‹ Christophe Colomb (volume 2)Chapitre 133 sur 208 · LIVRE TROISIÈME — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME — CHAPITRE VII

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l'utcondiiil à l'audionre solennelle des souverains, qui rac'cueillirenl avec les inar(|iies les plus salisfaisaales ili' ii'ui' bienveillance.

l'fu de jours après, la Reine appela en audience parliculière Coluud) pour avoir une explication complète sur la véritable situation des Indes.

Itaiis ci'lle entrevue, Christophe Colomb se présenta seul.

A l'aspect du Révélateur de la Création, la Reine, se rappelant l'inditcnité du traitement (pi'il avait subi en son nom, se sentit reumée au fond du cceur, et les larmes remplirent ses yeux. Quand le vénérable vieillard surprit sous la paupière de sa Reine la marque de celle émotion, il essaya vainement de trouver lui mot pour accuser ou se défendre. Cette âme aimante et virginale, en dépit des années, par l'éternelle fraîcheur de ses impressions, ne put rencontrer une parole. L'iiomme qui avait suiiporlé inébranlable les coups de la fortune ne sut contenir plus longtemps les sentiments refoulés dans son sein; un sanglot ouvrit sa poitrine, et il laissa échapper le trésor de ses larmes. Colomb el Isabelle pleurèrent à la fois, sans proférer un mot. Ce fut après cette communauté d'attendrissement el le nuiet colloque de leurs âmes, que le Révélateur du Nouveau Monde confondit, en quelques paroles, le systèuic entier de ses a-ccusateurs.

Les larmes d'Isabelle furent un baume souverain pour le cieur du Héros. La Reine Catholique lui promit de punir son outrage, de réparer toutes les injus-

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CHaiSTOPHE COLOMB

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lices l'i (le le i(\\n[r<ir('[' dans ses fondions. Cfprsndanl, à cause des ardentes iniiniliés so\i!evées contre lui, il conviendrait i)eiit-èlre de ne pas l'exposer à de nouveaux einlKirras, en lui rendant inimédiatenienl le gouverncroent de l'Kspafînole.

Assuiénienl, (|u;iii(l elle promettait de le réinté^M'er dans ses titres et ses fonctions, la iteirie, était véiidiipie; mais l'asluciiînx Keidinanil avait secrètement résoin d'enKn'ci' |)oiir toujours à (Jolouili, oulrc l;i vice-rovauté, le j^ou\ciiiiiiirnl n'd des Indes. Tout fut, dès ce moment, combiné vers ce but.

Le rem[daeement provisoire de l'Amiral au jïouveriiemeiil ili's Indes étant chose arrêtée, le choix de la Itcine lui adroitement dirigé sur un pcrsonnagi; liii-n vu à la (^oui , lié avec l'ordonnateur général de la marine, très-goùté du Roi, et dont les manièi'es graves, réservées, assorties à la politesse du langage, inspiraient naturellement de la considération. Il était comiiiiindeiir do Larez et s'appelait don Nicolas de Ovando.

A ce iemj)laçant provisoire en apparenie, mais définitif dans l'esprit du Roi, on accorda rap|)areil d'un cortège princier, avee une magnifique flotte de trenled(!nx voiles. L'Iivéque ordonnateur.liian deFonseca, jiar une activité inouie, mil en moins de six mois les navires en étal de prendn; la mer. Le contrôleur de la marine, rpii avait autrefois refusé à l'Amiral le passage gratuit jMiur un seul domeslicpie, ni; faisait aucune dil'licidti;

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