Scène IV
L'action se passe au XV* siècle, dans les Balkans. Le prince Michel Braucomir a jusqu'ici vaillamment combattu contre les Turcs qui veulent envahir le pays des Bulgares. Furieux de n'avoir pas été nommé roi par ceux-ci et poussé par Bazllide, jeune princesse byzantine très astucieuse, qu'il a épousée en secondes noces, il consent à livrera un lieutenant de Mahomet II les d(5flk^s des Balkans. Il vient donc à minuit, sous un déguisement, relever un des guetteurs chargés de mettre le feu aux bûchers dispoKi's sur les hauteurs pour annoncer la venue •les ennemis. La trahison va s'accomplir; mais le ûls du traître, Constantin, une sorte de Cid des Balkans, a surpris l'horrible complot et vient eo empêcher la réalisation.
MIGUBL, seul.
J'ai promis, j'ai juré l... Cest le lieu, le moment, Michel, et lu n'as plus qu'à tenir ton serment... Quel calme l Le torrent là-bas à peine pleure... Othorgul va venir. J'entendrai tout à l'heure Sur le pavé romain les pas de son cheval Et je le verrai, lui, sous cet arc triomphal Bâti par le César Trajan, vainqueur des Daces. N'importe l Je suis prêt à toutes les audaces, Bazilide I Tes bras amoureux d'où je sors Ont su, par leur étreinte, étoufi'er mes remords. Oui, j'ai baisé ta main qui me montrait rabime. Je sens une Âpre joie à t'aimer jus({u'au crime,
^ Cette pièce, qui a été Joaée en 1895, est le chef-d'œuvre dramatique de Coppée. La scène que noua donnons ici est une des plus belles du théâtre
Et, puisqu'il en faut un pour plaire à ton désir, J'éprouve à le commettre un monstrueux plaisir. Je Tai juré, pâmé dans tes cheveux funèbres. Quand, au lien de ce Turc, le Prince des Ténèbres Viendrait m'offrlr, raillant avec un rire amer, •La couronne rougie aux flammes de l'enfer, je te rapporterais dans cette main brûlée !.•• Et ta ne me feras pas peur, nuit étoilée 1