‹ Chrétiens et TurcsChapitre 80 sur 119 · IV.-LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.-LA GUERRE SUR LE DANUBE

Effeodi à ne faire aucune opposition^ ajoutant que si les boyards jugeaient à propos de faire supporter celte charge au pays^ la Porte n'avait rien à dire. En 1849^ une seconde demande analogue à la première avait été présentée par le général Duhamel. Accueillie sans objection par le prince de Valachie^ elle trouvait le prince de Moldavie (Grégoire Ghika^ qui avait succédé à Michel Stourdza) moins facile. — La première communication du général Duhamel portait, dit Thospodar^ que le payement des deux dixièmes suffirait une fois pour toutes. — Sur une nouvelle injonction de la Russie^ le prince tourna la difGculté : il prit à sa charge les bons et les quittances donnés par les officiers russes, en demandant à Constantinople l'autorisation, qui lui fut accordée, de porter au chifiTre de la dette nationale la somme nécessaire pour l'acquittement des obligations ainsi contractées. On aimait à espérer que là se borneraient les exigences de la cour protectrice, n n'en fut rien cependant, et vers la fin de 1850, lors de son passage à Jassy, le consul général de Russie fit connaître au prince de Moldavie qu'il aurait bientôt un nouveau compte à lui présenter pour le payement des troupes russes sur le pied de guerre.

Tels étaient les faits qui avaient précédé la dernière communication de la Russie, celle d'octobre 1851, par laquelle le consul général de cet empire, a la suite des réunions des deux souverains de Russie et d'Autriche à Varsovie et à Olmùiz, déclarait aux hospodars, avec une certaine solennité, que le moment était enfin venu

pour les gouYernements des deux principautés de remplir leurs obligations envers l'armée de Sa Majesté Impériale.

La communication conûdentielled'un ukase concernant les quarantaines de la mer Noire coincida arec la déclaration relative au payement des troupes russes : le désir de la cour protectrice était que les prescriptions appliquées à ces quarantaines fussent étendues. aux quarantaines moldo-yalaques. La conduite du prince Stirbey, qui fit de Tukase impérial l'objet d'une communication officielle à son diyan^ causa cette fois un sérieux mécontentement à la Porte ; celle du prince Ghika, qui^ sans mentionner i'ukase, se borna à en faire transcrire et discuter les prescriptions^ la satisfit au contraire pleinement. Les plaintes qu'éleya le oonsol général de Russie à ce sujet provoquèrent une réponse concluante et modérée du prince Ghika^ affirmant qu'il s'était borné à respecter les apparences du pouvoir de la Porte Ottomane^ tandis que la Russie disputait à la Turquie les apparences mêmes du pouvoir.^

En même temps que les exigences de la Russie grandissaienty on pouvait remarquer un progrès dans l'activité de ses préparatifs militaires^ et le mot des officiers russes sur leur prochain retour dans les Principautés paraissait près de se justifier. Au commencement de Tannée iSb% on voyait se concentrer des troupes autrichiennes dans le Banat^ des troupes russes en Bessarabie et dans la Russie méridionale. Une grande inquiétude régnait à Jassy comme à Bucharest. Toute la

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