Le docteur, Achille, Robert, Briac
ROBERT
Oui, monsieur, je la vends.
ACHILLE
Vous ne réservez aucune toile?
ROBERT
Aucune. (Brlac et le docteur ne peuvent s’empêcher de rire.)
ACHILLE
Ah! VOUS riez, Briac.
B RI AC
Je n’étais pas à la conversation.
ACHILLE
Vous riez aussi, docteur.
LB UOCTEUR.
Moi ! Au contraire.
ACHILLE, se tournant vers Robert.
Je vais VOUS dire, en deux mots, ce qui égaye ces messieurs. Il y a deux ans, les bals costumés étaient très à la mode dans notre monde. J’y avais quelques succès, — je porte assez élégamment le costume. Chez mon père, surtout, le succès fut énorme. J’ai eu la fantaisie de faire reproduire ce souvenir par un peintre, un homme de génie, de mes amis. Nous nous sommes brouillés, il a vendu mon portrait. Le baron de Folny, ennemi politique de mon père, l’a acheté à prix d’or, et m’a exposé au beau milieu
de sa galerie, en arlequin. (Se levant et se posant en arlequin.) Je
tiens mon masque d’une main et ma batte de l’autre; c’est d’une ressemblance!
ROBERT
Je me demandais aussi où j’avais eu l’honneur de vous voir.
ACHILLE, se rasseyant.
C’est là. — (GraTemoni.)Eh bien, lorsqu’on est dans ma position, qu’on est destiné à devenir un homme politique, il