JEAN CALVIN (CAUVIN
1 était le second fils du procureur fiscal de l'évêque de Noyon: il naquit le 10 juillet 1509. Il fut d'abord curé de Pont' l'Evêque, mais ayant embrassé les doctrines des Réformés , il quitta sa patrie et vint à Baie où il apprit l'hébreu, passa ensuite en Italie, à Ferrare, revint en France, retourna à Bâle, puis s'établit à G-enève où il devint le chef du consistoire. Calvin a beaucoup écrit. Il y a peu de grâces dans sa manière, mais eu revanche une force, une puissance étonnantes. Son argumentation est serrée, rapide. Son style est précis, nerveux, sa phrase est courte, énergique. La nécessité où il se trouve de travailler sur les idées pures, plutôt que sur des faits matériels, l'amène à donner à la langue ce qui lui manquait encore à cet égard: les procédés grammaticaux de déduction, l'art d'exposer habilement une idée, de mettre en relief la partie que l'on veut faire ressortir, sa liaison avec les précédentes, etc. Calvin fut le premier orateur de son époque. La préface de son Institution de la Religion chrestienne est un chef-d'œuvre» d'éloquence et de logique. Il est probable que si François I^^ l'avait lue, bien des maux eussent été épargnés à la France. Voici dans quelles circonstances il composait. „L'an 1559, dit son biographe Théodore de „Béze, étant assailli et merveilleusement pressé d'une fièvre quarte, il ^a, ce nonobstant, bâti sa dernière institution chrétienne au plus fort 5,de cette maladie , et, qui plus est , traduite en français ^ d'un bout à ^l'autre. Pareillement en ses dernières maladies, qui étoient la pierre, „la goutte, les hémorrhoïdes, une fièvre phthisique, difficulté d'haleine, ^outre son mal ordinaire de la migraine, il a traduit lui-même de bout ^en bout ce gros volume de ses Commentaires sur les quatre derniers ^livres de Moïse, reconferé la translation du premier, fait ce livre sur ^Josué et revu la plus grand' part de la translation et des annotations ^du Nouveau-Testament; de sorte qu'il n'a jamais cessé de dicter que „huit jours devant sa mort, la voix même défaillant.'' — Cet héroïque champion de la vérité mourut à la peine, le 29 mai 1564. — Voici les principaux de ses ouvrages ;
Institution de la Beligion Chrétienne^ Basle 1536, souvent réimprimé; la plus belle édition de ce livre est celle de Leyde, Elzevier, 1654, infol. — Commentaires sur V Écriture- Sainte, Genève 1561. — Opuscules ou Petits Traités, Genève 1566. — Sermons, au nombre de plus de 2000.
1 Calvin l'avait d'abord écrite en latin. Cette langue lai était aussi familière que le français, et il n'y brillait pas moins.