‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 46 sur 166 · LE ROI, LA REL\E, TORQUEMADA · texte numérisé non relu

LE ROI, LA REL\E, TORQUEMADA

Torquemada ne regarde ni le roi ni la reine. 11 a l'œil ûxë sur le crucifix.

TORQUEMADA

Judas VOUS a vendu trente deniers.

Cette reine et ce roi sont en train de vous vendre Trente mille écus d'or.

LA REINB

Ciell

TORQUEMADA, Jet&nt le crucifix sur les piles d'écus.

Juifs, venez le prendre !

* Torquemada (iS82), Ce drame n'a jamais été joué; c'est cependant un des plus beaux du poète et peut-être celui où il a mis le plus de vérité objective. L'énigmatique figure de Torquemada est expliquée ici d'une façon remarquable. Victor Hugo le conçoit, non comme une sorte de Philippe II ecclésiastique, ayant établi l'inquisition par cruauté et pour régner, mais comme un fanatique illuminé, très convaincu, se figurant qu'il sauvera les âmes en brûlant les corps. C'est l'explication la plus impartiale et la plus dramatique à la fois. La scène reproduite ici est absolument géniale comme puissance dramatique.

LA REINB

Mon père !

TORQUEMADA

Triomphez, Juifs, comme il est écrit I Celle reine et ce roi vous livrent Jésus-Christ.

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