‹ Chrestomathie franc̜aise du XIXe siècleChapitre 41 sur 176 · LA MUSE · texte numérisé non relu

LA MUSE

Poète, prends ton luth; le vin de la jeunesse Fermente cette nuit dans les veines de Dieu. Mon sein est inquiet; la volupté l'oppresse, Et les vents altérés m'ont mis la lèvre en feu. O paresseux enfant ! regarde, je suis belle. Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas, Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile, Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ? Ah! je t'ai consolé d'une amère souffrance! Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d'amour. Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance; J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour.

, LE POÈTE

Est-ce toi dont la voix m'appelle, 0 ma pauvre Muse! est-ce toi?

0 ma fleur ! ô mon immortelle !

Seul être pudique et fidèle Où vive encor l'amour de moi !

Oui, te voilà, c'est toi, ma blonde, Cest toi, ma maîtresse et ma sœur !

Et je sens, dans la nuit profonde. De ta robe d'or qui m'inonde Les rayons glisser dans mon cœur.

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