Christian, ou, L'année romaine
En i856 J.-J. Ampère écrivait à M. Alexis de Tocqueville : ce Avant de retourner cet été en France, je voudrais finir un travail dont le but est de conduire Thistoire d'un sentiment, à travers la peinture des différents aspects de la ville de Rome aux différentes époques de Tannée. 11 y a ici le monde de Tamour, de la religion, de la science, de la politique; je mets dans cet ouvrage la quintessence de tout ce que j'ai vu en ce lieu, observé, senti, rêvé à tous les âges. »
De cet ouvrage intitulé Christian ou rAn-
née romaine qui n'est point achevé, nous avons pu transcrire quelques chapitres entiers et phisieurs fragments épars. Improvisées à la hâte, au retour d'une promenade, ou bien à la suite de soirées passées en famille, ces pages auraient eu besoin d'être corrigées.
C'était ordinairement sur les premières épreuves que Jean-Jacques terminait ses livres; il comptait revoir soigneusement Christian en le livrant au prote. Mais pour relire ces chapitres si doucement ébauchés^ auprès de ses amis heureux autrefois, malheureux alors, le courage lui a manqué ; il retardait de jour en jour, quand la mort est venue subitement le surprendre.
Le manuscrit est resté tel quel, écrit au crayon, déjà assez effacé et très difficile à déchiffrer; le lecteur rencontrera donc des traces de négligence ou de rapidité, des répétitions, etc.
Depuis un demi-siècle Rome a beaucoup changé; mais ni la ville transformée ni les mœurs modifiées ne rendront moins curieux les souvenirs de Jean-Jacques. Après dix-sept
voyages en Italie, il a su voir et expliquer ce que tant d'autres n'ont pas su regarder.
Est-il nécessaire de rappeler, non seulement à ceux qui Tont connu, mais à ceux qui ont lu ses œuvres, de quelle vie son inépuisable érudition, la délicatesse, la pureté de son goût, sa vive et charmante imagination, et enfin Taimable familiarité de son style animaient ses récits?
Sur un carnet de Jean-Jacques, fermé à Rome en 1862, nous trouvons ces lignes : (( J'étais ici, il y a trente-huit ou quarante ans ; j'y ai apporté les mélancolies de ma jeunesse, j'y ai éprouvé les ivresses, les agitations d"un sentiment violent, de passion sans règle. La via Babouino, malgré sa physionomie insignifiante et son nom grotesque, est une de celles que je préfère : c'est là, en face de l'église grecque, que demeurait M"'^ Récamier, alors que je voyais pour la première fois cette ville, qui me causait déjà des impressions très vives, dans lesquelles la science et l'art n'entraient pour rien, mais que coloraient et poétisaient mes vingt-trois ans.
« Sous les ombrages de la villa Pamphili, je m'asseyais aux pieds de M™*" Récamier : livré à mes folles exaltations, je lui faisais la description des jardins d'Armide dans la Jérusalem, en les comparant avec ceux qu'embellissait pour moi cette Armide d'un Renaud enivré, mais pas heureux.....
« De la villa Pamphili à la villa Borghèse, où je me suis fait conduire ce matin, que de fois j'ai vu fuir les arbres que je voyais fuir aujourd'hui ; que de fois mes yeux se sont arrêtés avec enchantement sur l'élégante ombrelle de ces pins si gracieusement ondulés ! Que d'émotions passaient à travers mon âme, à mesure que je passais moi-même à travers ces lieux ! »
En 1826, ce (( Renaud toujours enivré, mais pas heureux », voulant essayer de reconquérir son cœur et sa raison, part pour TAllemagne et s'arrête à Bonn :
« J'espère revenir digne du nom de votre ami, écrit-il à M'"^ Récamier. Depuis six ans, un sentiment que vous connaissez avait développé chez moi une irritabilité maladive
dont j'ai horriblement soulFcrt; il me fallait un temps de solitude et d'épreuve pour me délivrer de ces susceptibilités nerveuses, de ces humeurs extravagantes. Ce serait une drôle de chose que le bon sens me vînt d'Allemagne Mais je ne veux pas chanter
trop tôt victoire ! »
Un dépaysement complet, la curiosité, Tintérét que lui inspirent les hommes et les choses, quatre cours à suivre par jour, de Texégèse pour son carnaval et, par-dessus tout, le désir d'entreprendre un grand travail : l'Histoire des littératures, apaisent enfin son esprit; il n'abandonne TUniversité de Bonn que pour aller en Suède, en Norvège, en Danemark, en Laponie Alors,
le voyageur ne s'était pas encore épris des ruines et de la lumière de Rome; mais déjà il se passionnait devant les antiquités du nord et travaillait à ces déchiffrements archéologiques de pierres gigantesques qui devaient l'entraîner jusqu'au tombeau de Sesostris.
