‹ Christian, ou, L'année romaineChapitre 2 sur 53 · I. Acheté par l'Etat; aujourd'hui au Luxembourg · texte numérisé non relu

I. Acheté par l'Etat; aujourd'hui au Luxembourg

PREFACE. jp

déjeuner, arrosé de vin d'Orvieto, fut très joyeux; les souhaits de succès, les toasts à Tavenir, à la gloire se répétaient, se croisaient; on se donnait rendez-vous à Paris, on jurait de s'aider en frères.

A la fin du repas. Ampère serre contre sa poitrine celui qu'il regrettait; Baudry, lui rendant son étreinte, sent un mouvement furtif vers la poche de sa veste; mais il n'a pas le temps de s'en rendre compte ; des grelots retentissent, le voiturier l'appelle et s'impatiente ; les bras se lèvent, les mains s'agitent, des voix s'écrient : « Bon voyage, bonne chance, au revoir, à bientôt » ; puis on n'entend plus que le clic clac du postillon et le trot cadencé des chevaux.

Baudry regarde tristement fuir cette campagne romaine dont le souvenir le dégoûtera désormais des droites allées de peupliers et des paysages verdoyants. Les derniers instants de la séparation l'ont ému ; ses yeux se mouillent; il cherche son mouchoir, le saisit brusquement; un rouleau de mille francs tombe à ses pieds : la malice d'Ampère était découverte.

Ce trait nous a été révélé par une indiscrétion du peintre de l'Opéra.

De l'indiscret ou de Jean-Jacques, quel est celui qui vous touche le plus?

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