‹ Christiane comedie en quatre actes, en proseChapitre 32 sur 128 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

verrai passer quelquefois; je la suivrai, de loin, sans me montrer; j’entendrai peut-être sa voix. (Baissant ta voix et avec pru're.) Je voudrais bien lui parler.

B RI AC

Jamais! Jamais! Tout ce que tu me dis m'épouvante. Tu nous perdras.

ROBERT

Ne te fâche pas. Je n’ai que toi au monde pour me parler d’elle.

Eh bien, sois courageux ; on ne sort d’une position fausse que par la fuite. Retourna en Amérique, va-t’en.

, ROBERT

Je ne suis pourtant pas bien exigeant.

B R I AC

As-tu calculé ce que nous coûterait une imprudence?

ROBERT

Tu ne songes qu’à elle. Tu as de la tendresse pour elle, tu me l’as avoué. Tous ceux qui la voient sont charmés. Ce Beaubriand lui-même n’a pu raconter ce qu’elle avait fait, sans émotion, et tu ne veux pas que moi, — moi! — je l’aime un peu aussi! — Comment se noinme-t-elle? Je ne sais même pas son nom.

B RI AC, très-ému malgré lui.

Tu vois bien, tu veux tout savoir. ( ii se lève. )

ROBERT, toujours assis.

Ah! tu me comprends enfin, puisque tu pleures.

B R I AC

.Moi ? Non,— je pleure peut-être,— mais je ne faiblirai pas.

ROBERT, avec douleur.

Je lui fais pitié, voilà tout.

SCKiNE X.

Les Mêmes, ADRIENNE.

ADRIENNE, entrant vivement par la porte de gauche.

Me voici, mon oncle.

B R I A C , avec joie.

Ah I mademoiselle Adrienne 1

■ ADRIEN lNE.

Je ne vous chasse pas, monsieur de Briac.

BRI AC

Non, mademoiselle, je partais. (Dans son empressement, il prend le manchon qu'Adrienne avait posé sur un meuble. )

ADRIENNE, riant.

C’est à moi, cela, monsieur de Briac.

BRIAC

Pardon, mon paletot est dans l’antichambre.

ADRIENNE

Vous voilà tout à fait distrait.

BlilAC.

Au contraire. (ii sort. )

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