‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 163 sur 166 · I.OriS FRÉOHKTTK · texte numérisé non relu

I.OriS FRÉOHKTTK

Te tressent blancs de givre, un éternel bandeau De leurs arabesques sans nombre.

Là, sur tes bords glacés où mugit l'aquilon,

Les chasseurs vont tra(|uant Tours du septentrion

De leurs flèches et de leurs piques ; Ici, dans les détours où dorment tes remous, Les noirs alligators, foulant tes sables mous,

Bâillent au soleil des tropiques.

Et puis, ô fleuve 1 il semble, indécises rumeurs, Que la voix du passé chante dans tes clameurs,

Quand ton flot se frange d'écume ; Et qu'au fond des grands bois sur la rive penchés On entrevoit, la nuit, l'ombre des vieux Natchez

Errer vaguement dans la brume.

0 Ghactas t Atala ! c'est vous qui revenez, A l'abri des vieux troncs par l'orage inclinés.

Vous passez les eaux murmurantes ; Et toi, chantre immortel qui fis leurs noms si beaux. Quittes-tu quelquefois la poudre des tombeaux.

Pour suivre leurs formes errantes?

Oui, fantômes aimés, vous y venez souvent; Et voilà ce qui fait que, dans la voix du vent.

Soit qu'elle brame dans les landes.

Ou ronfle sur ta berge, 6 vieux Meschacébé! Le passant croit ouïr^ quand le soir est tombé,

De mystérieuses légendes !

Beau fleuve! emporte-moi dans ta course sans frein. Souffle-moi tes senteurs, chante-moi ton refrain.

Endors-moi sur ta large lame ; Que tes rayons dorés baignent mon front p&li t Nouveau René, vers toi je viens chercher l'oubli :

Donne-moi ton amer diclamel

Elégie*.

Les jours de soleil sont passés.

Et l'automne fait sa vendange ; Dans l'enceinte des trépassés, La feuille tombe à flots pressés Dors, mon doux angA !

1 Extrait des Fleurs boréales.

572 GHRESTOMATUIE FRANÇAISE

11 était frais et blond comme un Enfant-Jésus... Dieu nous envoie, hélas ! des douleurs bien cruelles. Un soir, je le berçais ; des auges sont venus Qui l'ont emporté sur leurs ailes.

J'épiais son sommeil, et, ({uaud il remuait^ Je baisais à genoux ses petites mains blanches... Il est là maintenant, sous ce tertre muet, Prisonnier entre quatre planches.

Les jours de soleil sont passés, Et l'autonine fait sa vendange ; Dans Tenceinle des trépassés, La feuille tombe à flols pressés :

Dors, mon doux ange!

Et quand je caressais ses petits pieds frileux, Lui que je n'aurais pas donné pour des empires ! Sur sa lèvre de rose, au coin de ses yeux bleus, Nageaient des groupes de sourires.

il bredouillait des mots d'une étrange douceur, Des mots incohérents, indécis, adorables ; Et moi qui t'écoutais, je sentais dans mon cœur Courir des frissons iuelFables.

Les jours de soleil sont passés, Et l'automne fait sa vendange; Dans l'enceinte des trépassés, La feuille tombe à flots pressés :

Dors, mon doux ange !

Il est là qui repose en son linceul glacé. Au cimetière, hélas î sa dernière demeure ; Songe-t-il quclcjnefois, le pauvre délaissé. A sa mère qui souffre et pleure i

Oh 1 oui ; car, je le sens, si dans la tombe dort Son petit corps raidi, froid, immobile, blême, Son âme plane au ciel avec des ailes d'or, Devant la face de Dieu même!

Le dernier beau jour est passé ; L'autonine a fini sa vendange ;

La nrip tombe A flot pWft....

Du» le câel o& Dfeo fa plao^ Penie à ta mèn, mon donz aofe I

Octobre ^

Les reoillee dea bi^ Mmt ron^M et jamua; La forêt coismence i ae dâgarnir; L'on w dit déjà : Iliinr Ta renîr, Le moroM binr dA nos fMdea Bmea.

