Robert, Christiane assise, Adrienne
Je VOUS connais à peine, monsieur de Noja, et cependant, aujourd’hui, que j’ai une grave résolution à prendre et que j’ai grand besoin de conseils, il me semble tout naturel de m’adresser à vous comme à un ami.
ROBERT
Oui, votre ami! votre ami le meilleur! (s’asseyant en face d'elle.) Vous venez me demander un conseil ?
Vous l’avez entendu : on ycut que j’épouse ,M. de Beaubriand.
ROBERT, vivement.
C’est impossible, cela ne sera pas.
ADRIENNE
Tu vois, mon oncle s'y opposerait.
Vous me conseilleriez donc de résister à mon père?
ROBERT
M. Maubray ne peut pas vouloir vous marier contre votre gré.
Il désire beaucoup ce mariage; il m’a donné ses motifs.
ROBERT
Que lui avez-vous répondu?
Je n’ai pas pu répondre. Je me suis sentie comme frappée au cœur. — 11 ne s’en est pas aperçu. — Et il a ajouté : On ' avait parlé pour vous de M. de Kerhuon ; ne vous laissez pas aller à ce rêve; M. de Kerhuon n’épouserait pas la fille d’un banquier.
ROBERT
Il vous a dit cela?