‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (prosateurs)Chapitre 3 sur 40 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

élèves des deux sexes. Chacun comprendra les omissions voulues que nous avons dû effectuer.

Notre ouvrage étant consacré particulièrement aux œuvres littéraires de la France, pour ne pas faire double emr ploi avec Les Prosateurs de la Suisse française de Tissot et Cornut, nous avons été forcés de laisser de côté les grands écrivains suisses ; il y en a trois cependant, Ed. Rod, Eugène Rambert et Vinet, qui figurent ici pour des raisons majeures : par la nature de ses écrits, Edouard Rod est un auteur francisé et fait partie des gloires françaises; Rambert et Vinet sont des écrivains d'une telle valeur que, sous prétexte de garder à cet ouvrage son caractère strictement français, il eût été profondément regrettable de les exclure. Nous en aurions mis d'autres, Amiel, par exemple, sans parler des vivants, si le travail déjà fait par MM. Tissot et Cornut n'eût rendu cette adjonction inutile.

Telle qu'elle est, cette chrestomathie, malgré l'énorme travail de lecture et de réflexion auquel l'auteur a dû se livrer, n'a pas la prétention d'être parfaite ; un recueil de 640 pages, quel qu'il soit, ne peut donner du reste l'idée complète d'une littérature aussi riche que celle de la France actuelle. En relisant tous ces extraits, qui marquent l'évolution de celle-ci, il nous semble cependant que ce volume permet d'en comprendre la richesse. La pensée française contemporaine est là comme condensée, sous ses multiplqs aspects, avec toutes ses qualités de force, de noblesse, de clarté, de pénétration, de profonde sensibilité et de suprême élégance. L'auteur, tout en gardant l'objectivité du critique impartial, a cherché à la représenter dans ce qu'elle a de grand et de beau. Il serait très heureux si ce livre, où rayonne une part du génie de sa patrie, pouvait faire aimer aux étrangers qui le liront la langue et la littérature françaises1.

Lausanne, Septembre 1897.

1 L'auteur doit adresser ici ses plus sincères remerciements à son éditeur M. F. Payot, qui lui a très aimablement fourni de nombreux documents pour son travail, et à M . Arthur Imer, dont les conseils et la collaboration lui ont été particulièrement précieux pour la correction toujours si délicate des épreuves.

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