Robert, Briac
la voyais tous les jours. Tu es bon, tu es dévoué, tu es
sensible. (Avec pcrusion, en le pressant dans ses bras.) Je te COnnaiS bien, va, et je t’aime bien, (te quittant.) Mais à présent, je suis là.
BRI AC
Tu es là? Que prétends-tu faire? Est-ce que cette enfant ne s’appelle pas mademoiselle Maubray.
ROBERT
Maubray 1 Elle est à moi; elle est mon sang; elle est ma vie.
BRIAC
Elle ne peut être pour toi qu’une étrangère.
ROBERT
Une étrangère!
BRIAC
Et que veux-tu qu’elle soit? (Robert se tait. Après un moment de silence, Briac va à lui.) Cela est très-douloureux, sans doute; je te plains de toute mon àme. Mais qu’y pouvon.s-nous?
ROBERT, accablé.
Tu as raison. Je suis un égoïste, (ii tombe sur une chaise &
gauche. )
BRIAC, s’asseyant A cAté de lui.
Tu comprends maintenant pourquoi je te suppliais de repartir.
Repartir?
BRIAC
Ta présence ici est un danger, tu te trahirais.
‘ ROBERT
Non. Je te jure que je ne me trahirai pas. Tu vois bien que je t’ai compris,, tu vois bien que je suis calme. II y a un homme qu’elle appelle son père, qu’elle aime comme son père, et elle ne me connaît pas, elle ne doit pas me connaître. Cela est juste, cela est bien, il faut que cela soit ainsi. Mais, au moins, je suis à Paris, comme elle; je la