‹ Christophe Colomb et les académiciens espagnols; notes pour servir à lhistoire de la science en Espagne au XIXe siècle par l'auteur de la Bibliotheca americana vetustissimaChapitre 22 sur 41 · Reriseigneniont obligeamment fourni par le Dr. Silber · texte numérisé non relu

Reriseigneniont obligeamment fourni par le Dr. Silber

publication provenant des presses de Bergmann antérieure à Tannée 1494. Nous ne connaissions aussi, à la marque de ce typogra|)he, que des impressions en caractères romains; mais, grâce aux recherches qu'à la requête de M. Harrisse (que nous suivons ici^), feu le savant Dr. Sieber voulut bien faire à Baie, nous pouvons aujourd'hui citer deux publications qui éclairent la question d'un jour nouveau.

La première de ces publications est un ouvrage intitulé : Der Rit ter vom Tarn von den Esempelu der gotsfordt vu erberkeit, imprimé à Bàle, en 1493, par Michel Furter. Au dessous du colophon, on lit dans une banderole la devise de Bergmann de Olpe : Nhton-vrsach [Niliil sine causa], telle qu'elle est donnée dans l'édition princeps du Narrensc/tiff^, publiée par cet imprimeur, en 1494, et suivie de ses initiales .1. B. Il est donc à peu près certain que Bergmann imprimait déjà à Baie, en 1493, peut-être comme associé de Michel Furter qui, de son côté, exerçait encore dans cette ville en 1495.

L'autre publication permet de serrer la question de plus près encore.

Sébastien Brand composa, en 1492, un poème latin intitulé : I?e fulgetra anni 92^, avec une traduction allemande en regard. C'est une feuille volante portant

1. Propa-ration de la nouvelle, t. II, pp. 22 — 332 de son Christophe Colomb.

2. H AIN, Répertoriant, n° 3736, ai B. A. V., Additions, n" 2.

3. Alsatia, par Auguste SroEBEs, Revue publiée à Colmar, 1875, page 62, seq.

l'inscription suivante : Von dem Donnerstein gefallen ini 92. jar von Eiisislieim. Le météore en question est tombé dans cette ville d'Alsace le 3 avril 1492. Le Dr. Sieber infère de cette date que le poème de Brandt a été publié en 1492 ou au commencement de 1493, car ce genre de publications populaires n'est ordinairement suggéré que par un événement de date récente.

Cette feuille volante, dont on ne connaît qu'un seul exemplaire, se termine par ces mots : Niit-onçrsac/i, version allemande, ainsi que nous l'avons dit, de la devise bien connue de Bergmann de Olpe, et, ce qui lève tous les doutes, on y remarque aussi les initiales de cet imprimeur.

Or cette feuille est imprimée en caractères gothiques, et ces caractères, ainsi que les lettres majuscules et les signes abréviatifs, sont absolument les mêmes que ceux de V lipiftola illustrée de Colomb en dix feuillets. Si à cette identité typographique on ajoute l'identité qui existe entre les illustrations de VEpiftola en dix feuillets et celle du Verardus de 1494 (décrit ci-après), on obtient la preuve que le poème De fulgetra, le Verardus illustré et VEpiftola de Colomb en dix feuillets proviennent de la même officine. Le critique démontre également, par cette comparaison, que ce dernier opuscule, c'est-à-dire le De Infulis inuentis avec planches, considéré autrefois comme ayant été imprimé à Rome, est en fait sorti des presses bâloises de Bergmann de Olpe, au plus tôt à la lin de l'année 1493.

Toutes les vignettes ainsi que le titre ont été publiés en fac-similé, d'aj)rès une copie faite à la main, dans le Scyliac'io de M. Lenox. On trouvera le titre et la vignette du verso du dernier f, , imprimés avec les mêmes bois qu'a employés l'amateur newyorkais, dans les Notes on Coliimbus, pp. 118 — 119.

La présente édition a été reproduite en fac-similé par Adam Pilinski, en 1858, pour le libraire Franck, de Paris, d'après l'exemplaire de Munich, conséquemment en huit feuillets. Plus tard, l'habile artiste s'étant procuré une copie des deux feuillets supplémentaires de l'exemplaire que possédait M. Lenox, fil une seconde édition de son fac-similé et y ajouta ces deux feuillets, qui forment couverture. Enfin, il fit un nouveau tirage de cette édition augmentée, sous ce titre :

Christophe Colomb^ son récit de la découverte du Nouveau Monde. Première édition illustrée de la tra~ duction latine [Bergmann de Olpe^ Bdle, lk93 — /494). Reproduit en fac-similé ; Paris, 1885. In-8, 12 feuillets non chiffrés. Non mis dans le commerce.

