CHAPITRE PREMIER
imisTopiiE CoLOMR avait fx('ciilé avec trois cafavrilcs ses trois premiers \oyafies; entrepienant une (|ualriènie rxpétlition, il tleinanda quatre navires ap[»ruvisiouiiés potu- deux ans; car il comptait, après
avoir rencontre le Détroit qui l'aurait conduit de l'Ailanliquo dans le Grand Océan, accomplir le tour du Globe, en revenant par la mer d'Asie et la côte d'Afrique.
C'élail la première tentative de circumnavigation qui se lût produite sous le soleil, depuis (ju'une voile sillonna l'Océan
Pour une expédition de ce genre, l'Amiral voulu! choisir son monde, ses vivres, ses moyens de défense. 11 donna aux bureaux de Séville la dimension de ses navires. Le plus grand ne devait être que d'un port de soixante-dix tonneaux, et le plus petit de cin- (juanle tonneaux.
11 arbora son i)avillon d'Amiral sur la caravelle de soixante-dix tonneaux, que l'on nomma la Capilane ; la deuxième par le rang s'appelait le Sai)it-Jacquesde Palos ; la troisième était le Galicien. La plus petite était nommée la Biscaïenne.
Sans compter les oITiciers d(^ sa maison et quatre inlcriirèles, l'Amiral allait emmener avec lui sur ces quatre petits bâtiments, cent cinquante bommes. C'était avec cette poignée de gens (pi'il enlrcprcnail de faire le tour du Globe, de se défendre contre toute agression parmi les peuples inconnus, cbez lesquels il serait peut-être obligé de renouveler ses vivres, de l'éparer ses avaries. La nécessité de visiliT lnulcs li's côtes, d'entrer dans toutes les baies et les golfes pour rechercher ce Détroit, l'obligeant à n'enqiloyer que de petits navires, il avait voulu augmenter la force de ses nefs par le caractère des marins (jui les montaient.
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LIVUi: OllATIilI>ME — CIlAI'lïllK PIIEMIUR
La Cajtilane cul pour cominaiulant le capitaine de pavillon (le l'Amiral, l)icj;o Tristan, vrai type d'oflicier de mer. il avait sous ses ordres le premier lieutenant Juan Saneliez ; 1rs pilotes Jae(iues Martin Caliri'ra, Pierre d'Unibria, Mailiii de los Reyes. L'éipiipajie consistait en quatorze matelots de premier ran^ et vinj^t novices, un maître canonnicr, un maiti'c armurier, un maître charpentier, un tonnelier, un maître calfat et quatre trompettes.
Le commandement du Saint-Jacques de Palos fut donné à François de Porras. A côte de cet ol'licier aussi arrogant qu'incapable, le seul qui lui eût été imposé, TAuiiral plaça par compensation le secrétaire en chef de la flotte, un de ses anciens ceuyers, Diego Mendez, ([ui était à la fois marin consonmié, soldat intrépide, fervent chrétien et serviteur inviolable. L'écuyer Diego .Mendez gagna, durant cette campagne, le grade de capitaine de vaisseau, un blason, le litre de chevalier et une inmiorlelle in-criplion dans riiistoire.
Quant au Galicic», navire lourd cldél'ectui'ux dans sa mâture, il l'ut eonfn'' au fidèle capitaine Pierre de Torreros, le premier Europ{''en qui mil le pied sur le Nouveau Continent, et eut l'insigne honneur d'y représenter Colomb.
Pour monter la plus petite caravelle, la Biscaïeiine, ipii devait sonder les passages, entrer dans Irs rriques, fouiller les rivages, et qui n'avait en tout ([ui' vingl-cinq hommes, olliciers compris, l'Amiral, afin de compenser la faiblesse numérique de l'équipage {lar la (pialité, choisit huit matelots de premier rang,
CHKISTUl'HE CULUMB.