‹ Chrestomathie mandchouChapitre 15 sur 29 · RÉCOMPENSES ET DES PEINES · texte numérisé non relu

RÉCOMPENSES ET DES PEINES

DE THAÏ-CHANG (1).

( Voyez le. texte, pag. 25 à 36. )

ThaÏ-CHANG (2) dit : Le bonheur et le malheur n'ont pas de porte; c'est i'homme lui-même qui les cherche. La rétribution du bien et du mai est comme i'ombre qui suit le corps ; c'est pourquoi ii y a dans le ciei et sur la terre des esprits qui recherchent les péchés , estiment ia légèreté et la gravité des fautes de l'homme, et fixent son sort. Si la durée

(1) L'auteur de i'original chinois de ce traité n'est pas bien connu ; on Tattribue commun e'raent à Vyftj £ ^aw^^mn^^ qu'on dit avoir ve'cu sous la dynastie de i*^ Soung ( de 960 jusqu'en 1229 ). J'ignore le nom du traducteur mandchou.

(2) Thai chang ou le très-élevé est le titre honorifique de Lao tsu , fondateur ou plutôt restaurateur de la secte des Tao szu ; il vivoit dans le VI® siècle avant notre ère , et fut contemporain de Confucius. Le commentaire chinois du Traité des récompenses et des peines dit :

o « Thaï chang est la de'nomination par ïaqueîie on de'signe i'homme ie » plus ve'ne'rabîe de ia secte des Tao. »

de sa vie est diminuée, il tombe dans ia pauvreté; il rencontre par-tout i'infortune et la misère ; ii est haï de tout le monde; ies supplices et ies calamités le poursuivent; la félicité le fuit ; les étoiles malfaisantes lui causent de la peine ; et quand sa destinée est achevée , il meurt.

Il y a également les génies des San thai{\) et les princes esprits du Boisseau du Nord (2), placés au-dessus de la tète de l'homme; ils marquent exactement ses crimes, et d'après cela déterminent la durée de sa vie.

Il y a encore ies esprits appelés San-chi (3) , qui séjournent dans le corps de l'homme. Chaque jour du singe hlanc (4), ils montent au ciel et racontent les délits et les péchés de l'homme. Le dernier jour du mois, Y esprit du foyer (5) fait

(1) "îp* j^ San thaï est îe nom chinois d'une constellation : eile comprend les e'toiles /, x, A, ^tc, y et | de la grande-ourse.

(2) ^î-- jfj P^ theou ou le boisseau du nord est e'galement le nom chinois d'une constellation qui comprend les e'toiles ot,/2»,7, <r,fe,{etH de la grande-ourse.

(3) Les f^ j^ San chi ou les trois larves sont des esprits qui habitent dans le corps même de i'homme.

(4) m ffi* Keng chin, en chinois, est le cinquante-septième jour du cycle de soixante.

(5) En chinois , 7]jm ^^ Tsao chin ou le génie du foyer est un des esprits auxquels on offre un des TjÎQ -jf^ ou szu , c'est-à-dire , des cinq sacrifices domestiques aux lares et pe'nates. D'après îe Li ki ou Livre des rites , on doit sacrifier, au printemps, à la porte de la maison hou; en e'te' , au foyer tsao; en automne, à la porte exte'rieure men; en hiver, à la galerie hang qui entoure ia maison ; et an milieu de l'anne'e , au lieou ou centre de la maison.

Le titre honorifique de Vesprit du foyer est Jf|^ && ^p^ "pj Szu-

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la même chose. Chaque homme qui commet un péché , si c'en est un grand, douze années de sa vie (l) lui sont retranchés ; si c'en est un petit , cent jours (2) iui sont ôtés (3).

Ces péchés, grands et petits, sont au nombre de cent. Celui qui desire vivre long-temps doit les éviter avant tout ; s'il a de la raison , il y parviendra ^ s'il n'en a pas , il ne réussira pas.

