec désespoir.

Déjà!

FALIERO, la serrant contre son seîn.

Tiens ta promesse...

Adieu !

ELÉNA

Jamais ! j'aurais... Non, ne me quittez pas ! Non, non ! je veux... j'irai... j'expire dans vos bras.

FALIKHU

Elle ne m'entend plus : elle pàlil, chancelle L'abandonner ainsi !... Grand Dieu ! veillez sur elle !

Il la place dans un fauteuil.

Cette mort passagère a suspendu tes maux : Adieu, mon Eléna ! Froid comme les tombeaux, Mon cœur ne battra plus quand le tien va renaître ; Mais il meurt en t'aimant.

11 lui donne un dernier baiser ; on le couvre du manteau ducal ; il place la couronne sur sa tète, et suit Verez^sa. Le tumulte s'accroit; ou eateud retentir avec force : Faliero 1 Faliero I Grâce I grâce I

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