‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 78 sur 151 · H:2 CHRESTOMATHIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

H:2 CHRESTOMATHIE FRANÇAISE

Quand elles faisaient leur ouvrage, L'étranger frémissant de rage, Sarrazins, Saxons ou Danois, Tourbe hurlante et carnassiéro.

Tombait dans la rouge poussière De ces formidables tournois !

Durandal a conquis l'Espagne; Joyeuse a dompté le Lombard; Chacune à sa noble compagne Pouvait dire: Voici ma part !

Toutes les deux ont par le monde Suivi, chassé le crime immontle, Vaincu les païens en tout lieu; Après mille et mille batailles, Aucune d'elles n'a d'entailles Pas plus que le glaive de Dieu !

Hélas ! La même fin ne leur est pas donnée ! Joyeuse est lière et libre après tant de combats. Et quand Holand périt dans la sombre journée, Durandal des païens lut captive là-bas!

Elle est captive eucore, et la France la pleure. Mais le sort différent laisse l'honneur égal. Et la France, attendant quelque chance meilleure, Aime du même amour Joyeuse et Durandal 1 »

La Fille de Roland «.

(jauelon, le traître de Uoncevaux, n'est pas mort. Sauvé par des moiiiea cjui l'ont soigné après son supplice, il a pu se faire passer pour mort et vit sous le nom d'Amaury. dans le château de Monll)loi8, au liord du Rhin, près delà Marche saxonne. Il s'est repenti de son crime; pour le racheter, il a élevé son fils. Gérald, dans le culte de l'honneur et de la vertu. Quand l'action commence, celui-ci rêve d'accomplir de nobles exploits. Le hasard lui fournit l'occasion de sauver Berthe. la lille de Roland, que les Saxons allaient ravir. Un peu plus tard il tue le féroce émir Noéthold qu'aucun seigneur français n'a pu jusqu'ici vaincre en champ clos, et reprend Durandal. l'épée de Roland. A la suite de ces

' Il n'est pas inutile de rappeler que cette pièce, jouée en 1875, fut composée en 18G3, bien antérieurement aux événements de l'Année terrible. Les allusions qui s'y trouvent aux malheurs et aux espoirs de la France proviennent donc des analogies historiques et non de la volonté même de l'auteur. — Avant d'aborder cette pièce, lire Le Cor d'Alfred de Vigny, page 112. Pour une étude plus complète, consulter la Chanson de Roland, édition Léon Gautier.

HH.NKI DE BOKNIKB 461?

hauts faits, Charlemagne accorde à Gérald la maia de BerLlie ; mais un Saxon a recouuu Gauelon caché sous Amaury ; il dénonce le traître pour venger sa race. Le terrible secret, ignoré jusqu'ici de Gérald, va détruire à jamais son bonheur.

Page 1