II ne faut pas marcher dans le chemin du mal , ni tromper dans la maison de i'homme simple ; il faut accumuler des vertus et amasser des mérites , avoir un cœur compatissant pour toutes les créatures; il faut être sincère, pieux, bon ami et bon frère , se corriger soi-même et convertir les autres , avoir de la compassion pour les orphelins et soutenir les veuves , honorer les vieillards et protéger les enfans ; il ne faut pas même faire de mal aux vers, aux fourmis, aux herbes et aux arbres ; il faut compatir au malheur d'autrui et se réjouir de son bonheur , être utile aux autres quand ils sont dans le besoin et les sauver des périls , regarder leurs

ming tsao chin, ou le génie du foyer qui règle la destinée; son nom de famille est W^ Tchang , son surnom ^g tan, et son nom d'honneur elf J^^ Tsu kouo. On le représente sous la forme d'une jolie femme ; cela n'empêche pas qu'il ait une e'pouse nomme'e ,^^ J^tiJ -^"^^ ^^ f ^t six filles qui ont toutes le nom de 1^^ Thsa , et qu'on appeîle aussi les six demoiselles /i^ Kouei.

(1) En chinois, jj^Ç ki ; en mandchou, ergouen ou période.

(2) En chinois , ^ souan ; en mandchou , ton , nomhre.

(3) D'après le Sao chin ki, \ esprit du foyer note à l'homme qu'entre deux à trois cents jours pour les grands pe'che's , et entre un à deux cents pour les petits.

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succès comme ies siens propres, et considérer leurs pertes comme ies siennes • ne pas dévoiler les imperfections du prochain, et ne pas vanter son propre mérite ; empêcher ie mal et répandre le bien, donner beaucoup et se réserver peuf ne pas se fâcher pour un affront reçu , et recevoir une grâce avec respect • dispenser des bienfaits sans en demander ia récompense , et donner sans en éprouver de regrets : cela s'appeiie être vertueux. Un tel homme est honoré de tout le monde, protégé par ie ciel, suivi par ie bonheur et ia féiicité ; ie mal s éloigne de iui , ies génies et ies miracles sont sa sauvegarde ; ce qu ii entreprend s'achève avec sûreté , et ii devient saint et immortei.

Ceux qui veulent devenir immortels du ciel doivent avoir fait treize cents bonnes actions ; ceux qui veuient être immortels de la terre doivent en avoir fait trois cents (l).

Se mouvoir dans ce qui n'est pas juste, et marcher ie dos tourné à la raison ; faire tout ie mai qu'on peut , en suivant ses mauvaises inciinations , et agir d'une manière cruelle et malfaisante ; nuire en secret aux hommes doux et bons ; tromper clandestinement son prince et ses parens ; n'avoir pas d'égards pour les gens k^és ; se révoiter contre ceux qu'on devroit servir ; se plaire dans ies vains mensonges et dans la ruse ; accuser faussement ïes membres de sa famille ; être farouche , obstiné et sans pitié • agir d'après sa tête d'une manière méchante et cruelie ; ne pas distinguer ce qui est iouable ou biâmable ; confondre ce qui est devant et der-

(l) Les >jij| 5^ Thian sian on immortels du ciel ont ie pouvoir de monter au ciel et de voîer dans les airs ; ïes 4n| ijj^ Ti sian ou immortels de la terre peuvent arrêter le cours du temps , et jouir d'une vie éternelle.

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rière (l); traiter avec sévérité ses inférieurs, s'approprier leurs mérites ; flatter les supérieurs pour enfreindre ies lois • n'être pas reconnoissant des grâces obtenues ; être implacable envers ses ennemis; mépriser ie peuple du ciel (2) au lieu de l'estimer; troubler sans raison le gouvernement et i'empire; donner des récompenses sans justice , et punir ceux qui ne l'ont pas mérité ; tuer les hommes pour ravir leurs richesses ; faire tomber les autres pour s'emparer de leur place ; mettre à mort ceux qui se soumettent, et réduire à la misère ses partisans; chasser ies justes, et imputer des crimes aux bons; opprimer les orphelins , et réduire ies veuves à de tristes extrémités ; transgresser ies lois pour acquérir de la fortune ; faire passer ie juste pour injuste , l'injuste pour juste , et rendre grave ce qui est iéger ; redoubler de fureur en voyant des exécutions ; connoître ie mai et ne pas le corriger ; connoître ie bien et ne pas ie pratiquer ; envefopper ies autres dans ses propres crimes ; mettre , par jaiousie , des obstacles aux sciences et aux arts ; dire injustement du mai des saints et des sages , et opprimer ia raison et la vertu ; tirer des flèches aux êtres qui voient , poursuivre ceux qui courent ; faire sortir ies insectes cachés , et épouvanter les oiseaux perchés sur ies arbres ; boucher ies trous qui servent de gîte aux animaux ; détruire les nids , estropier ies petits des oiseaux et casser leurs œufs ; désirer ia perte des autres , et détruire leur mérite

