‹ Christophe Colomb et ses historiens espagnols [microforme]Chapitre 4 sur 5 · Autre inconvénient du démarquage · texte numérisé non relu

Autre inconvénient du démarquage

3. Tout, absolument tout ce que les documents nous avaient appris jusqu'ici sur Béatrice Enriquez, c’est que Christophe Colomb lui fit un enfant et, pour la consoler, 296 francs de rente. Nous ne serions pas fâchés de voir les documents sur lesquels le savant Andalous s'appuie pour tous ces intéressants détails.

4. Cristobal Colon remitid a su patria el dibujo (1, p. cr). Jal, à qui l'attribution est empruntée s'est contenté, pour l'envoi, d’un « probablement ». À notre sens ce croquis est un projet de fresque ou de tableau fait pour Ottavio Oderigo, doge de Gênes en 1566, et qui posséda le cartulaire de Colomb dans lequel il se trouvait placé. ‘

dont le caractère biscornu n'échappera à personne; le faire émigrer en Portugal (I, 46) entre les années 1470 et 1471, quoiqu'un notaire ait reçu son témoignage en Ligurie au 20 mars 1472, avec la qualification de « tisserand de Gênes »; s'imaginer (1, 17) qu'il y eut une famille primitive et protogénique appelée Colombo, de laquelle descendaient tous les Colomb qui se répandirent sur la terre ; comme, par exemple, le vieil acacia du Jardin des Plantes se trouve être le père de tous les faux-ébénistes plantés en Europe; discuter gravement (I, 388), l'authenticité de l'étonnante noix d: coco contenant le récit autographe de la découverte du Nouveau Monde et pêchée sur les côtes du Maroc en 1852 par le capitaine Le Mice-Terrieux :.…. et ainsi de suite jusqu’au bout du présent fascicule, si nous ne craignions de fatiguer le lecteur.

Ces traits d'érudition et de critique espagnoles, les coïncidences même que nous avons indiquées et d’autres encore, ne partent pas d’un mauvais naturel. Loin de nous cette pensée. L'auteur est au contraire animé des meilleurs sentiments. Ainsi, à l'encontre de ses compatriotes, il se refuse à admettre que Bobadilla accomplit un acte méritoire en chargeant de chaînes l'homme qui découvrit de l'Amérique. [I croit encore moins que Pinzon fit une chose toute naturelle en abandonnant Colomb, pour venir avant lui apporter la grande nouvelle et le frustrer de sa récompense. Quand le nom du grand Génois vient sous sa plume, il ne rappelle pas, avec une joie manifeste, comme les conférenciers et conférencières de l’'Athénée de Madrid, « son ambition, son népotisme, sa dureté, sa cruauté, son prurit esclavagiste (sic), et sa soif de l'or, restes de ses anciennes pratiques de corsaire et de boucanier ! ». Il ne le qualifie pas non plus, à l'exemple de ces éloquents orateurs des deux sexes, de despota, disleal, concus'onario, inhumano, desorganizador é inepto ?, c'est-à-dire d'imbécile et de scélérat : moyens immanquables, — à ce que nous supposons, d’après les commentaires de certains journaux madrilènes, — de récolter les applaudissements de l'auditoire. Le señor A. pousse même la générosité jusqu’à « s'expliquer tous les actes de Christophe Colomb par le fait que dans son cei veau il y avait une très grande intelligence unie à une forte imagination » (II, 211). M. de La Palice n'eût pas mieux dit.

Comme le lecteur s’en est sans douts dé;à aperçu, les détails ne manquent pas d’une certaine originalité. Cependant l’idée du caractère et de l'œuvre qui se dégage du livre du señor Asensio 51e diffère pas sensiblement de celle que nous laisse la lecture de tant d’autres histoires de

1. « Sus devaneos mâs 6 menos clandestinos (?), su ambiciôn, su nepotismo, su dureza y crueldad, su prurito esclavista y su sed de oro, rezagos de sus viejas mañas de corsario y bucanerio. » Conférence faite à l’Athénée de Madrid le 4 avril 1892, par la señora D‘. Emilia Pardo Bazän. Concernant ces conférences instituées pour célébrer d'une façon si particulière la mémoire de Colomb, voir Christophe Colomb devant l'Histoire (sous presse).

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