III. -LBS TURCS EN VALACHIE
reçut l'ordre de quitter le service militaire et 4e conseil de demander un emploi civil : il suivit ce conseil, donna sa démission» et sollicita la place de pacba civil. Cette démarche fut couronnée d'un plein succès, el quatre mois plus tard il fut nommé gouverneur civil de Travnik, où il avait été en garnison comme colonel. Au départ d'Abdi-Pacha pour laRoumélie, Orner-Pacha fut obligé de lui rendre les honneurs dus à son rang, et en considération des hauts protecteurs qu'Ali-Rey sut se procurer par le fruit de ses dilapidations, le commandant en chef dut lui accorder, à sa sortie du service militaire, un certificat de bravoure.
Après la campagnq dont on vient de lire le récit. Orner- Pacba espérait avoir convaincu les Bosniaques de l'impossibilité de lutter avec avantage contre une armée bien organisée et bien cpmmandée. On devait croire en effet qu*il en ^rait ainsi en voyant de tous les coins des montagnes arriver des chefs de rebelles qui donnaient des rparques de repentir et faisaient leur soumission. Le général ottoman avait fait occuper les principaux points de la Bosnie, et l'organisation du pays allait çoniinenper* Le 22 décembre 1850, )e nouveau gouverneMr pi vil, si longtemps attendu, arrivait de $Qn côté à Serajevo. Qmer-Pacha, qui retrouvait en li)i un ancien ^n^i, cpnçiitles meilleures espérances sur la facilité que donnerait une bonne entente entre les administrations civile el militaire pour o|)érer la pacification et l'organisation définitive de la Bosnie, ^vec d'autant plus de promptitude qiiHaïreddio -Pacha
avait la réputation d'un homme sévère et honnête.
Haîreddin-Pacha^ qui était venu par rAdriatique, avait traversé l'Herzégovine pour arriver en Bosnie. U fut retenu avec toute sa suite par Ali-Pacha Stolatcho* vitz y sous le prétexte que les Herzégovîens étaient en révolte. Plus tard^ lorsque la nouvelle des victoires d'Omer-Pacha arriva à Bihatcb^ Haîreddin-Pacha continua son voyage par des chemins détournés, avec une nombreuse escorte^ jusqu'à Serajevo. Il confirma à Omer-Pacha un fait dont celui-ci ne doutait pas, à savoir qu'Ali-Pacha Stolatchovitz^ malgré ses protestations, était l'âme des meneurs qui agitaient THerzégovine. Ali-Pacha prétendait qu'il ne pouvait soumettre la révolution avec ses propres ressources, et il n'osait pas, ajoutait-il, remplir les promesses qu'il avait faites à Omer-Pacha, parce que lui et sa famille couraient le danger d'être exterminés parles insurgés, à la tête desquels se trouvait son ancien kacas-hachi Méhémed. La conduite hypocrite d'Ali-Pacha Stolatchovitz aurait donné peu de soucis à Omer-Pacha sans le bruit qui commençait à se répandre que la Craîne préparait une nouvelle levée de boucliers, dont Ali-Keditch était le chef. Cette circonstance décida Omer-Pacha à envoyer Tordre à Iskender-Bey, commandant du petit corps d'observation à Coénitza, sur la frontière de l'Herzégovine, de se préparer à forcer les passages dans les gorges des montagnes de Lepeta, occupées par les Herzégovîens.
Iskender-Bey, aujourd'hui Iskender-Pacha, est Polo-