(1) Cest-à-dire, blesser les convenances.

(2) En chinois , & ^^ Thian ming, le peuple du ciel , le genre humain. Le commentaire dit : • Tous les hommes qui naissent dans ce » monde sont les enfans du *f^ Jq chang ti , ou Dien suprême , et » c'est pour cette raison qu'on îes appelle le peuple du ciel. »

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eminent; faire souffrir ies hommes pour son propre repos; diminuer le bien des autres pour augmenter ie sien ; échanger ce qui est mauvais contre ce qui est bon ; négliger les affaires de l'état pour les siennes ; s'arroger ies mérites d'autrui y cacher ce que quelqu'un a de bien , et faire ressortir ses défauts ; divulguer ses secrets , et détruire sa propriété et ses richesses; disperser les os et la chair des hommes (l); leur ravir ce qu'ils aiment, et empêcher qu'on ne vienne à leur secours ; forcer ieur volonté , ies rendre honteux , et cher-cher à avoir ie dessus ; détruire le bié dans ie champ d'autrui ; rompre des mariages concius; être orgueiileux parce qu'un heureux Iiasard vous a procuré quelques richesses ; n'éprouver nuile honte quand on a obtenu pardon ; recevoir des bienfaits et rejeter ses crimes sur d'autres ; faire tomber ses maiheurs sur d'autres et vendre ie mai ; vanter ce qui ne vaut rien ; garder dans son sein un cœur cruei ; abaisser ce que d'autres ont de grand , et cacher ses propres imperfections • imposer par un faux air de majesté ; tourmenter ceux que y par un esprit de férocité , on a destinés à ia mort ; tailler et couper sans nécessité (2); tuer et manger ce qui n'est pas permis par ies rites ; jeter et perdre ies cinq espèces de grains ; faire du mai aux êtres vivans ; détruire ia maison d'autrui ; s'emparer de ses biens et de ce qu'ii a de précieux ; détourner i'eau et mettre ie feu pour porter ia désolation dans les lieux habités par ie peupie ; pervertir ies iois pour détruire le mé-

(l) En chinois, I^T >^t|* Ku jeou , la chair et les os, c'est-à-dire, les membres d'une même famille , savoir , lè père et les fils , les frères aîue' et cadets, le mari et la femme.

(•2) De'truire ou couper inutilement des e'tofFcs qui auroient pu servir à habiller des indigens.

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rite des hommes ; briser les ustensiles et les outils d'autrui, et i'empécher de vaquer à ses travaux ; vouloir exiler et abaisser ceux qu'on voit estimés et honores ; vouioir détruire et réduire à la misère ceux qu'on voit riches et opufens ; concevoir dans son cœur des désirs désordonnés en voyant les belles femmes d'autrui ; souhaiter la mort d'autrui pour le frustrer de ce qu'on lui doit; quand on n'obtient pas ce qu'on desire^ vomir des imprécations et livrer son cœur à la haine ; quand on voit les pertes que les autres éprouvent, les attribuer aussitôt à leurs péchés ; rire des infirmités naturelles des autres ; taire la vertu , la capacité et la gloire d'autrui , quand on les connoît ; donner des drogues malfaisantes aux hommes et leur nuire par des sortilèges ^ répandre du poison pour faire mourir les arbres ; se mettre en colère contre son instituteur ; être impertinent et obstiné envers son père et ses frères aînés ; s'emparer de quelque chose avec violence ; aimer la cruauté et le vol ; s'enrichir par la rapine et le brigandage ; chercher à s'élever par la ruse et le mensonge ; manquer d'impartialité dans les récompenses qu'on accorde et les punitions qu'on inflige; s'abandonner sans mesure à ses aises et aux divertissemens ; traiter ses inférieurs avec sévérité et cruauté ; imprimer la terreur; murmurer contre le ciel; haïr les hommes; faire des imprécations contre le vent et dire des injures à la pluie ; susciter des accusations et des procès ; faire chasser ses compagnons par des mensonges; prêter l'oreille au bavardage de ses femmes et des concubines ; se révolter contre ses père et mère ; en prenant le neuf, oublier le vieux ; avoir oui dans la bouche et non dans le cœur ; être avide pour s'emparer de richesses ; tromper ses supérieurs pardes mensonges ; faire courir de mauvais bruits et calomnier en cachette les bons; faire passer les autres pour vicieux et se

