‹ Chrestomathie mandchouChapitre 17 sur 29 · PREMIER ARTICLE · texte numérisé non relu

PREMIER ARTICLE

Le présent traité a été conclu pour la conservation éternelle de ïa paix entre les deux empires. II est donc convenu que, de ce jour, chaque empire doit gouverner et surveiller

ou le tribunal mongol , en chinois , Li fan yuan. II gouverne les provinces situe'es en dehors de la grande muraille. On pourioit aussi le nommer tribunal des affaires étrangères , parce qu'il est charge' des ne'gociations et des communications avec les puissances e'trangères et avec leurs ambassades.

(1) Tchookhat dchourgan , en chinois, Ping pou. — Voyez Grosier , tom. V, pag. 32. — C'est le même Toulichen qui a été ambassadeur de Tempereur Khang hi auprès SAyouka, khan des Kalmuks. Feu M. Leontiew a traduit son livre en russe ; la relation de cette ambassade a pour titre : IlyraeuiecmBïe KnmaiicKaro nocianiiKa ktj KaAMwijKOMy AïoKt XaHj ctj onncaHïeMi) 3eMe.ib n o6MqaeBi> PoccïiicKnx'b. ITepeBeAi) ci> MaH/^acypKaro Ha PocciiicKon asMKiî AACKc'Bn AeoHmieB-b. Bi> CaHKmnemep6yprt. 1782. 8°. Sir G. Th. Staunton a publie' une version anglaise faite sur Toriginal chinois , sous ie titre de Narrative of the Chinese Embassy to the Tourgouth Tartars; London, 1821, 8». Dans ces deux ouvrages , on trouve des notices biographiques sur Toulichin.

(2) Oros est le nom que presque toutes les nations de l'Asie donnent aux Russes; en turc, {J^*^jy Ourous et {y*jy Oros ; en chinois, O la szu.

(3) C'est ïe nom que les Mandchou donnent à la ville de Nertchinsk. Dans la traduction russe du traite' , on a mis par méprise Hkhrobè.

avec soin ses sujets. En vertu de la paix conclue, il maintiendra et gardera rigoureusement les siens , afin d'empêcher ce qui pourroit donner lieu à des disputes.

ir ARTICLE.

Ce traité de paix actuel , renouvelé et conclu entre les deux empires , veut qu'il ne soit plus question de ce qui est arrivf antérieurement entre les deux puissances.

Les transfuges précédens ne seront pas redemandés, et ils resteront dans l'empire où ils se trouvent ; mais ceux qui passeront dorénavant îa frontière , ne pourront , sous aucun prétexte , être retenus. Il faut au contraire les chercher sans délai, pour les prendre et ies remettre aux autorités des frontières respectives.

Ilf ARTICLE.

Les grands de Yemptre du Milieu et le comte illyrien Sawa Wladislawitche y ambassadeur de l'empire des Oros , jugèrent que l'objet principal de leurs travaux étoit la fixation de la frontière àes deux empires ; mais qu'il seroit impossible de la régler avec exactitude , si l'on n'inspectoit pas scrupuleusement le terrain. Dans ce but :

Le comte illyrien Saioa Wladislawitche , ambassadeur de l'empire des Oros y se rendit lui-même à la frontière avec Tsereng, adjudant général (l) de l'empire du Milieu, Doroï giyôn wang du Dchasak (2) , et beau-fds de l'empereur (3).

(1) Aisilara Dziyanggiyôn.

(2) Les Doroï giyôn wang étoient alors princes de la seconde classe ; à pre'sent ils ne sont que de la troisième.

(3) Dchasak est un mot mongol qui de'signe une magistrature qui de'-

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Be szuge , commandant de la garde impériale , et

Toulichin , vice-pré>'icient du ministère de la guerre.

Us s'accordèrent de la manière suivante , sur les endroits par lesquels la frontière devoit passer. Le pays situé entre le corps-de-garde de l'empire des Oros , auprès du ruisseau de Kiaktou et ïobo (l) de l'empire du milieu, situé sur le haut du mont Orkhoïtou , doit être également partagé, et l'on doit y élever un ( autre ) oho qui servira comme marque de la frontière. Au même endroit on doit aussi établir l'entrepôt de commerce et y expédier des commissaires (^kamisar).

