LE
iÀ.
CHIUSTOPIIE COLOMB
rf"i"'H"iri' "-I ^:. •[■;:' I
Franciscains do Ziil)ia, d'où le regard cnibrassail à la fois l'i'lcndiic do la Vr-t^a, celle merveille de la végélalion européenne, et l'Alliainhra et l'Albacyn, ces pmdif^es de rarcliitccliirc arabe, il vivait dans l'inlimilé de la Somme angcMiqne, la société des maîtres en théologie, se nourrissait avec délices dos saintes Kcritiires, aspirait dans les révélations des prophètes et les élévations des psalmistes h; iiarCiiiii ésotéritpie du texte, tentait de découvrir jnsfpa'aii ioiid des imagos apocalyptiques quelques passages, rayons lumineux qu'il pensait devoir éi|;iirer la quesliou di's Lieux Saints, attirer l'attention des Hois catholiques et les porter à celle glorieuse entreprise.
Parfois, dans rintorvalle de ses recherches, le Conli'iu|)laleur du Verbe, électrisé par la poésie d'Israël et les niai^riiliques liyiunes de l'Eglise romaine, /'ssayail aussi de rendre en vei-s les émotions de sa piété. Poëte par le sentiment, il l'était encore par l'expression, même dans le langage de sa pairie adoptive.
Ces stances chi-étiennes de Chrii.tophe Colomb se sont malheureusement perdues. Leurs derniers vestiges se trouvent précisément jetés au hasard dans l'esquisse de son travail sur les prophélies. Sa poésie est grave et solennelle comme le génie chrétien. On y .sent le désenchantement du monde, les profondeurs de la foi, la logique des choses divines.
Sa [lièce la plus r'li'nihi(^ a pour sujet « les Fins de riiouiiiie », Colond) a d(''velo|)|)é, en six slro|ihes commençant iliaiiinr par un nml hiliu, relie maxime callio-
iâ-
&.ifti«S
ça-M
:>^.^^<^m^ÛiiT^r.^^^.iM
fssi.
LIVIIK ïllOISifcME — CIIAEMTUI': VII
liqiio : " Mi'inoiare iiui<issima tua, cl non peccabis in l'icnnim •< Ces six slroplics sont l'iiijiicirilcs du la ;-;iaii(li"nr cl de l'iiilli-xibilili} di- nos do^jiiics. On y retrouve ces impressions profondes, cotte soif ardente ilii |iaradis, celte horreur du péclic, ipii sont si naturelles aux saintes Ames. Si dans une lan^fue dcvernu! taidivernent la sienne, et (piil ne licj^aya (pie vers sa quarante-neuvième année, Colomh se montrait poêle, combien n'aurait-il pas révélé d'harrnoniesdans l'idiome d(! fiante Alifrliicri et de TorqnatoTasso, ce doux parler de son enfance?
Ce fait de l'inspiration poétique sun'cnuc A Colornh dans son infortune et sa vieillesse nous parait di(,fne de remarque. De grands génies et de grands saint.' firent aussi des |)oésies vers leurs derniers ans. La jeunesse débute par le rliythme ; la vieillesse y revient comme à un soulagement et à une consolation. .Mais ce retour à la poésie comme à la musitpie, n;|]ei de l'élernelle jeunesse de l'àme, semble la récomperisi! de l'Age qui a blanchi pratiquant la vertu. l'our ne rappeler iii qu'un exenqile, peu avant sa mort le grand lîossiiet se plai.<ait à Iriiduire en vers français les Pmumeis àe David. A deux siècles de distance, ces deux hommes sul)limes éprouvaient le même besoin et chenhaieiit à la même source le même allégement.
Pendant près de sept mois, Colomb compulsa l'Kcrilure et les auteurs ecclésiastiques, alin de réunii' les divers textes et les inteiprétations r|ui s'adajitaient aux événements qu'il avait accomplis, ainsi que les jtassages applicables au Tombeau du Sauveur.
CHHlhTOCUL l.ul.l.Ml;. — 'M
ru
^îrtS'ï
Co qu'ambitionnait lo rlisciplc ihi Yei-bo, c'était, en (IrlivianldujouL; des inlidèles la lorrc des miracles, de ri'-niiii' jérusali/n] à lîome, de ddimcr le Tondjeaii du Sauveurau successiHir du Prince des Apôtres. Ainsi la Palestine aurait appartenu au Saint-Siéçie, d'après le lien naturel qui unit l'ancienni; Jérusalem à la Jérusalem nouvelle, connne l'Ancienne Loi au Nouveau Testament. Les Lieux Saiuts auraient été ajoutés au domaine de saint Pierre, en apanage de sou droit d'Aînesse Aposloli([ne. La question des Lieux Saints, ce nœud "ordien des intérêts religieux de l'avenir, aurait été déliée par l'or du Nouveau Monde un traneh('e par l'épée de son Révélateni', et l'on n'eût pas vu des nations séparées de la Comnumion Romaine, des gouvernements protestants et panthéistes venir audacieuscment se disputer, comme une part d'héiitage }iaternel, des privilégi's qui, jiar les droits de l'antique possession, du martyre, de la clievalerie, appartiennent à la seule Église catholique, apostolique, romaine; et après elle, à la France sa Fille aînée.
Christophe Colomb calcula qu'avec le produit de ses droits de dîme et d'octave il pourrait faire celte entreprise. 11 combinait son budget de manière à lever en deux fois une armée de cent mille hommes d'infanterie et dix mille cavaliers. Au moment où le Héros chrétien se livrait à ce pieux calcul, il ne touchait pas sur ses revenus de quoi .se procurer un manteau.
Lui qui avait donné à la Couronne des régions cent lois plus grandes que la Castille ne possédait pas un coin de terre, nn jardin pour s'y promener, un toit