IV.— LA GUERRE SUR LE DANUBE
quartier général à Bucharest^ occupaient toute la ligne de Galatz à Giurgevo. Un corps de dix à douze mille hommes^ sous les ordres du général Fischbach, avait été envoyé vers Slalina ^ sur TOllo^ et à Craoïva^ chef* lieu de la petite Valachie> pour observer les mouvements des Turcs à Widdin. Les populations au milieu desquelles s'installaient ces troupes étaient plongées dans la stupefur ; elles se souvenaient des charges que leur avait imposées Toccupalion de 1848-51. Les traces du premier séjour des Russes étaient à peine effacées, les moissons commençaient à reparaître dans les sillons dévastés^ et déjà les lourds chariots de Tartillerie foulaient de nouveau les épis, les cavaliers cosaques ravageaient les champs de maïs, sans pitié pour la douleur des paysans roumains qui pouvaient s'écrier conmie leurs ancêtres :
Barbarus bas segetes!
A cette époque, la Turquie était à la merci d'un coup de main des Russes : elle n'avait à leur opposer en Bulgarie que dix-huit ou vingt mille hommes de troupes régulières depuis Hatchin jusqu'à Widdin. Les fortifications de Routschouck, de Silistrie, de Choumia et de Varna étaient dans un état déplorable, le divan ne les ayant pas fait réparer depuis 1828^ Déjà les
> Ce D*e8t quik Widdin que toules les redoutes étaient garnies de canons. A Cboumla, il n*y avait que quinze canons pour six redoutes ; à Routscbouk, il y avait des arsenaux, mais ils ne conte-
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émissaires russes, qui traTaillaieutla population bulgare depuis des années^ afQrroaient que les rayas n'attendaient que le passage du Danube parTarmée impériale pour se soulever contre l'oppression des Turcs.
11 n'y avait en Turquie qu'un seul général qui fût en état d'organiser et de concentrer en toute hâte une armée capcible de lutter contre une excellente armée russe commandée par les généraux les plus expérimentés ^ Ce fut à Orner-Pacha^ dont l'Autriche venait d'arrêter le bras au moment où il espérait porter des coups décisifs au Monténégro^ que la Porte confia la défense de son empire contre l'agression des Russes.
Le général ottoman se mit aussitôt à l'œuvre et fit marcher les troupes turques de tous les points de la Turquie d'Europe : de Constantinople, d'Andrinople, de Monaslir^ de la Bosnie et de l'Herzégovine. En attendant l'arrivée de ces troupes en Bulgarie^ il se rendit immédiatement à Choumla et ordonna la construction
naiient que vingt canons. L*arsenal de Varna n>n contenait pas cinquante.
^ Suivant Fexpression même des feuilles de Saint-Pétersbourg, Tétat- major du prince Gortcbakof était en effet des plus brillants ; plusieurs des généraux les plus distingués de la Russie se trouvaient dans les Principautés. Le prince Gortcbakof, appartenant à une des plus anciennes familles de Tempire, était le lieutenant préféré du prince Paskiévitcb. Il avait sous ses ordres les généraux Lûders, Lipraudi, connus par leur audace, raUacfaement qu'ils inspiraient aux soldais et leur babileié à les entraîner ; Baturlin, Pavlof, surnommé le Brave, Dannenberg, d*une intrépidité calme el doué d*un grand sens politique ; les princes Ourousof et Va^ilchikof, noms auxquels la guerre de Crimée a ajouté un nouveau lustre.