L'année dernière, les curateurs de la Bibliotheca Lenoxiana publièrent aussi un fac-similé, en phototypie, d'après 1 exemplaire complet conservé dans cette bibliothèque, sous le titre suivant :

The Letter of Columbus on the Discovery of America. A Facsimile of the Pictorial Edition, vi'itli a New and Literal Translation, and a Complète Reprint of the Oldest Four Editions in Latin. Printed by order of the Trustées of the Lenox Library. New- York,

M Dccc xcii ; in-8, xiii pages pourTinlroduction, 10 feuillets pour fac-similés et 62 pages.

Une seconde édition vient de paraître, sous ce titre : The Letler of Colunibus on tlie Discovery of America. A Facsimile Reprlnt of the Piclorial Edition of ik93^ with a Literal translation, and an Introduc^ lion. Printed hy order of the Trustées of tlie Lenox Lihrary. Second Edition. New-York, m dccc xciii. Petit in-8, xi pp., 10 feuillets pour fac-similé et 14 pp. L'introduction est de M. Wilberforce Earaes.

Le texte de cette édition a été reproduit pour la première fois, en dehors de la seconde édition de Bergmann de Ol[)e (décrite ci-après), par Henri Pétri dans le recueil généralement cité d'après la première pièce qu'il contient, comme suit :

BeUiini Christianorum principuni... aiitore Roherto Monacho. Basilae, Henric. Petrus, mdxxxiii. In-folio, aux feuillets 116—121.

On le retrouve dans les Hispaniœ illustratœ., d'André Schott, Francfort, 1603—1608, in-folio, tome II, art. XXII, pp. 1282—1284.

Dans les deux cas, les mots au titre « in mari Indico j), au lieu de « Indiae supra Gangem », suffisent pour en indiquer la provenance bâloise.

Il se trouve également, mais suivi d'une traduction en italien et de mauvaises copies des planches, dans l'édition originale de Bossi :

Vita di Christoforo Colombo , scritta e corretada di niiove osservazioni di note storico-critiche e di un appendice di documenti rari o inediti dal cavalière

Luigi Bossi... Milano, Vicenzo Ferrario, 1818, in-8°, 4 fnc. et 252 pp., portrait et 5 planches.

Le même texte et les mêmes planches, mais avec une version en français, sont aussi dans la traduction française de l'ouvrage précédent, publiée sous ce titre :

Histoire de Christophe Colomb suivie de sa correspondance^ d' éclaircissements et de pièces curieuses et inédites, traduite de l'italien de Bossi, ornée du portrait de Colomb et de plusieurs gravures dessinées par lui-même; Paris, Garnevellier aîné ..mdcccxxiv. In-8, XII et 371 pages, portrait et 4 planches.

Autre édition ou réimpression : ...Traduite de C italien de Bossi, par M. C. M. Urano, ex professeur d'archéologie à l' Académie royale d'Anvers. Seconde édition; Paris, Boulland, mdccc. xxv. In-8 ' .

Cette édition ne nous paraît différer de la précédente que par le nom du traducteur porté sur le titre, celui d'un autre éditeur, la date et le fleuron à la page XII. Il est possible que le titre et les pages préliminaires seuls aient été réimprimés.

Il fut fait une traductiou anglaise de cette première édition de Eergmann, dès 1816, sous ce titre :

Translation of Columbus s Letter froni the Latin of the Milanese édition, concerning the discovered islands.

Elle se trouve dans r^f/m/.'wr^/?ep/ea', tome XXVII, n*^ Liv (décembre 1816, pp. 505 — 511), et c'est Lord Brougham qui en est l'auteur. L'article a été repro-

1. Cf Bulletin de la Société de Géographie , de Paris, 1825, tome IV, pages 76 — 82.

duit dans ses Contributions to tlie Edinhiirgh Review^ London, 1856, in-8, t. III. ])p. 305—27.

Le Columhus' s own account of his first voyage^ inséré dans Y Analectic Magazine^ Philadelphie, t. IX (n° de juin 1817), pp. 516 — 522, est une réimpression de la version de Lord Brougham que nous venons de citer.

Une nouvelle traduction anglaise, par M. Wilberfprce Eames, accompagnée du texte original, avec les abréviations résolues et des corrections , se trouve dans le recueil de la Lenoxiana.

La plus ancienne mention de la présente édition (en dehors de ce qu'impliquent les impressions du texte fiiites par Pétri, en 1533, et Schott, en 1603) est celle que renferme Y Histoire diplomatique de Behaim^ écrite par De Murr, traduction de Jansen, Strasbourg et Paris, 1802, pet. in-8, p. 62, à la note. Malheureusement, si De Murr indique le format, il a omis de donner le nombre de feuillets, et il se trompe en disant que l'édition fut faite à Rome et que la lettre se trouve dans le Novus Orùis, soit de Baie, soit de Rotterdam. Mais d'où savait De Murr, en 1802, que « l'original espagnol fut imprimé en 1493 » ?

