‹ Christophe Colomb et les académiciens espagnols; notes pour servir à lhistoire de la science en Espagne au XIXe siècle par l'auteur de la Bibliotheca americana vetustissimaChapitre 8 sur 41 · Bibliothèque de M. Rush G. Hawkins (ex · texte numérisé non relu

Bibliothèque de M. Rush G. Hawkins (ex

Radershott, de Franckfort sur le Mein), à New-York.

Les reproductions en fac-similés de cette édition sont les suivantes :

Un fac-similé photographique du recto du 1®"" f, est inséré à la p. 116 des Notes on Columbus de M. Harrisse. Ensuite :

Letter of Christopher Columbus describing Jus fîrst voyage to tlie Western Hémisphère ; — New-York, 1875, in-8, 7 feuillets non chiffrés. Tiré à 50 exemplaires et non mis dans le commerce.

Christophe Colomb. Son récit de la découverte du Nouveau Monde. Première édition romaine de la version latine {Rome, Stephanus Pla/inck, lk93], reproduite en fac-similé par Adam Pilinski; — Paris, 1855, in-8, 8 feuillets non chiffrés. En tête, fac-similé d'une page des Memorabilia urbis Romse, imprimées par Plannck, sous son nom, à Rome, en 1491, et montrant l'identité des caractères avec ceux de la présente édition de VEpistola. Non mis dans le commerce.

Columbus. The fîrst letter of Christopher Columbus to the noble Lord Raphaël Sanchez announcing the discovery of America reproduced in fac-similé from the copy of the Latin Version of lk93 noiv in the Boston Public Library , a'ith a new translation; —

Boston, Publhhed hy tlie Trustées^ 1891. In-8, 15 pp. €t 5 ff.

Ce fac-similé héliotypique parut d'abord dans le Bulletin of the Boston Public Lihrary^ N° d'octobre 1890, avec la traduction que M Major avait donnée •d'après le texte de la seconde édition de Plannck. Ici la traduction, qui est l'œuvre de M. Henry W. Haynes, a été faite sur le texte de Veditio princeps.

Le texte, ligne par ligne, en caractères gothiques €t avec les abréviations, a été reproduit dans les Notes on Columbus, pp. 101 — 198, d'après l'exemj)laire Barlow.

En 1873, M. Uzielli publia aussi le texte, à Bologne, comme appendix à son Dati, d'après l'exemplaire de la Biblioteca Alessandrina, avec des erreurs de transcription qui porteraient à supposer que ce volume est différent des autres exemplaires de l'édition : « Ghrislophori » [)our Christofori, « eiusdem Régis Thesaurarium » pour eiufdem fereniffimi Régis Tefaurarium, « provinciae » pour [)rovinliae, « reperi » pour repperi, etc., etc., etc.

Le texte de Plannck, mais avec les abréviations résolues , se trouve dans la très utile collection suivante :

7V/e Letter of Columbus on the Discovcry of America , A Facsimile of the Pictorial Edition^ with a Neiv and Literal Translation^ and a Complète Reprint of the Oldest Four Editions in Latin. Printed by order ofthe Trustées ofthe Leno.v Library ; — New-York, 1892, in-8, XIII pp., 10 ff. et 61 pp. C'est cette publication,

faite par M. ^Yilberfo^ce Eames avec beaucoup de soin, que nous citerons sous le titre de « Recueil de la Lenoxiana ».

La présente édition est \ ainsi que nous l'avons dit, sans lieu ni date, ni marque d'imprimeur; mais elle a été imprimée à Rome avec le jeu complet des caractères typographiques employés par Stephanus Plannck, de Passau, pour plusieurs impressions à millésimes différents et portant son nom 2.

Le titre de cette édition de Plannck énonce que Colomb fut envoyé à la recherche des îles de l'Inde récemment découvertes « sous les auspices et aux frais de Ferdinand, roi invincible des Espagnes ; — auspiciis et aère invictissimi Fernandi Hispaniarum Régis missus fuerat », ce qui est absolument inexact. Ce fut sous les seuls auspices d'Isabelle la Catholique, sur le trône à l'époque de l'impression, et aux frais du trésor de Castille, que Colomb accomplit son fameux voyage. Le nom de la reine est néanmoins omis du titre, et c'est un fait grave à noter.

