‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (prosateurs)Chapitre 18 sur 40 · LE PREMIER · texte numérisé non relu

LE PREMIER

Oui, oui, nous répondons pour les Strozzi. Laisse-le aller, ou prends garde à tes oreilles.

l'officier

Hors de là, canaille ! laissez passer la justice du duc, si vous n'aimez pas les coups de hallebarde.

Pierre et Philippe arrivent.

PIERRE

Qu'y a-t-il ? quel est ce tapage ? Que fais-tu là, Thomas ?

le bourgeois Empêche-le, Philippe, il veut emmener ton fils en prison.

PHILIPPE

En prison ? et sur quel ordre ?

PIERRE

En prison? sais-tu à qui tu as affaire ?

l'officier Qu'on saisisse cet homme !

Les soldats arrêtent Pierre.

PIERRE

Lâchez-moi, misérables, ou je vous éventre comme des pourceaux.

Sur quel ordre agissez- vous, Monsieur ?

L'OFFICIER, montrant l'ordre du duc.

Voilà mon mandat. J'ai ordre d'arrêter Pierre et Thomas Strozzi.

Les soldats repoussent le peuple, qui leur jette des cailloux.

PIERRE

De quoi nous accuse-ton ? qu'avons-nous fait ? Aidez-moi, mes amis; rossons cette canaille.

Il tire son épée. Un autre détachement de soldats arrive.

l'officier Venez ici ; prêtez-moi main forte.

Pierre est désarmé.

• Les Strozzi étaient les chefs des républicains.

En marche ! et le premier qui approche de trop près, un coup de pique dans le ventre ! Gela leur apprendra à se mêler de leurs affaires.

PIERRE

On n'a pas le droit de m'arrêter sans un ordre des Huit. Je me soucie bien des ordres d'Alexandre ! Où est l'ordre des Huit?

l'officier C'est devant eux que nous vous menons.

PIERRE

Si c'est devant eux, je n'ai rien à dire. De quoi suis-je accusé ?

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