‹ Chrétiens et TurcsChapitre 81 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

flotte de la mer Noire était réunie dans le iiort de Nicolaief et à Pembouchure du Bug : un corps expéditionnaire était même campé près de la yiUe sous des tentes. On expliquait ces rassemblements de troupes par la présence prochaine de l'empereur Nicolas dans la Russie méridionale, par TinsurrecUon de Bosnie et le mécontentement que causait à TAutriche l'agitation qui régnait au sein des populations slayes de l'empire ottoman. Les hospodars cherchaient ainsi à se faire illusion sur les projets de la Russie^ et allaient jusqu'à compter sur la munificence de l'empereur Nicolas pour terminer le débat relatif à l'indemnité réclamée par ses troupes. Cette erreur ne fut pas de longue durée. Le prince Stirbey ayant envoyé son budget à Saint-Pétersbourg^ ce budget fut mis sous les yeux du tsar, qui décida lui-même que la Valachie payerait 30 millions de piastres (plus de il millions de francs)^ et la Moldavie^ 6 millions et demi ( plus de 2,400,000 fr. ), représentant les dépenses^occasionnées par le pied de guerre. Les Yoyages successifs de l'empereur d'Autriche et de l'empereur de Russie dans les pays voisins des Principautés ne tardèrent pas préciser la nature des relations qui existaient entre les gouvernements des hospodars et les deux empires. Le prince de Stirbey, sachant que l'empereur François-Joseph était à Hermanstadt^ s'y rendit pour le complimenter. 11 était porteur d'une lettre autographe du sullan, qu'il avait sollicitée afin de pouvoir paraître devant le jeune empereur en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Quels que fussent

les motifs pour lesquels cette faveur avait été sollicitée par un prince assez peu soucieux d'ordinaire de ses devoirs envers la cour suzeraine , la démarche du prince Stirbey ne fut pas vue avec plaisir par l'empereur d'Autriche, qui aurait préféré sans doute recevoir un hospodar plutôt qu'un ambassadeur du sultan, caraclère qui, eu cette occasion, amoindrissait le prince de Valachie : c'est du moins ce que Toi]^ peut conjecturer de Paccueil bien différent fait au prince Alexandre de Servie, qui se présenta, peu de jours après, simplement comme hospodar, et qui fut traité avec une distinction et des égards qu'on n'accorde guère qu'aux têtes couronnées.

On cessait à peine de s'entretenir du voyage de l'empereur d'Autriche, que Ton sut que l'empereur Nicolas était au moment d'exécuter un projet annoncé depuis longtemps et de venir passer à Wosnesensk une grande revue de cavalerie. Le prince de Moldavie, dont la principauté est limitrophe de l'empire de Russie, de* manda à la fois à Constanlinople et Pétersbourg l'autorisation d'aller présenter ses devoirs au souverain protecteur des Principautés danubiennes. Cette double demande fut accueillie avec faveur. Cependant, le prince Stirbey ayant sollicité de nouveau l'honneur de porter une lettre autographe du sultan à l'empereur Nicolas et rayant obtenu, le prince Grégoire Ghika fut également chargé d'une mission identique par le divan. Les deux hospodars se trouvèrent ainsi munis de lettres autographes et revêtus du caractère d^ambassadeurs

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