TOUTE LA PLAINE
Je meurs... Je meurs... Je meurs...
LB DUC
Ah ! nous nous figurions Que la vague immobile et lourde des sillons Ne laissait rien flotter! Mais les plaines racontent, Et la terre, ce soir, a des morts qui remontent !
LA TERRE, sourdement.
Ahl...
Un murmure de voix indistinctes grossit, se rapproche dans les herbes mys*
térieuseineiit agitées.
504 GHRESTOMATHIB FRANÇAISB
LE DUC, grelottant la fièvre.
Et que disent-ils, dans cette ombre, en rampant?
UNE VOIX, dans les hautes herbes.
Mon front saigne !
UNE AUTRE
Ma jambe est morte l
UNE AUTRE
Mon bras pend !
UNE AUTRE, plus oppressée.
J'étouffe sous le tas t
LE DUC, avec horreur.
C'est le champ de bataille I Je Tai voulu, — c'est lui !
Les voix montt^ut et se précisent. On entend un grouillement sinistre; des plaintes, des râles, des imprécations.