LES AUTRES
UN JEUNE HOMME, a Cyrano.
Mais à la fin monsieur, quelle raison Avez- vous de haïr Montfleury?
CYRANO, gracieux, toujours assis.
Jeune oisou, J'ai deux raisons, dont chaque est suffisante seulo. Primo : c'est un acteur déplorable, qui gueule, Et qui soulève avec des han ! de porteur d'eau, Le vers qu'il faut laisser s'envoler 1 — Secundo : Est mon secret...
KDMOND ROSTAND 485
LE VIEUX BOURGEOIS, derrière lui.
Mais vous nous privez sans scrupule De la Cîorise I Je m'entête...
CYRANO, tournant sa ohaise vers le bourgeois, respectueusemeat.
Vieille mule, Les vers du vieux Baro valant moins que zéro, J'interromps sans remords !
LES PRÉCIEUSES, dans les loges.
Ha! — Ho! —Notre Baro l Ma chère ! — Peut-on dire ?. . . — Ah ! Dieu !.. .
CYRANO, tournant sa chaise vers les loges, galant.
Belles personnes, Rayonnez, fleurissez, soyez des échansoniies De rêve, d'un sourire enchantez un trépas. Inspirez-nous des vers... mais ne les jugez pasl
BELLEROSB
Et l'argent qu'il va falloir rendre !
CYRANO, tournant sa chaise vers la scène.
Bellerose, Vous avez dit la seule intelligente chose ! .\u manteau de Thespis je ne fais pas de trous ;
Il se lèTe, et lançant on sac sur la scène.
Attrapez cette bourse au vol, et taisez-vous 1
LA SALLE, éblouie.
Ahl... Oh!...
JODELET, ramassant prestement la bourse et la soupesant.
A ce prix-là. Monsieur, je t'autorise A venir chaque jour empêcher la Clorise /...
LA SALLB
Hu!... Hul...
JODELET
Dussions-nous même ensemble être hués!...