CH 1US TOP 11 K COLOMB
Nous examinerons, quant à ce dernier point, le livre élrange de M. lioselly de Lorgnes.
Il y a des esprits faits de telle sorte qu’ils n’aiment point la raison, et que chez eux c’est la folle du logü qui est maîtresse. Ils ne croient point à la stabilité et a 1 universalité des lois de la nature; en toutes choses ils cherchent le miracle — et midi à
quatorze heures. — Les idées les plus claires, les faits les plus évidents, en passant par leur imagination, se teignent de couleurs mystiques, comme la lumière en traversant les vitraux des Saintes Chapelles se colore et s’obscurcit de pourpre et d’azur. Dans celte demi-obscurité bariolée, ils pensent voir plus clair que ceux qui se tiennent dehors, à la clarté du jour. Ils ne sauraient se contenter des choses simples, il leur faut du surnaturel. Leur Dieu est un monarque de bon plaisir et de caprice, qui ne va que par coups d’Etat.
Aimez-vous le miracle?
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Telle pourrait être l’épigraphe du livre de M. Roselly de Lorgues, qui a pour titre : Christophe Colomb , Histoire de sa vie et de ses voyages , — livre étrange, bizarre, quelque peu fou, mais honoré de l’approbation de plusieurs souverains et d’un grand nombre de cardinaux; c’est l’auteur qui ledit, et je n’ai pas de peine à le croire. Grand bien lui fasse ! pourvu qu’on nous permette d’avoir une autre opinion.
« Celui qui ne croit pas au surnaturel, dit résolûment l’auteur, ne peut comprendre Colomb. »
Voilà la première idée de son livre. — Et voici la seconde, qui n’est pas moins singulière : « Apôtre de la croix, messager du catholicisme, Christophe Colomb, résumant la pensée et la ferveur militante du moyen âge, ne peut être compris et apprécié que par des catholiques. »
Nous avions distingué deux Christophe Colomb :