Sons le vent dn vota toat va te lemir... n ne reate plna de vert qne lea agluea, Et qne lea Marins dont lea aombne oAiiea . Sou les blancs frimas terablentrajetinir. Plos de cbantg joyeux I phu de fle^tn Bonv«Uei I Aux champs moissonnas les Ia>iirdes javelles Font sons lenr fardean crier les esàcnx. Un bronillard dormant oonvre les Mmmea; Les oiseau s'en vont, et leurs canmmes Avec des cris sonrds passent dans les deux !

A la Fnnoe.

Toi dont l'aile pians snr notre aorora, 4 naaee I Toi qni de Hdtet oonnait tons lee dnmina t Toi dont le nom, fanfare anx éclats snrfanmdns. De tont pnqile opprimé sonne la dâUnance I Terre anx grands deniJs sniris d'éclatants lendemains t Noble Ganle, pays de l'antiqne vullance. Qui sus tonjonra nnbr, merrollense alliûce. An pnr es|»it des Grecs, l'orgodl dea vieux Romains I

Toi qui portes an front Paris, l'ancaste élotle Qui de l'hamaoité dirige an loin la roile, Nons, tes fils éloignés, nous t'aimons, ta le aids!

Nons acclamons ta gloire et plenrons tea défaites...

Mais c'est en écontant le chant de tes poètes

Que nons sentons snrtont battre nos cœnrs ftançais 1

:xtrait .les Oiteauxitf%ett*mT9).

67t CHRF«TOMATHIE FRANr USK

Œuvres à lire de Louis Fréohettê : Les OUeaux de neige (1879) ; Fleur» boréales (1880); Poésie9 eanadiennee (1887); La Légende d'un peuple {iSSS). — Critiques i consulter, Gh. Fuster, Lee Poètee du clocher ; Claretie. Préface de La Légende d'un peuple; Virgile RosmI, Hiêtoire de la littérature françaieehore

de France.

HÉLÈNE VACARESGO

liée à Bucarest en 1867,

Sur les bords du Danube et de la DImbovitsa» le parler de la « douce France » est pour les classes cultivées une seconde langue maternelle. •Juand on voyage, en Koumanie» des Garpathcs au Pruth et à la Mer Noire, on est tout surpris d'entendre des milliers de personnes qui parlent notre idiome, souvent avec un pureté que leur envieraient bien des provinciaux. G*est que la Dacie roumaine, malgré les nécessités de sa politique qui la lie plus ou moins à la Triple- Alliance, a gard<' le culte de la civilisation française. Elle se souvient toujours que sa raude sœur latine Ta soutenue dans les mauvais jours. Il lui est doux l'employer cette langue dans laquelle, après Tère des épreuves, elle entendit proclamer sa liberté. Msds les Boumains ne se contentent pas • Tutiliser le français dans leurs relations mondaines : ils ont aussi une presse et une littérature d'expression française; plusieurs d'entre eux ont écrit de fort beaux ouvrages en notr-^ ^nnfçue.

Le poète français le plus remarquable de la Roumanie est, sans contredit, Hélène Yacaresco. Intelligence d'élite, elle tient des princes, ses ancêtres, le noble culte des choses littéraires, car plusieurs d'entre eux furent des poètes distingués. A 19 ans, quand parurent ses Cfiants d'aurore, ^e était déjà remarquable de finesse psychologique, d'inspiration tendre, de délicatesse de sentiment Depuis lors la vie lui a fait subir de dures épreuves, elle a soufifert cruellement et beaucoup pU;uré ; mais son âme en est sortie plus gra|ide, son intelligence plus profonde. Son dernier recueil de vers est une œuvre d'une haute valeur littéraire. Hélène Yacaresco présente quelque analogie avec Sully Prudhomme, dont elle a le charme troublant : sa poésie est néanmoins très originale, parce que l'auteur a gardé, en dépit de sa culture française, r&me mélancoÛque et subtile d'une Roumaine aristocratiqu(\ affinée encore par la douleur. Avec ces dons remarquables de sensibilité et d'imagination suggestive, elle pourrait nous donner, mieux que son compatriote Bolintineano, toute la poésie de l'Orient latin. Son talent grandira encore ; quels que soient les sujets qu'elle adopte, soyons sûrs qu'elle en fera jaUUr une source de noble poésie. Et remercions cette femme charmantai ce noble cœur, ce délicat et vigoureux esprit, d'avoir choisi notre langue pour exprimer le meilleur de son àme.

