‹ Chrétiens et TurcsChapitre 86 sur 119 · IV. -LA GUERRE SUR LE DANUBE · texte numérisé non relu

IV. -LA GUERRE SUR LE DANUBE

après les désastreux événements de 4848, l'ascendant de la Russie avait considérablement grandi, et TAutricae se souvint des remarquables conseils de Gentz. A la fin de 1852 surtout, on aurait été bien aise à Vienne de secouer une influence qui pesait, et qui laissait des souvenirs non moins blessants pour la nation que pour son jeune souverain. Les agents et les partisans de l'Autriche firent entendre à Constantinople et dans les Principautés des discours où ils insistaient sur le danger qu'il y avait à resserrer l'accord de l'Autriche et de la Russie, lorsque la première de ces puissances ne dâipriandait pas mieux que d*ètre rendue à elle-même. La Porte Ottomane jugea sans doute à propos de subir les dures conditions que l'Autriche mettait à sa neutralité dans le conflit qui se préparait entre la Turquie et la Russie, et qui s*annonçait à Thorizon comme un orage. Le comte de Linange obtint par des moyens empruntés aux Russes tout ce qu'il avait exigé, et il partit sans vouloir attendre le prince Menchikof, qui aurait presque pu voir, en arrivant dans le Bosphore, la fumée du bateau à vapeur qui emportait le diplomate allemand dans la mer de Marmara. Il convenait également à l'Autriche et à la Porte Ottomane que les représentants des deux empereurs ne se trouvassent pas ensemble sur les rives du Bosphore. Les Autrichiens auraient semblé devoir leur succès à une nouvelle intervention des Russes, et le comte de Linange n'aurait pas pu refuser^ s'il fût demeuré à Péra, de se joindre au prince Menchikof

dans ses demandes et ses attaques contre le divan. Une plume habile ^ a raconté toutes les péripéties de la mission du prince Henchikof et le rôle si considérable joué dans ce grand drame diplomatique par lord Stratford de Redcliffe et Rechid-Pacha^ à qui revient rhonneur d'avoir démontré avec évidence la nécessité où était l'Europe de résister par le glaive à la Russie. Les conséquences qu'allait entraîner cette démonstration pour la Turquie même n'étaient plus douteuses. La guerre devenait inévitable;^ et c^était sur les Principautés qu'elle allait peser d'abord^ replaçant ainsi en présence Omer-Pacba et les généraux russes sur un théâtre où ils s'étaient déjà connus.

On sait que les Principautés furent envahies plusieurs mois avant la déclaration de guerre. Dès le mois de décembre 1852^ les hospodars avaient de justes motifs de craindre une occupation^ et au mois de mars 1853 les appréhensions croissantes du prince de Valachie lui dictèrent une lettre à Rechid-Pacha^ alors hors des affaires^ mais toujours regardé comme un ministre nécessaire^ dans laquelle il lui conseillait de préférer l'amitié de la cour de Pétersbourg à celle de l'Occident.

' M. Eugène Forcade.

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