MO CHRESTOMATHIE FRANÇAISE
Pour racheter l'houneur de mon père et le mien. Le ciel me donnera la force el le moyen ; S'il est à ma blessure encor quelque remède, Si terrible qu'il soit, je suis prêt! que Dieu m'aide.
AMAURY
Dieu t'inspire, Gérald 1 Je ne peux désormais (Jue t'approuver en tout; à tout je me soumets. Mon destin est fini; je pars, cela doit être: L'ombre que je jetais sur toi va disparaître ; Mais laisse-moi mêler, en fuyant de ce seuil, A mes larmes de honte une larme d'orgueil. Hélas! plein d'une horreur que ta pitié tempère. Sans doute en ce moment tu le dis: c'est mou père I Mais moi, plein d'un orgueil inconnu, je me dis:
— Pardonne-moi, Gérald! — je me dis: c'est mon fils!
GÉHALU
Mon père 1
AMAURY
Adieu, Gérald!
GÉRARD
Mon père !
Un jour, peut-être,
— Bientôt si je pouvais, mais Dieu seul est Ip maître 1 — Quand cette vie aura cessé de me punir,
Quand je ne serai plus qu'un lointain souvenir, Gérald, malgré mon crime immense, irréparable, Songe qu'il t'aimait bien, ce cœur si misérable. Et que je l'ai trouvé, mon plus dur châtiment, A voir tes bras pour moi fermés en ce moment I
GÉRALD, lui ouvrant ses bras.
Ah 1 moQ père 1
AMAURY
Mon filsl — Maintenant je te laisse; Adieu, mon filsl Plus lard j'aurais trop de faiblesse I J'entends venir, jo fuis ! je serais trop honteux Si le père et le fils se Irouvaicnl devant eux !
HKNRI DE BOHNIER 471
Amaury 8ort par la porte de gauche. Gérald reste immobile sur le devant de la scène et se retourne à demi à l'aspect de Charlemagiie, de Berthe, du duc Nayme et de toute la cour qui entre par le fond.