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donner pour parfait ; injurier les génies pour justifier sa propre conduite ; repousser toute soumission et se joindre aux révoités ; tourner le dos à ses proches parens et s'appuyer sur ies plus éloignés ; rendre le ciel et la terre témoins des plus viles pensées, et montrer clairement aux esprits des actions infâmes ; se repencir après avoir fait des largesses ; emprunter et ne pas rendre ; chercher à faire des choses extraordinaires ; agir avec une extrême violence ; s'adonner sans mesure à la volupté et à ses passions ; être intérieurement mauvais et extérieurement bon ; faire manger aux hommes des aiimens gâtés ; ensorceler ie pubiic par de fausses doctrines ; employer un pied trop court et de fausses mesures, un poids trop léger et un boisseau trop petit ; ^néler le mensonge à la vérité ; recueillir le prix de la séduction ; subjuguer les bons pour les humilier ; tromper par des mensonges les hommes simples ; être avide , envieux et toujours mécontent ; faire des sermens terribles pour assurer quelque chose ; s'enivrer et ensuite exciter du trouble ; fomenter des haines et des querelles entre les os et la chair ; étant homme , être sans droiture , et femme sans douceur et sans obéissance ; n'être jamais en paix avec sa femme ; être sans respect pour son mari ; aimer la flatterie et l'orgueil ; agir toujours avec un cœur jaloux ; ne pas donner un bon exemple à ses fils et à ses filles ; manquer de respect envers ses oncles et ses tantes ; agir dédaigneusement et nonchalamment envers ceux qui ne sont plus (l); se révolter et être rebelle contre les ordres de l'empereur ; faire des choses inutiles ; avoir ïe cœur double ; se maudire soi-même et faire des imprécations contre les

(l) Manquer de respect aux de'funts , et se dispenser de faire en leur honneur les ce're'monies que Tes rites prescrivent.

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autres ; haïr par intérêt et aimer par intérêt ; sauter par-dessus les puits et par-dessus le foyer; enjamber sur ies aiimens ou sur les hommes; détruire ies enfans et faire avorter; agir avec beaucoup de méchanceté et d'injustice; chanter et danser le dernier jour de la lune et le dernier jour de Tan ; pousser des cris et se mettre en colère îe premier jour de la lune (l); se moucher , cracher ou faire ses besoins , tourné du côté du nord ; chanter, hurler ou pleurer devant ie foyer, ou allumer des bâtons d'odeur à son feu ; préparer des aiimens à un feu fait avec de i'herbe gâtée (2) ; se iever et marcher nu pendant ia nuit ; ordonner des supplices dans ies huit époques principales de l'année (3); cracher contre ies étoiies tombantes; montrer du doigt i'arc-en-ciel ainsi que ies trois ciartés célestes (4) ; regarder fixement ie soieii et ia iune ; mettre , dans ies mois du printemps , ie feu aux herbes pour aiier à ia chasse ; proférer des injures et des imprécations , tourné du côté du nord ; tuer sans raison des tortues et frapper les serpens.

