‹ Chrétiens et TurcsChapitre 87 sur 119 · IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE

Vers le SO mai 4853^ on sut à Bucharest que les troupes russes, concentrées le long du Pruth^ ayaient terminé tous leurs préparatifs pour le passage de cette riyière. La plus pénible agitation régnait à Bucharest et à Jassy dans les régions du pouToir^ et les inquiétudes du prince Stirbey furent Tivement augmentées par la question que lui adressa un diplomate étranger, qui lui demanda quelle marcbe il comptait suivre^ comment il espérait concilier ses obligations envers le protecteur atec ses devoirs envers le suzerain. 11 crut ne devoir faire aucune réponse, mais ces simples paroles dessinèrent à ses yeux les difûcuités de sa situation aTec une netteté qu'elles n'avaient peut-être pas encore dans son esprit, elles déchirèrent un voile qu'il se plaisait à épaissir. Au milieu des incertitudes qui le troublaient, Thospodar se décida à envoyer à Jassy, -^ pour féliciter sur sa convalescence le prince Ghika, qui avait été gravement malade, — son cousin, le colonel Nicolas Bibesco» en lui donnant Tordre de voir ce qui se passait au delà du Pruth; mais le consul général de Russie, qui savait le peu d'intérêt que le prince Stirbey portait à son collègue de Moldavie, dont il avait à plusieurs reprises déclaré l'état incurable, et dont il avait même sollicité la succession provisoire à Constantinople, lui interdit cette attention inopportune^ en s'engageant à lui faire connaître lui-même le moment où le premier bataillon russe passerait le Pruth.

Ce moment ne se fit pas attendre. Presqu^en même

temps on apprit à Bucbarest le départ du prince Henchikof^ puis la remise de Tultimatum du comte Nesselrode, enfin le refus de la Porte. Il devint alors éyident pour le prince Stirbey que les Principautés allaient devenir un gage entre les mains de la Russie. Il s'accommoda néanmoins de sa nouvelle et difficile position. Ayant reçu du prince Gortchakof Tordre de prendre les mesures nécessaires pour Tappiovisionnement des troupes impériales^ qui se disposaient à occuper la Valachiey il répondit par des expressions dedé^ vouement inutilement exagérées^ au dire même de ses amis. En même temps il expédia le major Nicolesoo vers les pachas ottomans commandant les districts riverains, pour les prier d'empècber les bandes turques de passer le Danube. Le vassal du sultan traçait donc sur le terriloire même de l'empire la limite où devaient s'arrêter les sujets de son suzerain ! Dès que Ton connut à Bucbarest le refus de la Porte Ottomane d'accepter Tullimatum du cabinet russe^ H. Khalchinski, consul général de Russie dans les deux Principautés, qui avait mérité la confiance entière de sa cour par sou habileté, partit pour Kichenef , où était le prince Ck>rt* chakof, mais non sans laisser Thospodar sous la surveillance de son propre directeur du département de l'intérieur *. Enfin le 27 juin le prince reçut du quar*-

* Ce qui caractérise parfaitement cette époque et les acteurs qui y jouèrent un rôle, c*esl que ce direcieur lit savoir sérieusemeDl âi Kichenef qu*i[ avait surveillé l'iiuspodar, et qu^ii Tavait surpris se rendant un soir uiystérieusenieut et en Labil de ville cliet

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