JULES LEMAITRE
yé à Vennecy (Loiret) en i853.
Si Jules Lemaître n'était pas le « prince de la critique», on le citerait davantage comme poêle. Ses remarquables travaux de prosateur ont fait pâlir ses œuvres en vers ; c'est à peine si Ton parle de ces dernières. Elles ont cependant une réelle valeur et font regretter que Técrivain
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ail renoncé à la poésie après ses éclatants succès dans la critique. Il fut, à ses débuts, un poète spirituel, fin, délicat et original, écrivant clans une langue très pure.
Modesta^
Dans an pensionnat de fillettes elle est Sous-maîtresse. De noir vêtue, et très jolie, Petite mère aimante et qui toujours s'oublie. Elle excelle à montrer aux enfants Talphabet
La divine pudeur du dévoûment secret, La tâche monotone avec zèle accomplie, Ont mis sur sa figure ovale, un peu pâlie, Un léger voile^ un air sérieux, et qui plaît.
Cerle il n*est point d'amant dont elle ne soit digne : Mais elle craint pour nous l'épreuve, et se résigne A sa pauvreté fière, et réserve son cœur.
Seul je connais sa grâce adorable et discrète. Et je sens â la fois plaisir, peine et langueur Pour t'avoir respirée, 6 pure violette l
Galla^.
Ta grâce apaiserait le juste aux rubans verts, Simple et bonne Henriette, 6 ma chère Française 1 Sans louche pruderie et sans candeur niaise, Tu regardes Clilandre avec tes grands yeux clairs.
Qu'à d'autres Trissotin porte ses petits vers ! Ton brave esprit connaît les hommes et les pèse : Adorable bon sens, et qui nous ravit d'aise^ Car ta galté persiste et rayonne au travers.
Acceptant sans humeur la nature et la vie
Comme elles sont, jamais tu n'eus la moindre envie
Ni d'être un esprit pur ni d'être un bel esprit.
* Extrait des Médaillons (1880).
* Extrait des Médaillons. — Il s'agit ici de rHeariellf des Femmss savantes, de Molit're, la Française pondérée et charmante, que le poète veut célébrer sous son nom latin. Ls jt*ste aux rubans verts désigne Alceste, le Misanthrope de
Moliùre.
S^O CHRBSTOMATHIB FRANÇAISE
Or, il ne s'agit pas de soulever, une heure, Une acclamation qui décroisse et qui meure, Mais de laisser au monde un ferment qui demeure.
Il te faut, ({uand le monde a besoin de secours, Non tromper son attente avec de vains discours, Mais ramasser ta force et lui crier : « J'accours! »
Car c'est là la noblesse, et ta gloire assurée,
De servir pas tes chants à la marche sacrée
De ce monde en travail qui se cherche et se crfe.
C'est à toi, si tu veux, de l'avancer d'un jour, Sur ce chemin montant qui n'a point de retour. Vers la Beauté, la Foi, Illarmonie et l'Amour.
C*esl à toi d'ajouter, l'entraînant vers la cime, A son vague penser ton verbe qui l'exprime, A son obscur désir ta volonté sublime.
Chante donc des chants purs devant les purs autels, Et les temps à venir les retrouveront tels, Roulant de cœurs en cœurs en échos immortels.
Et si pourtant la gloire, absente à leur baptême Laissait tomber sur eux l'obscurité suprême, Ne t'inquiète pas, — leur prix sera le môme,
Puisque tu les auras, ces chants, ces cris, ces vers. Avec tes actions et tes pensers divers. Associés dans l'ombre aux fins de l'Univers.
Œuvres à lire de Dorchaiu (Lemerre. éditeur, Paris) : La jeunesse pensite (1881); Vers la lumière (181)4). Théâtre: Conte d'Avril (1885), délicieuse faiiUi- 8ie poétique; Pour l'amour, drame en 4 actes (1901). — Critiques à consulter : Jules Leiiiaître, Impressions de théâtre (1892); G^eorges Renard, Critique de combat (1897).
JULES LEMAITHE
yé à Vennecy (Loiret) en 1853.
Si Jules Lemaltre n'était pas le « prince do la critique», on le citerait davantage comme poète. Ses remarquables travaux de prosateur ont fait pâlir ses œuvres en vers ; c'est à peine si Ton parle de ces dernières. Elles ont cependant une réelle valeur et font regretter que récrivain