HÉLÉIfB YACARBSGO

L'écriture K

Dans ta dofaoe et fière nature Toat me charme, tout a du prix^ Aussi j'aime ton écriture Autant que ce que ta m'écris.

Elle est hautaine, die est virile»

Fine» élégante^ et l'on croirait Qu'un pi^ de ta grâce fébrile T mêle son fortif attrait.

Bien qu'à la voir» num cflBur en elle Retrouve ce qu'il aime en toi»

Et chaque lettre me rappeUe Quelque intime et profond énuri.

De tes pensers» de ton sourire»

Ta plume prend le colcHris; Les mots les plus tristes à lire Me sont doux quand tu les écris.

Un mot de toi me fait renaître Et je pourrais sur mon chemin Croire an mot de bonheur» peot4tre»

S'U était écrit de ta malii.

La silonoe*.

Tout être porte en soi le pieux sanctuaire Où des bonheurs perdus l'entretiennent tout bas. Ah t n'effleurez jamais ce tombeau sditahre Qui cache sa douleur : ah t ne réveilles pas t

Si vous voyez parfois qu'un pur regard se voila Du désenchantement des avenirs Imntaint»

Ne troublez pas ces yeux qui cherchait une étoUe» Et pleurent doucement sur tant d'astres éteints.

« Krtrait des Chaniê dTtnttorê (iSS^. L« pramln onnaft 4i Tn^mij Û ivt cownnné par rAoadémie frtDfiaiso et c'est Leeoate ds IiUlt qoi enipsrta» «a II- ;ant le Cham deffuêrrêûotaquê, le Tote de U commiaritti.

• 2xtrait des Chanta d'aurore*

676 GHRESTOMATHIE FRANÇAISE

Pourquoi porter la mai a téméraire, indiscrète Sur tant de maux cachés que rien ne peut guérir ? PoQvez-vous rappeler ce que l'homme regrette? Poavez-Yous le bercer î pouvez-vous l'endormir ?

Vous qui, fouillant du cœur les tristes hécatombes, Croyez en les sondant consoler nos douleurs. Songez que le silence est le bienfait des tombes Et qu*à Tendroit qu'on foule il ne croit pas de fleurs.

Chant de guerre ^

Le vent gémit, le vent apporte L'immense rumear des combats !

Vois passer la noire cohorte.

Le sol tressaille sous ses pas.

L'air est rouge, les cienx livides, Sous le vol des corbeaux avides.

Venus là pour ronger les morts, Et dans l'ardente chevauchée, Ainsi qu'une moisson fauchée, Tombent les braves et les forts !

Faut-il que pour eux seuls la gloire

Fasse frissonner l'étendard ?

De leur radieuse victoire

Ne veux-tu pas aussi ta part ?

Ah t sois jaloux de leur extase :

Après le coup qui les écrase,

Le cœur de triomphe rempli,

Ils tombent tous sans que rien souille

Leur armure qui craint la rouille,

Leur nom qui redoute l'oubli !

Sais-tu que vos pieds l'ont foulée, La terre où dorment les aïeux^ Et que le bruit de la mêlée A troublé leur sommeil pieux ?

Et songeant aux vieilles alarmes, Ils sont accoudés sur leur^ armes.

Pour voir d'autres lauriers fleurir,.

Extrait des Chants d'aurore.

HÉLÈNE VACARESCO 677

Pour voir, de leurs demeures sombres, Si Ton songe à leurs grandes ombres, £t si comme eux Ton sait mourir !

La cloche pour les morts ^

La cloche pour les morts a retenti ce soir. Qui donc s'en est allé dans la tombe attirante ? Uuel sombre dédaigneux de la vie, âme errante ? La cloche ponr les morts a retenti ce soir.

C'est mon cœur que Ton doit enterrer, ce me semble^ Par cette froide nuit où le calme descend. Aussi bien il avait besoin, ce cœur qui tremble, De la mort apaisante et de Toubli puissant.