De ce lieu à l'est la frontière passe sur la crête du Bourgouteï, jusqu'au corps-de-garde de Kiran. Après le corpsde-garde de Kiran ^ sont Tsikteï, Arou kidoure et Arou khadangsou ; la frontière se dirige par ces quatre corps-degarde en ligne droite , le long de la rivière de Tchoukou ( Tchikoï), d'Arou khadangsoii , jusqu'au signal du corpsde-garde Eher khadangsou , et d'JEber khadaiigsou jusqu'au signal du corps -de -garde mongol Tsagan oola ( montagne blanche ). Le désert , entre le pays habité par les sujets de l'empire des Oros , et entre les signaux des corps-de-garde mongols de l'empire du Milieu , seront partagés également comme à Kiaktou, Là où il y a , dans le voisinage du pays habité par les sujets de l'empire des Oros , des montagnes , des sommets de montagnes et des rivières , elles ser-

cide les affaires d'une ou de jDÏusieurs tribus. Elle se compose de plusieurs membres nomme's par la cour de Peking. Ses pre'sidens et grands juges sont ordinairement pris dans les meilleures families monguies.

Khochoï efou ou Khoclioï tabounang , e'poux d'une princesse impériale.

(1) Un Oho est un monceau de pierres qui sert de signal.

viront à déterminer ia limite ; et là oii les montagnes et les rivières sont dans le voisinage des corps-de-garde mongols , elles seront pareillement choisies pour déterminer ia limite. Mais là où il n'y a que de vastes plaines , sans montagnes ni rivières, on ies a partagées également, et l'on a érigé au milieu des marques pour fixer la frontière , qui a été ainsi établie depuis le signal du corps-de-garde de Tsaganoola, jusqu'aux bords de la rivière ^Ergoime ( Argoun ).

Les envoyés des deux empires pour inspecter les lieux situés en dehors du signaî du corps-de-garde mongol de Tsaganoola , convinrent de conduire ia frontière des deux signaux du milieu élevés à Kiaktou et sur le mont Orkhoïtou , à i'ouest, par les lieux suivans: Par les monts Orkhoïtou, Toumen Koudchoukhoun y Bitsiktou , Khochogo (l), Bouïlesoutou oola (2); Kouke Tsilootou, Khonggor oho , Yonggor oola, Dos angga {Z) , Gooudzan oola, Khôdakhaïtou oola, Ko-Ï moulou Bougoutou dahagan , Egoiiden dchoo-ï moulou Dositou dahagan , Kisenektou dahagan , Gorhi dahagan , Nouktou dahagan, Ergik dargak daigan, Dor os dahagan , Kendche madan , Khonin dahagan, Kim kimtsik hom et Chahinaï dahagan.

Le milieu de cette chaîne de montagnes également partagée fut admis comme limite. Là oii il y a des montagnes et des

(1) Dans une autre copie, Khochonggo.

(2) Chaque fois qu'il y avoit dans i'original mandchou le mot alin ( montagne ) , je iui ai substitue' l'expression mongoîe oola , qui signifie ia même chose. Cela m'a paru nécessaire , parce que les pays peu connus dont il est question ici , sont habite's par des peuplades mongoles , qui ne se servent pas des mots mandchou pour nommer les diffërens lieux de leur patrie.

(3) Dans ïa traduction russe, EorocyHl) Ana. Ama , en mongol, et angga , en mandchou , signifient bouche , embouchure , passage.

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rivières au milieu , eiîes ont été également partagées , de manière qu'actuellement , depuis le Chahinaï dahagan jusqu'aux bords de îa rivière d'JErgoune , tout ce qui est au sud ( de la nouvelle frontière ) appartient à l'empire du IVJiiieu, et le côté septentrional à l'empire des Oros.

Après avoir terminé la division du pays et en avoir rédigé une description et une carte exactes, ies deux parties échangèrent réciproquement ces descriptions. On ies remit aux grands des deux empires. Les sujets des deux états qui se trouvèrent sans permission au-delà de la frontière déterminée, et qui y avoient établi leur habitation, furent recherchés et reconduits dans leur pays. La même chose eut lieu pour ies vagabonds, de manière que ia frontière en a été totalement purgée.

Les Ouriyangkhaï des deux côtés , qui donnèrent cinq zibeiines de tribut , restèrent à ieurs anciens maîtres ; mais ceux qui jusqu'alors n avoient donné qu'une zibeline , en furent exemptés pour i'avenir et du jour de la conclusion de ce traité. Pour ia conformité, on a rédigé, des deux côtés, un procèsverbal qui a été échangé réciproquement.

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