Conférence faite audit Athénée par le señor Luis Vidart
l'Amiral et, somme toute, c’est assez naturel. Ce ne sont donc pas l'ordonnance, le récit et les considérations générales qui appellent surtout l'attention, mais la manière, le procédé, la facture.
Le critique y surprend d'abord une naïve confusion entre le tien et le mien, parfois inconsciente, toujours sans repentirs; des effets d’optique magnifiant ce qui émane de soi-même, avec apparence inverse quand il s'agit d'autrui; une sûreté de main incontestable dans les recherches et un essor que rien n'arrête. Il y remarque aussi, sans étonnement, une crédulité enfantine, la vue courte et vague, des envolées irréfléchies; entin la superbe assurance de tout savoir, tout expliquer, tout résoudre de par la science infuse. Ah ! il était sûrement de la famille le citoyen à qui l'on demandait s’il savait jouer du violon. « Je ne sais pas, répondit l'Andalous, je n'ai jamais essayé. »
Cet ensemble de phénomènes n'est pas le propre d'individus séparés. [1 appartient à un type, immuable et défini, évoluant dans le même milieu, toujours avec des effets identiques. En histoire, en philologie, en géographie, en bibliographie, en critique, on le reconnaît tout d'abord. Les manifestations de la science espagnole, telles que nous venons de les décrire; ne sont pas sans analogie avec de curieux résultats remarqués par les physiologistes lorsque l'évolution intellectuelle a été ralentie à une certaine époque de la vie. Est-ce ici une des conséquences de !l’Inquisition qui, en Espagne, attaqua l'entendement humain dans son initiative et jusque dans ses moelles, ou bien l'indice d'un état cérébral particulier, inné et rebelle? Problème complexe que nous aborderons un
jour à tête reposée dans quelque revue d'ethnographie. B. A. V.
Le Puy, imprimerie Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.