‹ Chrétiens et TurcsChapitre 111 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE. 4S · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE. 4S

douze bataillons d'infanterie^ huit escadrons de cavale* rie^ dix pièces de campagne, six pièces de gros calibre. La perte fut très«grande des deux côtés. On s'était battu en quelque sorte homme à homme, pendant toute une journée, dans les gigantesques roseaux qui croissent si nombreux à Ramadan^ comme dans la plupart des Ues du Danube *. A la suite de ce combat, les Russes quittèrent les positions de Giurgevo et de Slobozie. Omer- Pacbaj arrivé sur le théâtre du combat après la retraite des Russes, fit immédiatement construire un pont de radeatix 'pour le passage de ses troupes entre Routschouk et Ttle de Ramadan. Rien ne mettait plus ob^ stacle dès lors au mouvement des Turcs sur Bucbaresi. Le prince Gortcbakof ne songea plus à les vaincre, mais à les retarder du moins dans leur marche. Il concentra avec neaucoup de rapidité soixante mille aom« mes et deux cents bouches à feu sur les hauteurs de Doya-Fratechti. Les Turcs, trop peu nombreux pour accepter la bataille, durent attendre pendant quelques jours rarrivée de leurs renforts. C'était tout ce que voulait le général Gortcbakof, qui donna ordre à son armée, le 38 juillet, de commencer la retraite définitive. Dans cette retraite, les Russes détruisirent les ponts sur TArdgis et le Sabar. Ils forcèrent Tartillerie valaque a

1 Trois officiers SDglais qui menaient bravement lès Turcs furent tués dans cette affaire,— les capitaines Burke, du génie, Mommel^ de rinfaolerie, et Arnold, de i*armée des Indes. Ils furent enterrés dans l*tle de Ramadan, sur les bords du Danube^ où trois croix de bois indiquent seules la sépulture de ces nobles fils de rAugleierre.

les suivre. Celte artillerie, composée de huit pièces de petit calibre^ était un don du sullan. De son côté^ Tarniée turque^ se trouvant au complet^ put s'avancer sur le territoire évacué par les Russes^ et fut bientôt concentrée près de Bucharest au nombre de cent vingt mille hommes.

Avant d'entrer à Bucharest, il semble qu'Omer-Pacha ait voulu donner un grand exemple ; du moins ce ji*ést qu'en lui prêtant cette intention qu'on peut expliquer l'acte d'inexorable sévérité devant lequel il ne recula pas. Les brigandages et les cruautés des bachi* bouzouks avaient inspiré une véritable terreur à la population valaque, et une députation de boyards était venue prier Orner-Pacha^ encore à Giurgevo, d'épargner à la Principauté la préseftce de ces dangereux défenseurs. Leur prière fut accueillie favorablement^ et l'entrée du territoire valaque fut interdite aux bachibouzouks ; mais en même temps le serdar ne voulait pas les laisser maîtres de la Bulgarie, presque entièrement dégarnie de forces régulières. Il fit donc, sous divers prétextes, entrer dans l'ile de Ramadan plusieurs milliers des plus dangereux bachibouzouks, les fit entourer par l'infanterie régulière et braqua les canons sur les ponts qui unissaient Ttle aux camps, et qui avaient été lélablis. U ordonna alors à cette horde d'irréguliersde mettre bas les armes. Us refusèrent d'obéir, et ne furent mis à la raison que par la fusillade et la mitraille; les plus jeunes furent incorporés d.-ms l'armée, et les vieux, sans armes, renvoyés dans les mon-

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