‹ Chrestomthie du vieux français;Chapitre 19 sur 110 · II. Le féminin se forme par l'addition de Ve muet · texte numérisé non relu

II. Le féminin se forme par l'addition de Ve muet

Certains adjectifs n'avaient qu'une terminaison pour les deux genres r ils dérivaient en général d'adjectifs latins qui n'avaient eux-mêmes qu'une forme pour le masculin et le féminin.

Ainsi royale charnel, mutel, grand, fatal, s'employaient indistinctement pour les deux genres.

Ce fait expliquerait l'adjectif grand invariable dans les expressions grand' mère, grand rue, grand route, grand messe, etc^

III. La forme comparative que revêtaient les adjectifs latins ne se retrouve en françaiis que dans les quatre mots suivants:

bon = meillor, mieldre, mieudre et finalement meilleur;

mauvais =: pejor, pire 5

grand = s ^ • ^ ) major, maire ; ^ / greigneur \ "^ '

\ minor / • , . ,

petit = < ) memdre, momdre.

^ / menor \ '

(Maire et major sont devenus des substantifs.)'^

Le superlatif a longtemps été formé par l'addition de la syllabe issime, contractée en isme: saintisme, haltisme, grandisme. — Cette forme fut très-usitée, au XVP siècle en particulier — c'était un italianisme contre lequel nombre de bons esprits se prononcèrent. ^ Certains superlatifs étaient irréguliers :

proïsme, proïme = le plus proche, ultime = le dernier,

pesme = le plus mauvais.

1 Monsieur Lepsy et M. /. /. Ampère reprochent aux grammmairiens l'apostrophe qu'il ont introduite après le d final, alléguant que l'e muet n'ayant pas été admis comme caractéristique du féminin pour ces adjectif il n'y avait pas eu d'élision. L'argument est spécieux, mais il ne me semble pas trèsconcluant. En effet, pourquoi aurions nous accordé aux autres adjectifs cette caractéristique, pour la refuser au seul adjectif grand?

'^ Voyez /. J. Ampère: Littérature française au moyen-âge, page 99.

3 H. Estienne, Langage français italianisé, page 219.

DE l'adjectif. 7

Remarque. Le mot que devenu inséparable de toute proposition comparative n était pas employé anciennement; tantôt la préposition de remplissait le même rôle, tantôt les deux termes de la comparaison étaient simplement eu regard sans aucune particule de liaison:

Mielz val, se dist Salemons, li patiens del fort baron.

{^Saint Bernard.) L'homme patient vaut mieux que le fort, dit Salomon.

Ge (je) connois tel qui a tel cuer (cœur). Plus chante au bois ne fait en cuer (chœur).

Adjectifs numéraux cardinaux.

1 = un. Nomin. 2 z=z dui, doi, doui.

Cas régime. dous, doux, dels, dex, deux.

Plus riche que le français moderne, l'ancienne langue avait une espèce de duel:

Nominatif. embedui, andui / , ,

Cas régime, ambedeux, audous, andex \

Quant aux autres adjectifs de cette classe ils n'offrent rien de particulier si ce n'est leur orthographe:

trois, treis^ — quatre, quatre^ — six, sî5, — sept, set, — huit, Qct, oict oit, oyt., ouït, — neuf, nuef., nof etc.

Adjectifs numéraux ordinaux.

Issus immédiatement de radicaux latins ils étaient à peine altérés : premier — prîm, prime, primer, primier, primerain etc. second — secund.

troisième — terz, tierz, tiez, tiers, quatrième — quart, quarz, quars.

cinquième — quint, quins, quinz.

sixième — sistes, sixt.

Les autres se formaient par l'adjonction de la désinence isme ou ime, — Septième, septisme. — huitième, huitisme etc.

Adjectif démonstratif.

Masculin.

Singulier: Pluriel:

{ cils., cists^ ce, cet. cil, cist, ci, ces.

Nominatif, j cil, cist, ^ cis.

Cas régime, cel, cest. cels, ces.

Féminin, ceste. cestes, celles,

celle, celé.

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