En quittant Drontheim, Upsal, Stockholm et Copenhague, où il a découvert les docu-
ments qu'il cherche, rimagination pleine du chant des scaldes, des légendes des rois de la mer, des héros de TEdda, la mémoire tout empreinte des feux d'une aurore boréale, des longs crépuscules, des clartés mystérieuses favorables à l'apparition des fantômes, Jean-Jacques compose une Nouvelle Scandinave, où lui-même se met en scène, sous le nom de Christian, achevant de guérir ses orageuses exaltations en les racontant.
Trente ans plus tard, alors qu'Ampère écrit son Année romaine et mêle ses impressions de jeunesse à celles des jours présents, il conserve le nom et le caractère de son héros Scandinave au Christian des bords du Tibre. C'était donc dans une fiction romanesque, sorte de confession discrète et d'autobiographie légèrement voilée, qu'il voulait encadrer ses descriptions de Rome. Aurait-il mieux réussi que M""^ de Staël dans sa Corinne? — C'est ce qu'il ne nous appartient pas de décider, vu l'état inachevé du manuscrit. Peut-être cette histoire d'amour eûtelle ralenti l'intérêt de l'ouvrage; peut-être, au contraire, lui eût-elle donné un degré de
vivacité de plus, dans un temps tel que le nôtre, où Ton est si avide des moindres aveux de tout homme qui a laissé un nom et qui se survit dans ses œuvres.
Mais, au fond, il n'importe guère, puisque nous avons pris sur nous de sacrifier la fiction, de retrancher ou de réduire à une simple analyse les pages consacrées au roman, pages moins étudiées que le reste \
Les voyages lointains de Jean-Jacques lui suggèrent Tidée de faire naître Christian et les dames de Wédel dans les régions du nord ; il veut ainsi rendre plus vive l'ordinaire impression que produit Rome sur les étrangers, en la faisant éprouver par des Norvégiens ou des Suédois, dont l'intelligence et la sensibilité diffèrent absolument de celles des races latines.
L'étonnement d'un Espagnol ou d'un Français en présence de la basilique de Saint-Pierre et des manifestations de la
I. Dans les chapitres qui formeront ce livre, on distinguera facilement les analyses et le texte même de J.-J. Ampère, les analyses étant imprime'es en un caractère plus petit.
piété en Italie n'approchera jamais de l'étonnement d'un Allemand ou de celui d'un Danois.
Nous espérons que les amis d'Ampère, auxquels ce volume est dédié, ne nous accuseront pas d'avoir fait tort à sa mémoire en le sauvant de l'oubli.
Avant d'arriver au premier chapitre de Christian, regardons un peu Jean-Jacques Ampère à Rome, à Rome sa seconde patrie, où nous l'avons vu si longtemps heureux et si populaire.
Au nombre des bonnes fortunes ménagées en Italie à quelques étrangers, aucune n'était comparable à celle d'accompagner Ampère dans ses promenades à Rome et aux environs. Cette faveur rare et enviée, ceux qui l'ont goûtée une fois ne l'ont pas oubliée. Que de souvenirs ne devaient donc pas laisser à des amis auxquels Jean-Jacques se donnait sans partage, ces courses renouvelées chaque jour!
Quand il s'était attardé, de minuit à trois heures du matin, soit à poursuivre l'histoire
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des Césars, soit à combiner quelque incident sentimental ou dramatique de Christian, le lendemain on allait choisir un site solitaire dans cette campagne romaine, dont il disait en écrivant encore à M. de Tocqueville : « C'est une poésie perpétuelle qui me charme plus que jamais. »
Chaque jour je la vois,
Et crois toujours la voir pour la première fois.
Souvent Hébert, Baudry, Bénouville, Gumery, se joignaient aux promeneurs et devant Thorizon romain, au pied d'une ruine. Ampère offrait à des cœurs sympathiques les prémices de ses travaux, le fruit de sa dernière veillée.
