‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 74 sur 151 · VOIX CÉLESTES · texte numérisé non relu

VOIX CÉLESTES

Le dévoué pasteur des àmes immortelles

Les ramène à travers la nuit ; Lorsque le soir descend, il marche devant elles.

Et son troupeau le suit.

JÉSUS

L'aurore qui va poindre est ma suprême aurore !

J'ai froid. J'ai peur... 0 Dieu, s'il en est temps encore,

Ecarte ce calice et délivi-e-moi d'eux.

Je vois. J'entends. La foule, et le gibet hideux,

' Extrait de La Passion, mystère en deux actes et six parties (f890).

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Le chemin, et l'angoisse au milieu des huées,

Et les coups de marteaux, et les paumes trouées...

Je ne peux plus... Mon cœur défaille dans l'elVroi,

Et ma divinité se relire de moi...

— Une sueur de sang coule sur ma poitrine.

Mon Dieu, regarde en moi l'humanité chagrine,

Contemple dans ton Fils toute l'humanité,

Qui souffre, et pleure, et saigne, en priant ta bonté,

L'humaidté qui meurt si tu n'as pitié d'elle.

Donne-lui la valeur de te rester fidèle.

Et qu'en moi ta bonté daigne écouter et voir

Mes frères de toujours et mes bourreaux d'un soir.

VOIX TERRESTRES

Songe aux heures de paix lointaine :

Près du fleuve ou de la fontaine.

Tu parlais ; Personne ici ne t'abandonne ; L'homme est bon et la vie est bonne,

Aime-les.

VOIX CÉLBSTES

Il cherche la brebis que les loups ont ravie Et la rapporte en son manteau :

Le Berger du Seigneur devra donner sa vie Pour trouver son troupeau.

VOIX TERRESTRES

C'est toi qui rajeunis la terre, Et ton co'ur est dépositaire

Du trésor; Nous viendrons chercher ton hapténio ; Reste parmi nous puisqu'on l'aime. ■

Reste encor.

Comme le ciel est loin! Comme l'ombre est profomli — 0 terre 1 ô race humaine ! ô dé|)lorabIe nioinlc Qui cherches la lumière en marciiaiil dans la nuit. Ouel à qui te sert et doux à qui te nuit.

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