‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 121 sur 166 · TOUTE LA PLAINE · texte numérisé non relu

TOUTE LA PLAINE

Je meurs... Je meurs... Je meurs...

LB DUC

Ah ! nous nous figurions Que la vague immobile et lourde des sillons Ne laissait rien flotter! Mais les plaines racontent, Et la terre, ce soir, a des morts qui remontent !

LA TERRE, sourdement.

Ahl...

Un murmure de voix indistinctes grossit, se rapproche dans les herbes mys*

térieuseineiit agitées.

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LE DUC, grelottant la fièvre.

Et que disent-ils, dans cette ombre, en rampant?

UNE VOIX, dans les hautes herbes.

Mon front saigne !

UNE AUTRE

Ma jambe est morte l

UNE AUTRE

Mon bras pend !

UNE AUTRE, plus oppressée.

J'étouffe sous le tas t

LE DUC, avec horreur.

C'est le champ de bataille I Je Tai voulu, — c'est lui !

Les voix montt^ut et se précisent. On entend un grouillement sinistre; des plaintes, des râles, des imprécations.

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