ALÉAS
Vous Texcusez ! Alors, l'exemple est bon à suivre, N'est-ce pas ? Et celui de taat d'autres aussi, Qui font fête à Conrad. Non des enfants, ceux-ci, Mais des hommes. Osez donc dire le contraire ! Ton cousin, Manetto! Gherardi, ton beau-frère! Des nobles, mettant la noblesse à ses genoux.
GHERARDI
Mais est-ce une raison pour nous su.s[)ecter, nous ?
Manetto
Crois-tu que les bourgeois sont tous exempts de blâme ? Conrad n'a qu'à paraître et le peuple l'acclame.
Le peuple sait que les nobles nous ont trahis.
MANETTO
Non, ce sont les bourgeois qui perdent le pays.
GALE A s
Vous n'aimez pas le peuple !
MANETTO
Il nous traite en parjures !
TOUS, furieux.
Oui!
STRADA, descendant, après les avoir séparés de la voix.
Silence l Est-ce donc pour faire assaut d'injures, Non pour vous accorder, que vous êtes ici ? 0 Ravenne, tes fils les meilleurs, les voici. Avant d'avoir chassé le lyrau de la ville. Ils sont déjà tout prêts à la guerre civile. Les leçons du passé ne leur ont rien appris. Toujours la même haine et le même mépris L'un pour l'autre! Toujours cette lutte intestine D'où viennent tous les maux de la race latine. Duel fratricide, qui fournit aux étrangers fj'enclume et le marteau dont nos fers sont forgés.
MANBTTO
Mais qu'es-tu donc, loi qui nous parles de la sorte 1
Rien par moi-même ; loul, par la foi que j'apporte.
Je ne suis ni bourgeois, ni gentilhomme, noat
Le parti que je sers n'a pas même de nom.
C'est celui des petits, des humbles, de la foule.
Le ciel, l'ùr qu'il respire et le pavé qu'il foule,
D n'a pas d'autres biens. Certes, vous avez rnleun;
Hais en lui chante l'âme obscure des aïeun ;
Hais dans sa pauvre ciiair, toujours lasse et meurtrie.
Fleurit, lonjours nouveau, le sang de la patrie.
Et c'est pourquoi ces gens sans titre et sans pouvoir.
Ils ont !a droit de vous dicter votre devoir ;
Et moi qui ne suis rien, mais qui les représente.
C'est pourquoi, (lageilant votre (envre malfaisante.
Je dis que votre poste est par vous déserté
Pour des dissensions où meurt la liberté ;
Et c'est pourquoi, bourgeois et nobles, tous en faute.
Vous devez accepter que je parle à voii haute;
Car c'est ma conscience et la vdtre à la fois.
Et le cœur du pajs qui parlent par ma voix.
lia
Vos intérêts contraires, Vous les ferez valoir plus tard, à mauvais frèresl Hais l'héritage, avant d'en disputer le prix, .\rrachez-le d'abord aux voleurs qui l'ont pris ; Abjurez pour ce but sacré voire querelle; Ne songez qu'i'i Itavenne; oubliez tont pour elle; Ne l'aiïmblissez plus en vous désunissant, Et donnez-vous la main, 6 fils du même sang !
GALÉAS, tandant les hi-n» il Gherardi
r.faerardi !
il6 CHRESTtiMATHIE FRANXAISK
GHERAHDl, même jeu.
Galéas !
(De toutes i>art8. les noM^s et les bonrgeois s'embrassent.-
STRAIjA
0 fraternelle étreinte!
Pour que la flamme eu vous n'en soit jamais éteinte. A ce hûclier d'amour brftlez tous vos vieux droits î Sur l'Evangile ouvert et sur le glaive en croix. Jurez-le 1