‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 121 sur 128 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Et ce matin, en revenant à moi, j’ai compris qu’il avait raison.

ROBERT

Raison!

Pourquoi Henry n’était-il pas au bâl?

ROBERT

Parce qu’il vous regarde déjà comme sa fiancée.

Parce que son père lui avait défendu de me voir.

ROBERT

Vous vous trompez. Le marquis...

CHRISTIANEj l’inlerroftipant

Le marquis vous a demandé si un Kerhuon pouvait épouser mademoiselle Maubray.

ROBERT

Comment?...

Mon père me l’a dit, et vous voyez bien qu’Henry n’est pas là aujourd’hui, quand je souffre.

ROBERT

Oh! ne l’accusez pas.

Je ne l’accuse pas. Je comprends qu’il fasse avant tout ce que désire son père. Je«comprends qu’il ne demande pas ma main; mais alors, pourquoi m’a-t-il dit qu’il m’aimait?

ROBERT

Ne doutez pas de lui, il est en ce moment ce qu’il était hier, ce qu’il a toujours été. Lui non plus, il ne veut pas que vous soyez à un autre.

L'idée que je pourrais être la femme d’un autre ne m’était jamais venue; elle ne me vient pas. Je n’épouserai personne. — Et voici ce que je venais encore vous demander : Quelle était la fortune de ma mère?

ROBERT

Sa fortune?

. CHRISTIANE, se levanU

Elle n’avait rien ! — Je comprends ce que mon père a voulu me dire. Je n’ai rien, (.wec douleur, s’cdoignam do Robert.) c’est grâce à sa générosité que je me crois riche depuis mon enfance et que j’ai pu être bonne pour les autres quelquefois! — Comment voulez-vous que je n’obéisse pas à mon père? Je lui dois tout.

ROBERT, allant à elle*.

Vous ne devez rien à personne. N’êtes-vous pas le bonheur, la joie et le charme de ceux qui vous entourent? n’est-il pas trop heureux, celui qui vous a vue grandir, qui a recueilli vos sourires d’enfant, qui n’avait qu’à remplir vos petites mains d’argent pour faire de bonnes œuvres, qui a pu vous appeler sa fille?

CHRISTIANE, très-émue.

On ne m’avait jamais parlé ainsi. (Eiione peut pas résister h son

émotion ; elle ferme les yeux et se laisse tomber — Robert la retient.)

ADRIENNE, effrayée.

ROBERT, vivement.

N’appelle pas!... (tui indiquant la porte de droite.) là!... là!... (Adriennc sort en courant laissant la porte de droite ouverte. — Robert, tenant Christiane dans ses bras, se penche sur son front et l’embrasse en disant â demi-voix:) Ma fille! — (Adricnne rentre ; presque aussitôt, Christiane revient il elle, en souriant.)

Je me croyais plus forte que je ne suis.

1, Robert, Christiane, Adtionne.

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