Quand on commet ces actions et d'autres sembiabies, Y esprit du foyer (5) ies note suivant ieur gravité ou ieur

(i) En chinois, jij "w^ So tan; en mandchou, ùche inenggî,

(2) Le texte chinois a bois an iieu â! herbe,

(3) Les ^rt /Y />o ^-yze, ou huit principales e'poqnes, sont les cornmencemens des quatre saisons de fanne'e , les deux equinoxes et îes deux solstices,

(4) Les -y^ ^ San kouang, ou les trois resplendissant , sont fe soieii , la iune et les e'toiles.

(5) Cet esprit est appelé' ici , dans i'original chinois , y^ pj szu ming, ou le régulateur de la destinée; en mandchou, choun ni endouri^ l'esprit du foyer.

légèreté , et retranche , en conséquence de la durée de la vie , des périodes de douze ans ou de cent jours. Le nombre ( des années de la vie ) assigné ( à V homme ) étant épuisé, ii meurt : si , après sa mort , il reste encore un excédant de ses crimes, ies malheurs arrivent à ses fils et à ses petits-fils.

Tous ceux qui s'emparent injustement du bien d'autrui, sont punis dans leurs fiis, dans leurs fiiles et dans ies membres de leur famille ; s'ils ne meurent pas , ou s'ils ne tombent pas dans la pauvreté , ils sont affligés par des malheurs causés par l'eau , le feu , ies voleurs et les fripons ; ieurs meubles et ïeurs propriétés sont dispersés , et des maladies les tourmentent. Ceux qui auront commis des péchés ( qui dérivent ) de la bouche et de la langue, seront justement punis de la même manière.

Ceux qui tuent des innocens, ressemblent à des hommes armés qui se battent et se tuent entre eux ; ceux qui s'emparent injustement des richesses d'autrui , peuvent être comparés à quelqu'un qui veut se guérir en mangeant de la viande empoisonnée , et se désaltérer en buvant du vin empoisonné : à peine ies a-t-il pris, que la mort l'atteint aussitôt.

Si le cœur projette une bonne action , quoiqu'elle ne soit pas encore mise à exécution , les bons esprits l'effectuent ; si le cœur projette une mauvaise action , quoiqu'elle ne soit pas encore consommée , ies mauvais esprits la font accomplir. Si, après avoir fait de mauvaises actions, on se corrige et Ton se repent ; si l'on ne fait plus de mal et si l'on agit toujours bien, on jouira plus tard du bonheur et du contentement. Ceci s'appelle changer le malheur en bonheur.

Aussi fhomme de bien est bon dans ses paroles, bon dans son extérieur , et bon dans ses actions : s'il fait dans un jour trois bonnes œuvres , dans trois ans le ciel fera certainement

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descendre sur iui du bonheur. Les paroles du méchant sont mauvaises; son extérieur est mauvais et ses actions le sont aussi ; s'il fait dans un jour trois mauvaises actions , le ciel , en trois ans , lui enverra certainement du maïheur.

Comment ne feroit-on pas tous ses efforts ( pour se porter à la vertu ) ?

Dans ia vingt-quatrième année du secours du ciel (l), qui est celle du lièvre jaunâtre (2) , un jour heureux de ia septième lune , respectueusement sculpté par Fouyantaï, de la famille impériale (3).

(1) En chinois, B^ g^ Khian loung , et en mandchou, Abkaï tuekhiekhé,

(2) La. seizième anne'e du cycle de soixante est, en chinois , jQîJ P ki mao; elle correspond à 17 59 de notre ère.

(3) A ia fin d'une ancienne e'dition de ïa traduction mandchou de ce traité , qui est peut-être îa première , on îit :

v>H)J^ /t^^t.*^'H /-^^^^^ V)^f^?^ /-^^^^^ \y ^^i>:i^ii^ ^ j-tA

« Dans la douzième des anne'es de paix profonde , qui est celle de la souris » noire, en hiver, un jour heureux de ïa onzième lune, respectueusement » gravé. »

C'est-à-dire , sous |^^ ^& Khang hi ^ îa cinquantième année du cycle de soixante, appelée en chinois -f[^ /^ kouei tcheou, ou 1673 de notre

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