‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 162 sur 166 · LOUIS FRÉCHETTE · texte numérisé non relu

LOUIS FRÉCHETTE

Né à Lévis (Canada) en Î839.

Par delà l'Atlantique il existo un ina^iinifique pays que la criminelle incurie de Louis XV fit perdre aux Franc^ais : c'est le Canada. Devenue possession anglaise en l/GîJ, la Nouvel lo-France a n'sist^^ victorieuBement à l'assimilation britannique et, d'une d»V,ade à l'autre, sa population augmente dans de très fortes proportions*; il y a aujourd*hui dans le Dominion plus de deux milllous de Canadiens ayant conservé la langue fran(;aise. La i)Of''sie canadienne compte un grand poète, qui a chanté dans La Légende d'un peuple, l'admirable épopée coloniale des Français d'outre-mer. Patrlole ardent, esprit libiTai, âme d'élite, Louis Fréclietto est un écrivain élevé, doublé d'un artiste. Sa poésie, touchante et noble, resttMa commît un beau monument de fidélité et d'amour élevé aux deux Frances que le poète chérit également.

Sur le Mississipi^.

Salut l Père-des-lLaux, fécoFid Meschacébé, Fleuve immense ([ui tient tout un monde englobé

iJaiis tes niéaiidres gigantesques !

Toi dont les Ilots sans lin, rapides ou dorniants, A des bords tout peuplés de souvenirs charmants

Chantent cent poèmes dantesques!

(^.omme Tan tique Hercule, ô colosse indompté, Tu t'en vas promenant ta fière majesté

De TH^iuinoxe jusiju'à l'Ourse ; Et ton onde répèle aux tièdes océans L'épi thalame étrange et les concerts géants

Des glaciers où tu prends ta source.

Tu connais tous les cicux, parcours tous les climats La pirogue indienne et le pesant trois-mâts

Te parlent de toutes les zcines.

L'aigle ami des hivers, le pélican frileux^ Le sombre pin du Nord, et le coton moelleux

Se mirent dans tes vagues jaunes.

Vois! tandis ((u'à tes pieds, sur ton cours attiédi. L'oranger qui se berce aux brises du midi, Verse son parfum et son oml)re, A ton front les sapins, accroupis à llour d'eau,

^Ia province de Québec seule, qui compte, en 1001, 1620 974 habitauls en grande majorité d'orl{;ine française, a augmenté de 132 439 habitants de 18M à 1900, tandis que rOntario, de race britannique, n'a augmenté qua da 6S 657 habitants, bien qu'ayant une population de 2107 078 personnes

« Extrait, de Fl^^urs boréales (ISS.O)

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