‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 113 sur 128 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

ACHILLE

' C’est parfaitement mon avis. Je tiens absolument à me battre; j’ai d’ailleurs un adversaire qui me plaît, le jeune de Kerliuon.

ROBERT, bas A Briac.

Henry ! — Je me trompais.

BRIAC, de même.

Tu l’approuves?

Certes, je l’approuve.

^ ACHILLE

Il me reste à vous donner le motif de sa provocation.

ROBERT

Le motif?

ACHILLE

Je vous ai dit que j’étais le concurrent du marquis de Kerhuon au conseil général : le préfet me soutient énergiquement, j’ai un chemin de fer...

BRIAC

Vous devez l’emporter.

ACHILLE

■ Je dois remporter. Mais le marquis est très-aimé, il a des partisans qui s’obstinent : il fallait donc démolir sa candidature. J’ai inventé avec le sous-préfet, — un homme d’esprit,.qui arrivera, — quelques bonnes plaisanteries que nous avons confiées aux gardes champêtres. Ces représentants de l’autorité ne connaissent que la consigne ; ils ont peut-être exagéré; le fils du marquis a l’air de prendre ces choses-là au sérieux et m’envoie deux témoins.

ROBERT

N’est-ce pas son droit?

CHBISTIANE.

US

Comment, son droit? mais alors, il n’y a plus d’élections possibles. Supprimons le suffrage universel.

ROBERT, Tivement.

Vous n’admettez pas que M. de Kerhuon vous demande une réparation pour avoir fait calomnier son père?

AGHIULE.

Il faudrait donc me battre avec tous ceux qui attaquent mon excellent père!

BRI AC

Vous auriez affaire à une armée.

ACHILLE

A une armée, comme dit Briac. Non, mon cher comte, et, si je viens vous prier de me servir de second...

ROBERT

Moi?

ACHILLE

C’est que la vraie cause de ce duel est moins futile.

ROBERT

La vraie cause !

ACHILLE

M. de Kerhuon ne veut pas que j’épouse mademoiselle Maubray.

ROBERT, se contenant & peine.

Et quand cela serait!

Vous savez aussi que le petit Kerhuon est amoureux de ma future ?

ROBERT, de miime.

Je ne dis pas cela.

ACHILLE

Il paraît que tout le monde le sait. Oh! je ne le blâme pas, il est amoureux, c’est de son âge. Je dirai plus, c’est

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