Dans le linceul des désirs morts et des chimères, Après les durs combats, repose en paix, mon cœur. Dors au sein du carnage ainsi qu'un fier vainqueur, Parmi les combattants des aubes éphémères. Après les durs combats, repose en paix, mon cœur 1

Tristesses d'autrefois^.

Rien qu'une heure, être encor triste comme autrefois^ D'une tristesse immense et douce par les bois, Avec l'herbe et les fleurs, sous la pitié des branches, Ou bien devant Tautei, par les calmes dimanches. Quand, la tète appuyée au mur où sur fond bleu Les grands archanges clairs ont des glaives de feu, Jo sentais les premiers effrois devant moi-même ; Triste à vouloir mourir lorsque la lune bléme. Comme un poignard d'argent, à travers le ciel pur Montait mystérieuse en pâlissant l'azur Des soirs dont la douceur enveloppe la terre. Es-tu donc morte aussi, tristesse solitaire Qui me mettais parfois le front entre les mains Et dans le cœur de grands désespoirs^urhumains Où s'acharnaient entre eux les démons ou les anges? Tristesses d'autrefois, mes tristesses étranges

• Extrait de L'Ame sereine (iBQQ).

• Extrait de L'Ame sereine.

CHRBSTOBCATHIB FRANÇAISE

Dout j*ai la nostalgie et qni dans vos ferments

Ebauchiez ravenir en lourds pressentiments

Et, portant le fardeau de quelque ancienne vie.

Alliez de mon cœnr jeuoe à mon âme assouvie

Pour les épouvanter tous deux de leurs combats !

J*ai beau vous appeler, vous ne reviendrez pas. <

Même par les longs jours où je me sens plus morne

Que le soleil puissant dans le désert saus borne,

Môme pour le railler, vous ne visitez plus

Le cœur où tous les maux humains sont résolus

Et qui tourne vers vous ses suprêmes tendresses,

Tristesses d'autrefois, 6 mes chères détresses !

Larmes refoulées ^

Gomme un torrent qui roule aux replis des vallées, Gomme un fleuve sans bords où s'ahiment les deux, Elles grondent en moi les larmes refoulées Que plus jamais ne pleureront mes yeux.

Là, les jours d'autrefois parmi les flots sonores Roulent étincelants de soleil et de fleurs; Là, les fronts radieux des défuntes aurores, Mirage clair, balancent leurs splendeurs.

Pourtant, avec des cris sans fin, des cris funèbres. L'onde au flux éternel qui n'a point de nocher Sur l'abtme perdu dans les vastes ténèbres. Se heurte à toi, mon cœur, sombre rocher.

Chansons roumaines ^.

Nous dansions un soir sous un arbre vert. Souffle tristement, vent des nuits d'hiver.

J'avais mon long voile aux plis diaphanes, Nous dansions le soir au chant des tziganes ;

J'avais à mon cou Tor clair des ducats,

lies mourantes fleurs mouraient sous nos pas.

• Extrait de L'Ame sereine.

* Extrait de L'Ame êereine, — Hélène Vacareaco est le poète qol a le latevx renda en français la poésie délicate et tendre des chants popolabts xoamauM.

hélAnk tacaresco

Nom laisrions mourir les fUnn de la torre. Car nos bien-aiméa partaient pour la gnerra.

La neige à présent Uaochit lea préa nus» Ifaia les Men-aimés ne aont ploa ttinns.

Les Tnrcs ont passé, hordes meorlrières. Oh 1 les Men-aimés, niorts sv lea frontières»

Qd noQS les a pria f qoi nonâ lea lendrat Lequel de nor eorara jamais gnérim f

Ds ne Tiendront ptaa» lea mAn diiyhanea, Danssr avec nooa an diant dea fsl^ea.

Noos damnons le aoir aoos nn arhn Tert, Souffle tristement, tent des nnita d'hiter.

TaTais nne fienr printaaiên, Elle est tombée à la rititoa.

Flenr de printempa» petite fleor, L'snbe f aimait, le flot t*a prisai Tavais nn cœur sons ma ehemiae, Cœnr de Tingt ans, mon petit émir*

raraia nn pommier an Hsnra Uanshes Et des fleors sor tontes les braiiafaes. Pommier d'avril, petit pommier, *

Elles sont mortes sons la grfle.

raTaia nn collier lourd et frêle, Collier d'argent, petit coUkr.

