VOIX CELESTES
Le dévoué pasteur des âmes immortelles
Les ramène à travers la nuit ; Lorsque le soir descend, il marche devant elles,
Et son troupeat' le suit.
JÉSUS
L'aurore qui va poindre est ma suprême aurore !
J'ai froid. J'ai peur... O Dieu, s'il en est temps encore,
Ecarte ce calice et délivre-moi d'eux.
Je vois. J'entends. La foule, et le gibet hideux.
Le chemin, et l'angoisse au milieu des huées.
Et les coups de marteaux, et les paumes trouées...
Je ne peux plus... Mon cœur défaille dans l'effroi.
Et ma divinité se retire de moi...
^- Une sueur de «ang coule sur ma poitrine.
Mon Dieu, regarde en moi l'humanité chagrine.
Contemple dans ton Fils toute l'humanité.
Qui souffre, et pleure, et saigne, en priant ta bonté,
L'humanité qui meurt si tu n'as pitié d'elle.
Donne-lui la valeur de te rester fidèle,
Et qu'en moi ta bonté daigne écouter et voir
Mes frères de toujours et mes bourreaux d'un soir.,
VOIX TERRESTRES
Songe aux heures de paix lointaine ' Près du fleuve ou de la fontaine,
Tu parlais; Personne ici ne t'abandonne; L'homme est bon et la vie est bonne.
Aime-les.