Toujours appelé dehors par fattrait du soleil et du pittoresque, Jean-Jacques en s'éveillant, sans souci du déjeuner, sortait de sa cellule de bénédictin, emportant avec lui, comme le nomade emporte ses armes, fattirail peu compliqué de ses études. Couvert d'un large paletot, dont les poches gonflées de brochures, de cahiers, faisaient l'office d'une bibliothèque portative, il marchait au
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hasard selon rimpression du moment, jouissant de tout ce qui se passait sous ses yeux, ou bien, si parfaitement absorbé dans ses pensées, qu'il ne voyait rien, absolument rien et justifiait alors les paroles que lui adressait à son tour Alexis de Tocqueville en 1857 : « J'espère, mon cher ami, que le Dieu, qui vous suit toujours en voyage, vous aura accompagné jusqu'à Rome. Je dis quelquefois que c'est le même Dieu qui veille sur les ivrognes. Vous avez dû passer entre deux tempêtes. O Dieu des ivrognes et des distraits, que vous êtes grand! »
En effet, les distractions complètes et fréquentes de Jean- Jacques, héritage paternel, signe de race, impossible à nier comme tant d'autres, le jetaient quelquefois dans des difficultés, des embarras inextricables, des émois d'imagination dont il n'aurait su comment sortir sans Tintervention d'autrui. Il était ainsi devenu en tous pays, héros d'aventures dont jamais, par bonheur, le dénouement n'a rien eu de tragique.
A Rome, un industriel qui gagnait sa vie en se faisant aveugle au Corso douze heures
sur vingt-quatre, et qui appréciait son personnel de forestier!, comme tout bon néL;ociant doit apprécier ses clients, s'intéressait particulièrement aux courses matinales du caï 'a lier e A m p è r e .
Régulièrement apostés sur le passage du promeneur, le mendiant et son chien suivaient sa trace un instant, guettaient le mouchoir qui s'échappait à moitié d'une poche entr'ouverte; puis, doucement, sans se presser, surtout sans se cacher, Taveugle préludait aux bénéfices de sa journée en enlevant au voyant, chaque jour à la même place, le foulard tentateur otïert à sa convoitise. Le distrait s'apercevait quelquefois du larcin, s'en étonnait naïvement, jurait qu'on ne l'y reprendrait plus, et, le lendemain, s'exposait au même danger.
Tout le monde à Rome connaissait il cavalière Ampère : pauvres ou princes, dignitaires de l'Église, militaires, savants, habitants des pays divers. Qui ne l'avait rencontré, errant par la ville, les yeux fixés sur le fronton d'un temple, étudiant une inscription, appuyé sur le tronçon d'une
colonne, ou penché sur un vieux débris de mur, constatant Tempreinte des siècles dans les substructions de différents âges, dans le péperin ou la punolane, dans des fragments de ciment, de marbre ou de briques grossières? Là, il lisait Thistoire des Étrusques, des rois, de la république, de l'empire et découvrait les traces du passage de Bélisaire. Qui ne s'était arrêté à travers les rues pour saluer Thomme aimable, recherché de tous, tantôt crayonnant en plein air ses petits papiers, sur le perron de Saint- Jean-de-Latran, au Forum, au Colisée; tantôt gravissant à pas lents la rampe du Capitole ou celle du Pincio ? Rien n'interrompait le studieux rôdeur; s'il pressait sa marche, c'est qu'il allait chercher un refuge contre la pluie ou la tramontane, sous la voûte d'un porche, à l'abri d'un pan de monument, au fond d'une guérite déserte. A la tombée du jour on le voyait encore empruntant à la Madone la lumière qui brille à ses pieds pour ne pas perdre les dernières lignes d'une page de son histoire romaine, de saint Paul, d'Alexandre, ou l'impromptu en vers
sur Napoléon 111 que venait de laisser échapper sa verve.
L'eftroi du Jiome chez Ampère fut si vif, jusqu'au moment où il voulut bien accepter celui de ses amis, qu'il disait : ce J'aime tout à Rome, excepté la vue de ma porte; pour éviter cette rencontre funeste, si je puis m'y soustraire, un kilomètre de plus ne me coûte
guère. »
Dix-huit mois après sa nomination de bibliothécaire à la Mazarine, il donna sa démission pour retourner en Italie, au grand scandale de ceux qui s'intéressaient à sa fortune. A ce propos, le voyageur incorrigible avouait franchement qu'à l'appât d'un prochain départ, à la joie véritable de voir son excellent et savant ami Daremberg lui succéder, venait s'ajouter une autre satisfaction : celle d'abandonner un bel appartement, un domestique attaché à son service, qui l'attendait les bras croisés dans une antichambre solennelle. « En entendant tirer tous mes verrous, je me croyais en prison, ou marié, murmurait-il malicieusement; une pareille situation ne pouvait durer longtemps. »
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Cette passion de marcher en avant, de courir le monde, ce besoin impétueux de liberté avaient bien changé. Quelques années plus tard si le curieux, insatiable naguère, consentait à changer de place, c'était à la condition de suivre ceux qu'il appelait les siens.
