‹ Chrestomthie du vieux français;Chapitre 86 sur 110 · SATIRE MÉNIPPÉE · texte numérisé non relu

SATIRE MÉNIPPÉE

France sous le nom de Henri IV; les Ligueurs de leur côté nommèrent un fantôme de roi, le cardinal de Bourbon, qui prit le nom de Charles X (janvier 1590). Henri IV eut à la fois à combattre Mayenne, le pape et le roi d'Espagne (Philippe II) qui convoitait la possession de la France, Après une guerre qui se prolongea encore quelques années, et dans laquelle Paris eut à soutenir un siège désastreux, Henri mit fin à la Ligue en abjurant le catholicisme."

Quelques hommes, remarquables par leur profond savoir, leur patriotisme et surtout leur courage, conçurent le projet de dévoiler aux^ yeux du public les sourdes menées et les véritables projets de la Ligue. Se faisant une arme de l'empire que le ridicule à toujours exercé en France, ils revêtirent leurs révélations de la forme de la satire et procédèrent à leur œuvre avec une habilité consommée et un courage intrépide. Ce fut Pierre le Roy, chanoine de Eouen, et jadis aumônier du cardinal de Bourbon, qui conçut le premier l'idée de la satire Ménippée. Jacques Gillot,^ Florent Chrestien,^ Nicolas Rapin,^ Passerat,^ et Pierre Pithou, furent ses collaborateurs. Il faut lire en entier cette satire pour connaître à quelle hauteur s'élève, à cette époque déjà, Téloquence de la tribune, éloquence qui avait sa source dans une noble indignation et un profond sentiment de ce qui est juste et vrai.

1 Conseiller- clerc au parlement de Paris, doyen de la cathédrale de Langres et chanoine de la Sainte -Chappelle, mourut en 1619. On a de lui, outre sa participation à la satire Ménippée, Recueil de différents traités touchant les droits et libertés de V Eglise gallicane. Paris 1609 et 1612, in -4. — Instructions et missives des rois de France et de leurs ambassadeurs^ et autres pièces concernant le concile de Trente., prises sur les originaux. Paris 1607 et 1608, in -8. — Relation de ce qui s'est passé les 14 et 15 mai 1610, touchant la régence de Marie de Médicis, dans le traité de Dupuy, de la majorité des rois etc.

2 Poëte, né à Orléans (1541), précepteur de Henri IV. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages en vers et en prose, entr'autres: Hymne génethliaque sur la naissance du fils du comte de Soissons. — Le jugement de Paris. — Les IV livres de la vénerie d'Opian, traduction du grec en vers français. — Fabri Pibracii tetrasticha, graecis et latinis versibus expressa, — Histoire de notre temps etc.

3 -Né vers 1540 à Fontenay en Poitou, — Après avoir été reçu avocat au parlement, et avoir été nommé vice-sénéchal de Fontenay, il vint à Paris où l'avait appelé le président Achille de Harlay. Zélé partisan de Henri III, lors de la déchéance de ce prince il fut banni de Paris, puis réintégré dans ses fonctions. Il embrassa plus tard le parti de Henri IV et le servit de son épée à la bataille d'Ivry et de sa plume dans la satire Ménippée. Il mourut en 1608. Ses œuvres latines et françaises (Paris 1628, in-4) renferment diverses poésies, des traductions en vers des Satires et Épitres d'Horace, VArt d'aimer d'Ovide etc. — Rapin avait essayé d'introduire en français le vers métrique des latins.

4 II naquit à Troyes en 1534. — Après de profondes études il fut nommé professeur d'éloquence au collège royal de Paris, où il succéda au célèbre Ramus. C'est lui qui a composé une partie des vers qui l'on trouve dans la satire Ménippée. — On a de lui: De Uiterarum inter se cognatione ac permutatione. 1606, in-8. — Oraiiones et praefationes. 1606 et 1637, in-8. — Commentaires sur Catulle, Tibulle et Properce, 1808, in-fol. — Des œuvres poétiques. 1597, in-8. etc. — Il mourut en 1602.

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