Une autre édition, aussi anonyme et ahsqiie nota, a été également imprimée avec les caractères de Plannck et est semblable à la précédente , sauf à l'égard du titre et de quelques modifications dans le texte. Cette fois, au lieu que le mérite d'avoir encou-

1. Nous suivons ici le Centvalblatt filr Bibllotliekswesen, IX, 1892, pp. 105 suiv.

2. Liber de regimine principum éditas a fratre Egidio romano ; Romae, 1482, in-tolio ; Mirabilia Urbis Ronue: Rotnae, 1491, in-8 ; Libellas de conservatione sanitas [MCCCCXCIII, quarto non. Mail), Romae.

ragé l'expédition soit attribué à Ferdinjind d'Aragon seul, il est dit, dans ce nouvel intitulé, qu'elle fut faite « sous les auspices et aux frais des invincibles Ferdinand et Isabelle, rois des Espagnes : — auspiciis et œre invictissimorum Ferdinandi et Helisabet Hispaniarum Regum missus fuerat ». Le prénom du trésorier, qui était par erreur imprimé sur le titre de l'autre édition « Rafaël », est correctement rendu dans la présente par « Gabriel ».

On tire de ces changements la conclusion que celle-ci est une édition corrigée et, par suite, postérieure à l'édition qui contient les fautes si graves que nous venons de signaler.

Un confrère de Plannck, à Rome, Eucharius Argenteus ou Silber, fit aussi alors une édition de ÏEpistola, mais qui portait au titre le nom de la reine Isabelle et celui de son trésorier exactement donné.

On déduit de ce fait que si cette édition de Silber avait existé lorsque Plannck prépara celle dont le titre ne contient pas le nom de la reine et écorche celui de son trésorier, il n'eût pas commis ces grossières erreurs ou ces injustices, et, conséquemment, que l'édition de Silber parut après l'édition fautive de Plannck.

Les éditions de Y Epistola les plus anciennes, faites hors de Rome, furent imprimées à Paris, à Anvers et à Bâle, très peu après les éditions romaines, à ce qu'il semble. Ces impressions parisiennes et bâloises ainsi que l'impression anversoise reproduisent toutes fidèlement le texte de l'édition erronée de Plannck,

y compris l'omission au titre du nom d'Isabelle et la mauvaise lecture du prénom de son trésorier.

Les gens qui raisonnent déduisent de ces faits les conséquences suivantes, qui nous paraissent inéluctables :

1°. Les éditions de Paris, de Baie et d'Anvers furent faites sur l'édition fautive de Plannck.

2°. Elles furent faites sur cette édition parce que c'est la première édition qui parvint dans ces villes.

3°. Cette édition est la première qui parvint dans ces villes parce que ce fut la première qui fut envoyée de Rome.

4°. Elle est la première qui fut envoyée de Rome, parce que c'est la première qu'on y publia et qu'une nouvelle aussi extraordinaire que la découverte du Nouveau-Monde dut être répandue partout aussitôt qu'imprimée.

Donc l'édition fautive de Sébastien Plannck est Veditio pr'inceps ^ .

1. Quand on songe qu'il a fallu vingt-huit ans pour faire entrer un raisonnement aussi simple dans la tête des bibliographes et qu'on en trouve encore qui donnent à l'édition corrigée de Plannck la priorité, c'est-à-dire que cet imprimeur aurait fait une seconde édition uniquement pour estropier le nom du trésorier de la couronne et expurger celui de la reine Isabelle de Gastille, alors vivante et dans toute sa gloire, surtout à Rome depuis la prise de Grenade, c'est à jeter le manche après la cognée ! D'autres, sans rien savoir de ce dont ils parlent, considèrent la théorie de Major comme le dernier mot de la critique et de l'érudition. Cette théorie est que moins une édition contient de fautes, plus elle se rapproche du manuscrit et, conséquemment, c'est Veditio princeps. Alors, toute édition corrigée a précédé l'édition fautive ? Il ne faut pas avoir une connaissance quelconque du sujet ou la moindre logique dans l'esprit pour raisonner ainsi.

Les plus anciennes notices bil)liographiques de cette première édition de Plannck que nous connaissions sont les suivantes :

1824. Catalogue Sykes. Londres, Part III, p. 14, n° 234, oii l'omission du nom de la reine Isabelle est noté comme preuve que celleci est d'une édition antérieure à toutes les autres.

1833. Catalogue Aspinwall (non de la vente, mais de la collection), Londres, sine anno^ page 1, n° 1.

1837. Ternaux, Bihliotheca Americana^ P^g^ l,n®2.

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