Vient ensuite la description portée sur le catalogue de la Brera et que Lord Brougham a reproduite à la page 510 de son article précité.

Bossi [Vita, p. 171) mentionne une description exacte et détaillée qu'aurait écrite le professeur Gianorini, autrefois bibliothécaire de l'Université de Pavie, et que nous n'avons pu découvrir. Peut-être est-ce celle de la Brera, attribuée parfois à Zaccaria.

Bossi ensuite décrivit de visu l'exemplaire de la bibliothèque milanaise (F/m,pp. 167 — 171), et M. Harrisse, à son tour, reproduisit la note de la Brera [Bihliot. Amerlc. Vetust., p. 17, note 2).

Ces descriptions accusent un exemplaire en neuf feuillets, dont le premier porte, au recto, les armes de Gastille et Léon, et, au verso, un bois représentant une caravelle que surmonte l'inscription : Beg. Hispaniœ. Ces neuf feuillets impliquent l'existence, dans un exemplaire qui serait complet, d'un dixième feuillet, lequel, à cette époque, était complètement inconnu des bibliographes.

C'est seulement lors de la publication du catalogue de la vente Heber faite à Paris en 1830, qu'on revit une description (p. 83, n° 885 de cette plaquette. Le nombre des feuillets n'y est pas donné; mais, comme M. Wilberforce Fiâmes le fait justement remarquer, les mots Regnani Hispaniœ, placés en tête de l'article, indiquent la présence du l®"" feuillet dans cet exemplaire, qui, conséquemment, avait au moins 9 feuillets. Cependant il ne prouve pas que le 10™^ feuillet s'y trouvait également.

Mais, dans l'année 1842, Brunet [Manuel, 4^ édition, t. I, p. 734) décrivit un exemplaire de dix feuillets, en ces termes : « De insulis inventis epistola. Granatae, in-8 goth. de 10 ff. , à 27 lig. par page. »

« Vend. 97 fr. 2^ vente Heber, à Paris. Le recto du prem. f. porte les mots Régna IJispanie, avec les armes de Castille : au verso se voit une planche en bois [Oceana classis). Au 2^ f. commence De Jnsulis

inuentis. Epistola Cliristof. Colon... Le dernier f. contient, au verso, une figure représentant Ferdinand, roi d'Espagne, et, au verso, le mot Granata, avec les armes de cette ville. »

On ne saurait donc douter qu'en 1842, il existait un exemplaire en dix feuillets. Mais les fautes que renferme la description de Brunet, d'habitude si exact : « Hispanie » pour Iii/spanic, « Oceana » pour Oceanica, « Cliristof Colon « pour Cristofori Colom, et le mot w Granatae » mis en vedette pour indiquer que le livre a été imprimé à Grenade, tandis que c'est seulement la légende du bois, portent à douter que malgré sa mention de l'exemplaire Heber, il ait décrit la ])laquette de visu. Brunet peut avoir reçu le renseignement de seconde main et l'avoir complété en se référant au catalogue de Silvestre, pour mentionner, selon l'usage, quand, où et à quel prix un exemplaire avait passé en vente.

Les registres de Silvestre, le libraire qui fit la vente, en 1836, ont disparu et nous n'avons pu découvrir qui fut l'acquéreur de l'exemplaire Heber.

Dès 1847, M. Major [Select letters of Columbus, 1"^^ édit., introd., p. iv) dit qu'un exemplaire de l'édition illustrée se trouvait « in the library of Professor Libri ». A cette date, Libri vivait encore à Paris, et le fait que Major, dans sa propre description, attribue à la plaquette seulement « nine leaves » montre que celui-ci n'a pas non plus vu l'exemplaire en dix feuillets.

Enfin, dans l'année 1849, le catalogue de la vente

que LibrI fit alors de sa bibliothèque, à Londres, annonça, sous le n° 259, un exemplaire de dix feuillets. M. James Lenox l'acheta et c'est celui que les curateurs de la bibliothèque qui porte son nom ont reproduit en fac-similé.

Les doutes qu'on a pu concevoir sur l'authenticité du 10® feuillet de cet exemplaire prennent leur source dans la déplorable réputation laissée par Libri comme truqueur et brocanteur de livres.

Les autres anciennes descriptions bibliographiques

de cette édition se trouvent dans les ouvrages

suivants :

1826. Hain,/?e/?e/';onV//72,n*'5491, décrivant l'exemplaire de Munich, en huit feuillets.

1842. Bihliotheca Grenvilliana, t. I, p. 159, imparfaitement décrit comme contenant « eiffht leaves », alors que l'exemplaire de cette bibliothèque (British Muséum) en a neuf, tous parfaitement authentiques; le neuvième étant le premier, qui forme moitié de la couverture et porte deux bois, ainsi que nous l'avons dit.

Page 1