‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 37 sur 166 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

On entend an oonp de canon éloigné. Les conjurés s'arrêtent en silence. -* La porte du tombeau s'entr'ouvre. Don Carlos parait sur le seuil. Pâle, il écoute. — Un second coup. — Un troit^ième coup qui annonce que don Carlos vient d'être élu empereur — Il ouvre tout à fait le tombeau, mais sans faire un pas, debout et immobile sur le seuil.

Les conjurés, don carlos; puis dom ricardo, seigneurs, gardes; le roi os bohâhb,

le DUC DE BAVIÈRE ; pulS OONA BOL.

DON CARLOS

Messieurs, allez plus loin î renipereur vous entend.

Tons les flambeaux s'éteignent à la fois. — Profond silence. — Il fait un pas d&ns les ténèbres, si épaisses qu'on y distingue à peine les conjurés, muets et immobiles.

Silence et nuit! l'essaim en sort et s'y replonge. Croyez-vous que ceci va passer comme un songe. Et que je vous prendrai, n'ayant plus vos flambeaux, Pour des hommes de pierre assis sur leurs tombeaux? Vous parliez tout à Theure assez haut, mes statues! Allons l relevez donc vos têtes abattues, Car voici Charles-Quint I Frappez, faites un pasl Voyons, oserez-vous? — Non, vous n*oserez pas. Vos torches flamboyaient sanglantes sous ces voûtes. Mon soufile a donc suffi pour les éteindre toutes l Mais voyez, et tournez vos yeux irrésolus, Si j'en éteins beaucoup, j*en allume encor plus.

Il frappe de la clef de fer sur la porte de bronze du tombeau. A ce bruit, toutes les profondeurs du souterrain se remplissent de soldats portant des torches et des pertuisanes. A leur tête, le duc d'Alcala. le marquis d'Almunan.

Accourez, mes faucons 1 j'ai le nid, j'ai la proie l

Aux conjurés.

J'illumine à mon tour. Le sépulcre flamboie, Regardez 1

Aux soldats.

Venez tous, car le crime est flagrant

vicTitu ur(i<> 11»

HER.NAM, repardaut lea soMuts.

A la boQne heun» ! Seul il me semblait trop grand. C'est bien. J'ai cru d'abord que c'était Charlemague. Ce n'est que Charles-Quiiit.

DON CARLOS, au duc d'Aloala.

Connétable d'Espagne î

Au marquis d'Almunaii.

Amiral de Gastille, ici l — Désarmez-les.

On entoure les coujurés et on les désarme. DON RIGAHOO, accourant, et s'inclinant J usqu'a terre.

Majesté I

*DON CARLOS

Je te fais alcade du Palais.

DON RIGARDO, B'iuclinant de nouveau.

Deux électeurs, au nom de la Chambre dorée. Viennent complimenter la Majesté sacrée.

DON CARLOS

Qu'ils entrent 1

Bas à Rioardo. Dona Sol.

liicardo salue et sort. Entrent, avec flambeaux et fanfares, le mi de Bohême et le duc de Bavière, tout en drap d'or, couronnes en tète. — Nombreux cortège de seigneurs allemands, portant la bannière de l'empire, l'aigle à deux tètes, avec l'écusson d'Espagne au milieu. — Les soldats s'écartent, se rangent en baie, et font passage aux deux électeurs, jusqu'à l'empereur, qu'ils saluent profondément, et qui leur rend leur salut en soulevant son chapeau.

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