En i863, au mois de novembre^ revenant à Pau : (( Quel bonheur ! me voilà, chers amis, disait-il; une semaine d'absence, c'est tout ce que je peux supporter aujourd'hui. O mes pénates, vous êtes bien vengés ! »
Une faculté rare lui permettait de goûter à la fois le plaisir du travail et celui de la conversation. On le voyait apporter autour de la table à ouvrage des dames ce qu'il nommait aussi sa tapisserie. C'étaient encore de petits papiers à classer, énigmes qu'il étalait aux yeux des profanes sans craindre de livrer ses secrets, car lui-même ne reconnaissait pas du premier coup, à ces sortes d'hiéroglyphes, la date ou le fait inscrit de sa propre main...
Ampère disait la veille de sa mort, en se frappant le front : « J'ai encore là le plan de
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dix volumes nouveaux. » Après Thistoire romaine à Rome devait venir Rome aux temps modernes. Tous ses travaux le ramenaient à la ville éternelle. Certains passages de Christian rappellent son ingénieuse manière d'éclairer l'histoire par les monuments et les portraits, et, dans cette fiction qu'il nomme son roman, la véritable souveraine de ses pensées, ce n'est pas la comtesse de Wédel, mais bien Rome, ou plutôt la campagne romaine. Au sein de cette lumière élyséenne, sous ce climat hospitalier, tout exerce sur Tesprit, Timagination et le cœur de Jean- Jacques une séduction sans égale. Il ne jouit pas moins des amis qu'il y retrouve que de la nature et des antiquités.
A la fin d'un des chapitres de Christian, intitulé : Le monde, il dit : « Pour celui qui veut bien connaître ce lieu unique, rencontrer des admirations intelligentes et sympathiques, il n'y a rien de mieux à faire que de s'adjoindre à une colonie d'artistes. Quel vif intérêt on éprouve en s'attachant à un jeune homme dont le talent existe déjà et qui un jour sera célèbre; à voir de près ces nobles
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âmes qui, dans une position modeste, ont senti l'aiguillon de la gloire, et que la gloire attend! »
En parlant ainsi, Ampère fait allusion à Paul Baudry, lauréat du grand prix de Rome en i85o.
Cédant au charme irrésistible de ce talent qui existe déjà, et qui bientôt sera célèbre, Jean-Jacques allait régulièrement fumer sa cigarette auprès du peintre vendéen, le regardant travailler au « Supplice de la Vestale ».
A tous les dons artistiques qu'avait reçus de Dieu l'enfant pauvre de la Roche -sur- Yon, s'ajoutaient une âme enthousiaste et profonde, un tact rare, un esprit qui s'ouvrait à tout, une modestie charmante. Discret, réservé, timide, Baudry était bien heureux de l'affection que lui témoignait l'auteur de V Histoire romaine. La visite d'Ampère à l'atelier de Baudry attirait plus d'un pensionnaire de Schnetz^, c'était fête
I. M. Schnetz était alors le directeur de l'Acade'mie de France à Rome.
pour cette jeunesse d'entendre le causeur unique dispenser au milieu d'elle des trésors de science, de verve et de bonne humeur. Tant de grâce et de bienveillance paternelle pénétrait tous les cœurs de reconnaissance; celle de Baudry se révélait par une tendresse exaltée, une confiance absolue. Aussi, quand il dut rentrer en France, voir finir les belles et chères années de la villa Médicis, quand il fallut s'arracher à Tintimité du charmeur archéologue, du poète érudit, amoureux du passé, du soleil et des monts Albins, ce sacrifice fut pour le jeune artiste un des plus pénibles à accomplir.
Au jour des adieux, parmi les élèves de TAcadémie, Tusage consacré est d'aller faire la conduite au camarade qui retourne chez lui. On va tous ensemble manger du jambon grillé à la Storta, première étape de ceux qui s'éloignent, dernière station des arrivants à Rome.
Baudry ne possédait rien, nous l'avons dit; son bagage de touriste ne le gênait guère; en revanche, il emportait avec lui la flamme qui sera du génie et une délicieuse toile re-
présentant « la Fortune et l'Enfant* ». Ces deux figures dignes d'être admirées à côté des chefs-d'œuvre italiens, il les eût données au moment du départ, non pour un sac de pommes de terre, comme fit André del Sarte livrant sa vierge immortelle aux moines du couvent de Saint-Marc, mais pour quelques misérables cent francs, car la route était longue, et sa bourse vide.
Ampère, malgré sa vie laborieuse, n'avait pas amassé grand'chose, il savait ce que coûtent d'efforts et de luttes incessantes les commencements d'une carrière d'artiste ou de littérateur.
Pour jouir plus longtemps de la présence de son jeune ami, il déclare vouloir se joindre au cortège qui se dispose à le suivre. Le voilà donc, par une brillante matinée d'avril, prenant place sur la banquette du véhicule dont la tradition romaine pouvait seule garder le modèle.
En dépit de la circonstance, les compagnons n'engendraient pas la mélancolie; le