Tayala Tainr daaa la prairie Et dana mon ccrar et dans ma vie.

Hois de mai, petit mda de mai.

Dis, pourqnd n*es-tn pins le inéme?

TaTais ausai oehii que faime, Mon bien-aimê, mon bien-aimél

(BoTiM à Hre d'Htttat Yismsss tÊànmaê, Sditovr» Paiii| : Chmêt$ itmwrmrm C18S6); L'Ame êtrHnê (18061; Le JttàjwJt iê la DimbovUsa ffMI^

CHRBSTOMATHIB FRAN<.AISR

Dout j*ai la nostalgie et qni dans vos ferments Ebanchiez ravenir en loords pressentiments Et, portant le fardean de quelque ancienne vie. Alliez de mon cœnr jenne à mon âme assouvie Pour les épouvanlor tous deux de leurs combats ! J*ai beau vous appeler, vous ne reviendrez pas. Même par les longs jours où je me sens plus morne Que le soleil puissant dans le désert sans borne, Môme pour le railler, vous ne visitez plus Le cœur où tous les maux humains sont résoins Et qui tourne vers vous ses suprêmes tendresses, Tristesses d'autrefois, 6 mes chôres détresses !

Larmes refoulées ^

Gomme un torrent qui roule aux replis des vallées, Gomme un fleuve sans bords où s'ahiment les deux. Elles grondent en moi les larmes refoulées Que plus jamais ne pleureront mes yeux.

Là, les jours d'autrefois parmi les flots sonores Roulent étincelants de soleil et de fleurs ; Là, les fronts radieux des défuntes aurores. Mirage clair, balancent leurs splendeurs.

Pourtant, avec des cris sans fin, des cris funèbres. L'onde au flux éternel qui n'a point de nocher Sur l'abîme perdu dans les vastes ténèbres, Se heurte à toi, mon cœur, sombre rocher.

Chansons roumaines K

Nous dansions un soir sous un arbre vert. Souffle tristement, vent des nuits d'hiver.

J'avais mon long voile aux plis diaphanes, Nous dansions le soir au chant des tziganes ;

J'avais à mon cou l'or clair des ducats,

lies mourantes fleurs mouraient sous nos pas.

* Extrait de L'Ame sereine.

* Extrait de L'Ame êereine, — Hélène Vacareeco est le poète qol a If» ial««x renda en français la poésie ddlloate et tendre des ehants popnlairM roamauM.

HÉLÈNB ▼AGARGSCO g79

Nom laissions mourir les flenrs de la terre, Car nos bien-aimés partaient pour la guerre.

La neige & présent blanchit les prés nus, Mais les bien-aimés ne sont plus venus.

Les Tnrcs ont passé, hordes menrtriéres. Oh 1 les bien-aimés, morts snr les frontières,

Qni nous les a pris T qui nous les rendra? Lequel de nos cœurs jamais guérira T

Us ne Tiendront plus, les soirs diaphanes, Danser arec nous «n chant des tziganes.

Nous dansions le soir sous un arbre vert, Souffle tristement, vent des nuits d'hiver.

J'avais une fleur printanière.

Elle est tombée à la rivière.

Fleur de printemps, petite fleur, L'aube t'aimait, le flot t'a prise 1 J'avais un cœur sous ma chemise.

Cœur de vingt ans, mon petit cœur.

Tavais un pommier aux fleurs blanches Et des fleurs sur toutes les branches.

Pommier d'avril, petit pommier»

Elles sont mortes sous la grêle.

J'avais un collier lourd et frêle, Collier d'argent, petit collier.

Tavais l'azur dans la prairie Et dans mon cœur et dans ma vie. Mois de mai, petit mois de mai.

Dis, pourquoi n'es-tu plus le même ?

J'avais aussi celui que j'aime.

Mon bien-aimé, mon bien-aimé !

(EoTTes à lire d'Hélé!!* Yûmimoo (Lemtm» éditeur, Paris) : C?umtê dtaumrê (1886); L'Ame iereiftê (1896); Le Rhaptûdê de la Dtnbox>Usa (1900).

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