‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 2 sur 166 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

mains et présenter de solides garanties morales. A la bibliographie, je n'ai indiqué comme ouvrages à lire, que ceux qui sont réellement dans ce cas.

La classification adoptée pour ce volume est la même que celle du premier. J'ai présenté les divers poètes chronologiquement et littérairement, c'est-à-dire par j^ériodes et par écoles. Presque tous les critiques m'ayant approuvé d'avoir abandonné la vieille et illogique classification par genreSy généralement adoptée, je me suis senti d'autant plus en droit de conserver une méthode qui me paraît la seule bonne à tous les points de vue. Une difficulté se présentait, toutefois, que j'avais déjà -rencontrée dans mon précédent volume. Où commence et où finit une école littéraire ? Quelquefois un auteur est, en quelque sorte, à cheval sur deux périodes et deux écoles; quelle place faut-il lui donner alors? N'ya-t-il pas des auteurs inclassables? — Toutes ces objections, je me les suis faites à moi-même. Je me rends donc parfaitement compte qu'on trouvera dans ma classification des parties discutables; les critiques auront l'amabilité de la considérer comme une chose relative ; je n'ai aucune prétention à l'infaillibilité littéraire, mais je pense que, pour étudier une littérature, une classification chronologique et naturelle, même contestable dans quelques-uns de ses détails, est cent fois préférable au désordre chaotique des chrestomathies basées sur les genres.

La première difficulté en faisait naître une seconde. En poésie, il y a beaucoup d'écoles excentriques ; fallait-il prononcer à leur égard le dignus es intrare? Devais-je, par exemple, faire une place à l'école symboliste? L'auteur est de ceux qui pensent qu'un très large éclectisme doit présider à l'enseignement d'une littérature. Si on laisse systématiquement de côté tout ce qui ne répond pas à un certain idéal de beauté littéraire, on s'expose à être injuste et, en tout cas, on est incomplet. On peut ne pas aimer telle ou telle école, mais du moment qu'elle existe, le cri-

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